A Paris chez Antoinette Poisson

L’art de la dominoterie

Passionnée par tout un tas de sujets qui dépassent largement la littérature, il me tient à cœur en ce moment de rendre hommage aux créateurs ou aux créations d’exception, que ce soit de grandes maisons ou des entreprises plus récentes, qui ont pour point commun de transmettre ou faire revivre un savoir-faire artisanal, témoignage exceptionnel d’un savoir-vivre et d’un savoir-être à la française.

On ne m’ôtera pas de l’idée que le café est meilleur dans un joli mug, ou que les mots couchés sur du beau papier sont plus agréables à lire. Luxe ou raffinement, superficialité ou inutilité, tous les goûts sont autorisés, mais à titre personnel, je suis particulièrement sensible à une ambiance, une atmosphère, aux objets qui nous entourent, non par goût immodéré de la possession, mais parce que ces petits riens qui forment le tout dans lequel nous évoluons, respirons, posons nos regards, vivons au quotidien, participent à l’unicité de notre être, cette sensation de se sentir chez soi et en harmonie. Ce qui est vrai en littérature ou en musique, l’est aussi dans les objets, et lorsqu’une sculpture, une gravure, un tableau, un meuble ou même un simple bibelot trouve sa place chez soi, il porte en lui ce lien indirect avec ceux ou celles qui l’ont précédemment détenu, vous l’ont offert ou qui l’ont créé dans l’intimité de leurs ateliers.

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Buly 1803, officine universelle

Installé rue Saint-Honoré à Paris en 1803, Jean-Vincent Bully, (avec deux « l ») fut l’un des premiers parfumeurs à s’ouvrir aux progrès de la science et de la cosmétique pour formuler ses inventions.

Le « Vinaigre de Bully », lotion aromatique brevetée pour la toilette et la conservation du teint, gagna une grande réputation dans toute l’Europe et conféra à l’officine une notoriété sans précédent pendant plus d’un siècle.

Restée en sommeil au XXème siècle, l’officine a repris ses lettres de noblesse récemment sous l’impulsion de Victoire de Taillac et Ramdane Touhami sous le nom Officine Universelle Buly (avec un seul « l ») et si vos pas vous portent rue Bonaparte dans le quartier saint Germain, vous ne manquerez pas de tomber sous le charme de cette merveilleuse boutique qui fleure bon la cosmétique d’autant.

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Merci pour ton agréable réponse…

Ma précieuse princesse est une petite fille de 10 ans dont le cerveau extrêmement vif et bien agencé conduit la maman que je suis à devoir adopter vis-à-vis d’elle un comportement qui n’entre pas dans l’affrontement ni dans la discussion stérile mais doit l’amener à se persuader que la décision, murie et réfléchie, vient d’elle, ou tout du moins, qu’elle en devienne évidente et donc acceptée.

Ce qui pourrait être extrêmement usant si elle était dans la provocation, est en fait pour moi une source de ravissement et de sourires intérieurs sans fin, je le reconnais, non pas uniquement parce qu’elle est ma fille, mais parce que je dois l’avouer, je ne connais pas beaucoup d’enfants voire même d’adultes, dotés d’une telle capacité à arriver à ses fins sans heurt ni caprice, ni violence verbale et dans une très juste prise de considération des caractères de chacun.

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Le Perlimpinpin

Tout récemment, mes enfants m’ont remis en mémoire ces mots savoureux prononcés par Emmanuel Macron lors du débat présidentiel qui l’opposait à Marine Le Pen où, docte et imperturbable, le pouce rejoignant l’index et les trois autres doigts pointés vers l’avant, ce dernier la regarda dans la yeux en lui disant : Madame le Pen, votre programme c’est de la poudre de perlimpinpin !

Cette phrase a tourné en boucle dans des clips remixés, découverts cet été par mes enfants, et comme ils sont encore à un âge où ils se lassent malheureusement difficilement de ce genre de plaisir, j’ai du perlimpinpin plein les oreilles.

A bien y réfléchir cependant, cette expression, à la sonorité rigolote et désuète, est juste incroyable surtout quand elle émane de notre président.

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Passer la soirée avec son amie Sucre d’orge

J’ai reçu il y a quelques jours au courrier une Wonderbox  de ma banque (oui oui de ma banque, je sais c’est un truc de dingue !) pour un restaurant et un cinéma de mon choix pour deux personnes.

Par mon choix, entendez parmi la liste que vous trouverez sur le site après inscription et validation du code barre, et réception d’un mail qui permettra de vous enregistrer et de sélectionner ensuite un resto et un ciné parmi les établissements adhérents à ce concept.

J’ai hésité à l’offrir après quelques agacements d’incompréhension du mode de fonctionnement, et puis quand ô miracle, je reçois le précieux sésame « vous êtes bien inscrite à notre programme », je considère finalement qu’il est bien dommage de ne pas en profiter en cette période estivale.

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Le resto des vacances

Chercher un havre de paix dans un coin reculé privé de toute connexion et de vie citadine était un pari osé. Je l’ai tenté, il a été brillamment relevé, mais qui dit coin reculé dit adieu petits bars et restos au bord de l’eau, adieu sorties nocturnes et adieu les plaisirs alimentaires.

Si ce n’était l’inénarrable épicerie du coin où trois tranches de jambon se battent en duel avec 4 pauvres saucisses, et encore quand elle n’a pas été dévalisée, vous en viendriez presque à regretter votre Monoprix Gourmet.

Tels les aventuriers de Koh-Lanta craignant la disette, nous avons initié un rationnement draconien de nos réserves, et nous fûmes si brillants en ce domaine que nous avons même réussi à sauver une boite de raviolis et un reste de riz. A 38 ans, j’ose l’avouer, je n’ai jamais été aussi heureuse que de retrouver le plaisir de savourer religieusement et parcimonie nos madeleines aux œufs frais Saint Michel – nos madeleines de luxe- en guise de dessert, le sachet d’un kilo ayant tenu la semaine.

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Nunc

 

« Nous ne nous interdirons pas à l’avenir d’être plus attentifs et vigilants. (…) Toujours, il convient de préparer sa mort, c’est la condition nécessaire afin de ne pas avoir à la redouter chaque jour et ainsi être contraint, réduit, limité, dans l’ampleur de son action. NUNC : agir, penser, écrire, créer : en somme composer quelques bouquets pour que la cité s’apaise et se réinvente. Vœu pieu autant que prétentieux ? Naïveté ? Nullement : vœu sage et responsable, contre le fiel de ceux qui, ne choisissant pas, font forcément et malgré eux, le choix du pire, le risque d’un bouquet délétère … » Réginald Gaillard (Responsable de publication de la revue NUNC, liminaire du n°42)

Si une année fut intense à plus d’un titre, c’est certainement celle qui vient de s’écouler tant elle fut l’occasion de rencontres aussi variées les unes que les autres, de questionnements, de quête personnelle, de recherche de point d’équilibre, d’aspirations sans cesse renouvelées, et rares furent les années où j’ai autant souhaité en ce début juillet me mettre au vert, en mode ermite.

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En vrac…

Une fois n’est pas coutume, j’ai décidé de changer quelques habitudes pour consacrer un billet unique à plusieurs sujets en même temps.

La grande question qui surgit immédiatement est : pourquoi ?

Un judicieux pourquoi mais dont la réponse risque fort de vous décevoir.

Outre le fait que j’aime beaucoup changer le ron-ron quotidien (l’intensité jaillit dans le renouveau), la raison principale est que j’ai lu ou vu de jolies choses ces dernières semaines, mais aucune qui, à mes yeux, a été de nature à susciter des billets à part entière.

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Va chemine et montre-toi

De ci, de là

Cahin-caha

Va ! chemine, va ! trottine

Va ! petit âne, va de-ci, de-là,

Cahin-caha, le picotin te récompensera.

« Vous ne vous montrez pas assez, vous êtes trop discrète. »

Toute en retenue me révèlerais-je, trop peu visible je serais.

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Loin de toi, je dépéris

Il pleure dans mon cœur

Comme il pleut sur la ville ;

Quelle est cette langueur

Qui pénètre mon cœur ?

Ô bruit doux de la pluie

Par terre et sur les toits !

Pour un cœur qui s’ennuie

Ô le chant de la pluie !

Il pleure sans raison

Dans ce cœur qui s’écœure.

Quoi ! nulle trahison ? …

Ce deuil est sans raison.

C’est bien la pire peine

De ne savoir pourquoi

Sans amour et sans haine

Mon cœur a tant de peine !

Paul Verlaine

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