Nunc

 

« Nous ne nous interdirons pas à l’avenir d’être plus attentifs et vigilants. (…) Toujours, il convient de préparer sa mort, c’est la condition nécessaire afin de ne pas avoir à la redouter chaque jour et ainsi être contraint, réduit, limité, dans l’ampleur de son action. NUNC : agir, penser, écrire, créer : en somme composer quelques bouquets pour que la cité s’apaise et se réinvente. Vœu pieu autant que prétentieux ? Naïveté ? Nullement : vœu sage et responsable, contre le fiel de ceux qui, ne choisissant pas, font forcément et malgré eux, le choix du pire, le risque d’un bouquet délétère … » Réginald Gaillard (Responsable de publication de la revue NUNC, liminaire du n°42)

Si une année fut intense à plus d’un titre, c’est certainement celle qui vient de s’écouler tant elle fut l’occasion de rencontres aussi variées les unes que les autres, de questionnements, de quête personnelle, de recherche de point d’équilibre, d’aspirations sans cesse renouvelées, et rares furent les années où j’ai autant souhaité en ce début juillet me mettre au vert, en mode ermite.

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En vrac…

Une fois n’est pas coutume, j’ai décidé de changer quelques habitudes pour consacrer un billet unique à plusieurs sujets en même temps.

La grande question qui surgit immédiatement est : pourquoi ?

Un judicieux pourquoi mais dont la réponse risque fort de vous décevoir.

Outre le fait que j’aime beaucoup changer le ron-ron quotidien (l’intensité jaillit dans le renouveau), la raison principale est que j’ai lu ou vu de jolies choses ces dernières semaines, mais aucune qui, à mes yeux, a été de nature à susciter des billets à part entière.

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Va chemine et montre-toi

De ci, de là

Cahin-caha

Va ! chemine, va ! trottine

Va ! petit âne, va de-ci, de-là,

Cahin-caha, le picotin te récompensera.

« Vous ne vous montrez pas assez, vous êtes trop discrète. »

Toute en retenue me révèlerais-je, trop peu visible je serais.

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Loin de toi, je dépéris

Il pleure dans mon cœur

Comme il pleut sur la ville ;

Quelle est cette langueur

Qui pénètre mon cœur ?

Ô bruit doux de la pluie

Par terre et sur les toits !

Pour un cœur qui s’ennuie

Ô le chant de la pluie !

Il pleure sans raison

Dans ce cœur qui s’écœure.

Quoi ! nulle trahison ? …

Ce deuil est sans raison.

C’est bien la pire peine

De ne savoir pourquoi

Sans amour et sans haine

Mon cœur a tant de peine !

Paul Verlaine

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Vis ma vie de bouilloire

Nous avons tous dans nos cuisines un ustensile indispensable, celui sans lequel nous nous sentons totalement démunis, celui que nous avons dû racheter une bonne dizaine de fois et dont il nous semble totalement improbable de vivre sans.

En ce qui me concerne, mon objet fétiche, tant aimé, utilisé chaque jour, matin et soir, et même plusieurs fois la journée durant les week-ends, c’est ma bouilloire.

Ah sacré bouilloire grâce à qui ma vie ne serait pas la même.

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Tu ne m’aimes pas suffisamment …

 « Aimer beaucoup, comme c’est aimer peu ! On aime, rien de plus, rien de moins » Jean Cocteau

« Maman, tu m’aimes ? »

« Bien sûr que je t’aime mon chéri, quelle question ! »

« Tu m’aimes comment ? »

« Très fort mon cœur, je t’aime très fort ! »

Mon fils pose ses couverts, lève la tête, son sourire s’efface …

« Qu’est-ce qu’il y a ? Qu’ai-je dit ? »

« Tu ne m’aimes pas suffisamment… »

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Je voudrais des tomates…

Il est tellement usuel de se  faire interpeller pour une cigarette, une petite pièce ou un ticket restaurant que lorsqu’hier au soir, en m’apprêtant à entrer au monoprix pour acheter des cadeaux pour des anniversaires auxquels étaient conviés mes trolls ce week-end, un monsieur avec son petit chien faisant traditionnellement la manche dans mon quartier me demande si je peux lui acheter des tomates, je l’ai fait répéter trois fois.

Pensant qu’il avait faim, et la demande de tomates me semblant totalement incongrue, je lui pris un gros sandwich et un dessert disponibles près de l’entrée, mon choix étant, il faut bien l’avouer, dicté surtout par le fait qu’ils se situaient au même niveau de caisses que les quelques bricoles que j’étais venue acheter et que j’étais un peu pressée, lasse également de cette longue journée qui n’en pouvait plus de durer.

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Avec ferveur et vergogne

« Sans une solide humilité, il n’est pas possible de conserver une foi bien pure. » Louis Bourdaloue

Lors d’un débat remarquable sur le thème « Chrétien français ou Français chrétien ? » réunissant Fabrice Hadjadj, Don Paul Préaux et Natacha Polony, la question fut posée du sens que chacun donnait à leur vie, dans ce monde, à cette époque et dans ce lieu.

Avec toute la finesse et l’érudition de son esprit qui ne sont plus à démontrer, Natacha Polony a développé longuement son propos en terminant sur ces quelques mots : « bien qu’étant athée, ce qui m’anime profondément chaque jour, c’est la ferveur, en ce qu’elle recouvre l’ardeur, l’enthousiasme, la passion, et la vergogne c’est à dire la pudeur, la retenue. »

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Merci qui? Merci Daddy

« Ce qui fait que les grands-pères s’entendent aussi bien avec les petits enfants, c’est que, pour ces derniers, la vie n’est pas encore assez sérieuse et que, pour les aïeuls, elle ne l’est plus autant. Tristan Bernard »

Parler de son père quand on est sa fille est certainement un des exercices les plus difficiles, surtout quand on est doté d’un père multiforme, aux facettes diverses, au caractère affirmé et d’une richesse  et densité intellectuelles d’une si grande ampleur que le définir serait déjà le limiter.

Je me garderai bien d’en faire un portrait, même si je pense que ce serait certainement ma plus belle déclaration d’amour, étant tous deux des pudiques maladifs des sentiments, mais mon côté exalté à l’écrit le mettrait sur un piédestal et laisserait penser à tort que je n’ai pas coupé le cordon ombilical. Je sais par ailleurs d’avance que mes frères et sœurs ne verraient pas le même père.

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Demain dès l’aube, à l’heure où les âmes s’envolent …

Comme beaucoup aujourd’hui, nos cœurs se sont déchirés en lisant au réveil cette phrase : « Chers amis, nous avons l’immense tristesse de vous annoncer la mort de notre petit Gaspard. Son âme de chevalier est montée au Ciel mercredi 1er février en début de soirée. La peine qui nous habite est immense. Nous vous confions à vos prières et vos pensées, plus que jamais. Nous avons vraiment besoin de vous. Gaspard, mon fils, maintenant, c’est à toi de jouer. Va, cours, vole et console tous ceux qui pleurent. »

Nous sommes nombreux, rassemblés par milliers, à avoir suivi Gaspard, entre Ciel et Terre, atteint d’une maladie dégénérative dont les jours comptés ont été d’une incroyable fécondité, les proches, la famille mais également la foule des inconnus émus et touchés profondément par cette famille si digne, témoignant à travers leur Foi, de cette épreuve si dure.

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