Passer la soirée avec son amie Sucre d’orge

J’ai reçu il y a quelques jours au courrier une Wonderbox  de ma banque (oui oui de ma banque, je sais c’est un truc de dingue !) pour un restaurant et un cinéma de mon choix pour deux personnes.

Par mon choix, entendez parmi la liste que vous trouverez sur le site après inscription et validation du code barre, et réception d’un mail qui permettra de vous enregistrer et de sélectionner ensuite un resto et un ciné parmi les établissements adhérents à ce concept.

J’ai hésité à l’offrir après quelques agacements d’incompréhension du mode de fonctionnement, et puis quand ô miracle, je reçois le précieux sésame « vous êtes bien inscrite à notre programme », je considère finalement qu’il est bien dommage de ne pas en profiter en cette période estivale.

J’avais promis à mon adorable amie Sucre d’orge (vous savez, celle dont je vous ai parlé ici) que je savais sans mari et sans enfants pour quelques jours, – et donc en mode : il m’est impossible de rester toute seule sans voir personne tous les soirs (4 soirs mon amie, pas toute ta vie, 4 soirs …) ! – de lui consacrer une soirée et je lui textote rapidement : « j’ai gagné une Wonderbox, un diner en amoureux toutes les deux et un ciné te tentent-t-ils mardi » ?

« Oh que je suis émue, tu ne peux pas savoir comme cela me fait plaisir »

« Heu, ce n’est pas le Ritz non plus, c’est la Wonderbox Bistrots et saveurs »

« Cela m’est égal, je suis teeeeeeellement touchée, je ferai n’importe quoi pour être avec toi, je t’adore »

« Oui, oui, moi aussi »

En général dans ces moments-là, nous sommes dans la position du nougat et de la pomme d’amour ! ce moment où je me fais figure d’une statue de marbre qui sait intellectuellement qu’elle doit dire « moi aussi » car c’est le langage de l’amour de son amie qui limite a la larme à l’œil de joie, mais qui émotionnellement trouve ce mode d’expression un tantinet excessif.

Mon amie Sucre d’orge vient me récupérer au bureau, ou plus exactement court dans mon bureau en me sautant au cou d’enthousiasme, et hop nous voilà parties bras dessus bras dessous direction le quartier Saint Germain. Nous montons dans le métro, il démarre, quand Madame Sucre d’orge réalise qu’elle a laissé son portable à charger dans mes locaux. Je fulmine mais me trouve admirable d’essayer de n’en rien laisser paraître, et nous voilà donc ressorties à la station suivante sur les Champs.

A ce stade les talons ont glissé dans le sac à main pour faire place à des ballerines, le foulard a été desserré sous l’effet du coup de chaud, et le maquillage commence à couler ! Retour au bureau, récupération du portable, un petit rafraichissement de façade s’impose, hop on ressort, rebelote le chemin vers le métro et vers 20 h on arrive enfin au resto.

Mon amie Sucre d’orge trépigne de joie, alors que moi, je commence à me dire dans mon for intérieur, j’espère que le mec du resto ne va pas nous regarder de travers avec ma carte Wonderbox.

« Salut » me fait-il en se dandinant sur les Beatles.

« Tu le connais ? » s’étonne mon amie

Pas du tout, mais Rive Gauche, nous sommes chez les parisiens à la cool attitude.

Il prend l’invitation Wonderbox en souriant, nous réserve une table sympa, deux mojitos surgissent, enfin je commence à me détendre et à me mettre en mode « Sucre d’orge » (comprendre : à l’écoute, les zygomatiques au top, confidences en veux-tu en voilà, échanges impromptus avec le restaurateur, rires communicatifs).

La séance de ciné étant à 21h40, nous avons eu le temps de faire un saut à la librairie l’Ecume des Pages boulevard Saint Germain dont j’ai découvert avec émerveillement qu’elle était ouverte jusqu’à minuit !

Mon amie Sucre d’orge qui, je cite, adooooooore son amie exceptionnelle, souhaite absolument m’offrir un livre qui me ferait penser à elle pendant ses vacances. Je repars avec le tome 1 de l’Amie prodigieuse d’Elena Ferrante, le message est clair.

Direction enfin le cinéma où le film projeté était ce soir My Cousin Rachel de Roger Michell tiré du livre éponyme de Daphné du Maurier.

« J’espère que ce n’est pas en VO et que c’est rigolo »

Je sens le couac venir (je n’aime pas les films rigolos) !

En même temps, aller au cinéma avec une amie qui est toute émotion, rend le film rigolo. J’ai eu la main tellement broyée et de « oh non ! » dans les oreilles que j’ai fini par louper le fil conducteur. Autant dire que le billet sur ce film on oublie.

En sortant, nous courrons pour récupérer le bus à l’arrêt plus loin, prises d’une furieuse envie de traverser Paris la nuit : il ne partait que 20 min plus tard, ce qui nous a laissé le temps de papoter avec le chauffeur et de se remettre de cette nouvelle bouffée de chaleur !

Tout le bus a pu participer aux nouvelles embrassades, effusions intempestives, épanchements divers et variés de mon amie sucre d’orge.

Je rentre chez moi, claque ma porte, retire mes chaussures, me fais couler un café quand soudain mon téléphone sonne : c’est mon amie Sucre d’orge !

« J’ai oublié de te laisser les clés de mon appartement »

« Pour ? »

« Je pars trois semaines, tu sais que je t’adoooore et que je ne confierais pas cela à n’importe qui »

« Et ? »

« Tu pourrais venir arroser mes plantes en mon absence ? »

« Heu… tu me détestes en fait !  ta gardienne, ta voisine de palier, le chat du voisin ? »

« Personne n’est là … , tu peux même dormir chez moi si tu veux»

«  Je confirme tu me détestes. J’habite à 500 m de chez toi et même si moi aussi je t’adore je ne rêve pas de dormir dans ton lit conjugal ! »

« J’adore mes plantes, j’aurais trop de peine si elles meurent en mon absence »

Grrrrr ….l’émotion de la plante verte, un concept plus que flou chez moi.

Amie exceptionnelle me dit-elle … clés je dois donc récupérer demain …

A défaut d’avoir la main verte, autant conserver ce qualificatif qui me séduit davantage.

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