En 2001

Un jeu entre amis de facebook m’a attribué l’année 2001 pour raconter mes souvenirs…

En 2001, j’avais 22 ans.

J’ai obtenu cette année-là ma maitrise de droit à Assas et je suis partie ensuite une année à la faculté de Bordeaux pour un DEA de droit la propriété intellectuelle et artistique car je rêvais depuis longtemps de travailler dans le milieu de la culture en tant que juriste. Ce qui malheureusement ne fut jamais le cas, car le secteur me fut fermé, et le statut précaire d’intermittent du spectacle ne me satisfaisant pas, je décidais alors de refaire au bout d’un an, un autre DESS, de droit immobilier cette fois-ci, à ASSAS encore.

Elevée en Dordogne, je rêvais depuis ma plus tendre enfance de vivre à Paris, et mon vœu pieu fut exaucé à mes 20 ans, mon DEUG de droit en poche, où être admise à Assas eut sur moi le même effet que si j’avais été prise à Harvard.

Je rêvais déjà de vivre en face d’un café, d’entendre les bruits de la ville sous ma fenêtre, d’entendre les bruits rassurants d’un immeuble habité, d’avoir le métro en bas de chez moi. Aujourd’hui, j’habite à Saint Mandé, dans un immeuble avec des moulures, le métro est à 100 m, c’est presque Paris, je salue le bistrotier de ma fenêtre tous les matins et tous les soirs, mon appartement ne fait que 55 m² mais je me dis tous les matins en me réveillant c’est le paradis.

J’étais mariée avec un jeune homme magnifique de 4 ans mon ainé que je connaissais depuis mes 18 ans, que les méandres de son parcours d’étudiant conduisit sur les mêmes bancs de la fac que moi, dont j’adorais la famille  et dont je me suis dit très rapidement « c’est avec lui que j’ai envie de fonder une famille et de finir mes jours». Nous avons eu des jumeaux qui ont aujourd’hui 9 ans et qui resteront le plus témoignage de notre mariage. Et j’aime toujours autant ma belle-famille.

Nous travaillions tous les étés et les vacances scolaires pour payer nos études et pouvoir vivre à Paris, et en particulier sur le plateau téléphonique de la MNEF pour répondre aux étudiants qui avaient des problèmes avec leur sécu ou leurs remboursements. Je garde de ces années estudiantines un souvenir ému.

En 2001, j’avais la vie devant moi, rien ne paraissait impossible, et ma vie se déroulait telle que je l’avais imaginée depuis toujours.

A 22 ans, j’adorais déjà lire, et même si on vivait avec trois fois rien, j’avais déjà une bibliothèque bien garnie que je trainais de déménagements en déménagements.

En 2001, j’étais bourrée de certitudes, je traçais ma route avec détermination et je regardais droit devant.

En 2001, je n’avais aucune idée de la façon dont les années suivantes se dérouleront, mais il est certain qu’elles ont forgé la femme que je suis devenue en 2017 et que je serai fort probablement devenu un « visage pâle ».

En 2001, j’étais catholique de tradition, je suis devenue catholique de conviction.

Un jour, je retrouverai là-haut tous ceux qui ont croisé mon chemin ici-bas, ce qui me semblait insurmontable deviendra transfiguré, et je rends grâce pour les merveilleuses rencontres qui ont essaimé ma vie et m’ont fait grandir chacune à leur manière.

 

 

 

 

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