Tu ne m’aimes pas suffisamment …

 « Aimer beaucoup, comme c’est aimer peu ! On aime, rien de plus, rien de moins » Jean Cocteau

« Maman, tu m’aimes ? »

« Bien sûr que je t’aime mon chéri, quelle question ! »

« Tu m’aimes comment ? »

« Très fort mon cœur, je t’aime très fort ! »

Mon fils pose ses couverts, lève la tête, son sourire s’efface …

« Qu’est-ce qu’il y a ? Qu’ai-je dit ? »

« Tu ne m’aimes pas suffisamment… »

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Je voudrais des tomates…

Il est tellement usuel de se  faire interpeller pour une cigarette, une petite pièce ou un ticket restaurant que lorsqu’hier au soir, en m’apprêtant à entrer au monoprix pour acheter des cadeaux pour des anniversaires auxquels étaient conviés mes trolls ce week-end, un monsieur avec son petit chien faisant traditionnellement la manche dans mon quartier me demande si je peux lui acheter des tomates, je l’ai fait répéter trois fois.

Pensant qu’il avait faim, et la demande de tomates me semblant totalement incongrue, je lui pris un gros sandwich et un dessert disponibles près de l’entrée, mon choix étant, il faut bien l’avouer, dicté surtout par le fait qu’ils se situaient au même niveau de caisses que les quelques bricoles que j’étais venue acheter et que j’étais un peu pressée, lasse également de cette longue journée qui n’en pouvait plus de durer.

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Avec ferveur et vergogne

« Sans une solide humilité, il n’est pas possible de conserver une foi bien pure. » Louis Bourdaloue

Lors d’un débat remarquable sur le thème « Chrétien français ou Français chrétien ? » réunissant Fabrice Hadjadj, Don Paul Préaux et Natacha Polony, la question fut posée du sens que chacun donnait à leur vie, dans ce monde, à cette époque et dans ce lieu.

Avec toute la finesse et l’érudition de son esprit qui ne sont plus à démontrer, Natacha Polony a développé longuement son propos en terminant sur ces quelques mots : « bien qu’étant athée, ce qui m’anime profondément chaque jour, c’est la ferveur, en ce qu’elle recouvre l’ardeur, l’enthousiasme, la passion, et la vergogne c’est à dire la pudeur, la retenue. »

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Merci qui? Merci Daddy

« Ce qui fait que les grands-pères s’entendent aussi bien avec les petits enfants, c’est que, pour ces derniers, la vie n’est pas encore assez sérieuse et que, pour les aïeuls, elle ne l’est plus autant. Tristan Bernard »

Parler de son père quand on est sa fille est certainement un des exercices les plus difficiles, surtout quand on est doté d’un père multiforme, aux facettes diverses, au caractère affirmé et d’une richesse  et densité intellectuelles d’une si grande ampleur que le définir serait déjà le limiter.

Je me garderai bien d’en faire un portrait, même si je pense que ce serait certainement ma plus belle déclaration d’amour, étant tous deux des pudiques maladifs des sentiments, mais mon côté exalté à l’écrit le mettrait sur un piédestal et laisserait penser à tort que je n’ai pas coupé le cordon ombilical. Je sais par ailleurs d’avance que mes frères et sœurs ne verraient pas le même père.

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Demain dès l’aube, à l’heure où les âmes s’envolent …

Comme beaucoup aujourd’hui, nos cœurs se sont déchirés en lisant au réveil cette phrase : « Chers amis, nous avons l’immense tristesse de vous annoncer la mort de notre petit Gaspard. Son âme de chevalier est montée au Ciel mercredi 1er février en début de soirée. La peine qui nous habite est immense. Nous vous confions à vos prières et vos pensées, plus que jamais. Nous avons vraiment besoin de vous. Gaspard, mon fils, maintenant, c’est à toi de jouer. Va, cours, vole et console tous ceux qui pleurent. »

Nous sommes nombreux, rassemblés par milliers, à avoir suivi Gaspard, entre Ciel et Terre, atteint d’une maladie dégénérative dont les jours comptés ont été d’une incroyable fécondité, les proches, la famille mais également la foule des inconnus émus et touchés profondément par cette famille si digne, témoignant à travers leur Foi, de cette épreuve si dure.

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L’homme Sapience

Stat Crux dum volvitur orbis (La Croix demeure tandis que le monde tourne)

J’ai longuement hésité à dresser le portrait de l’homme Sapience, car étrangement, il est plus difficile de parler d’êtres très proches en raison de l’impudeur dévoilée qui peut jaillir des grandes intimités.

Mais l’homme Sapience a 30 ans aujourd’hui.

Tout juste 30 ans avec cependant la maturité d’un homme qui aurait déjà eu dix vies.

L’homme Sapience, il se balade aussi sur mon arbre généalogique, pas loin de l’homme Baloo avec qui il forme une paire hors pair et pas uniquement en raison de la stature, mais il ne faut pas se fier à la place que les règles en la matière lui octroieraient en raison d’une simple année de naissance. Il est hors cadre, hors règles générales, hors postulat de base, insaisissable et cependant si accessible.

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L’homme Baloo

Il en faut peu pour être heureux, vraiment très peu pour être heureux, se satisfaire du nécessaire.

L’homme Baloo, tout comme la femme Concrète, est un spécimen unique en son genre. A tout le moins, pour être précis, un exemplaire non égalé dans mon entourage.

Sa devise pourrait être une citation de Paul Valéry :  « L’homme heureux est celui qui se retrouve avec plaisir au réveil » ou de Horace « Aucun poème écrit par un buveur d’eau ne peut connaitre un succès durable. »

L’homme Baloo a le physique de l’homme mythique, mais version » gaulois » : blond, barbu, des mains de charpentier, une force herculéenne, un physique imposant.

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L’homme mythique

Après quatre portraits de femmes, je décide ce soir de m’essayer aux portraits d’homme.

Avec du recul, c’est amusant que mes amies féminines m’aient inspirée plus spontanément que mon entourage masculin, alors que, je dois l’avouer, je me sens généralement plus d’accointance avec la gente masculine. Je dois peut-être, et fort certainement, mettre cela sur le compte de la personnalité de mes amies si différente de la mienne, qui, par certains côtés, me fascine et leur confère un aspect tout à fait extraordinaire.

Les hommes sont souvent de bonnes amies sans en avoir les défauts, ce qui permet à mon sens des relations tout à fait hors normes, hors cadre, de franche camaraderie, sans jalousie ni comparaison, et mes meilleures soirées de rigolade sont le plus souvent celles que j’ai passées avec mon entourage masculin.

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Elvire au pays de l’Ennéagramme

« De la faille, jaillit la lumière »

Il était une fois, au royaume de l’Ennéagramme, un Roi et une Reine qui décidèrent de réunir les sujets de leurs neuf territoires, pour qu’ils expérimentent ensemble le bonheur de la richesse et de la diversité de la nature humaine.

Officiellement, le carton d’invitation indiquait « apprendre à mieux se connaître pour oser changer ». Mais le Roi et la Reine savaient dans leur for intérieur qu’apprendre à mieux se connaître est l’antichambre du chemin de l’acceptation de soi, non pas en tant que résignation ou révolte, mais comme source de  conquête de sa liberté intérieure.

Cependant, le Roi et la Reine ne brusquent jamais, ils proposent sans forcer, et offrent les outils pour que de nos blessures et de nos faiblesses jaillissent les talents qui nous animent, dans une douce évidence.

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Je suis en panne

Certains me réclament des billets mais je suis désolée, c’est affreux, je n’ai plus rien à dire, plus d’inspiration, que dalle. J’en ai commencé plusieurs mais je n’arrive pas à les finir.

Je cherche le carburant mais il faut croire qu’il faille me remettre en chemin pour trouver ce qui va alimenter la source qui s’est tarie.

Pour des besoins professionnels, j’ai passé ma journée en voiture, et un mot est revenu dans nos conversations en ce jour post Primaires, c’est celui de « clivant » : la politique est clivante, la religion est clivante, nos convictions sont clivantes, les débats sur facebook sont clivants, certaines relations sont clivantes, le poids du passé est clivant, les valises que nous trainons sont clivantes et il est facile de se perdre dans ces méandres qui finissent par obscurcir voire cacher le Cap.

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