Lettre à un jeune chrétien de Christiane Rancé

Et à ceux qui ignorent qu’ils le sont

« Quel que soit ton âge, c’est ton tour de vivre et d’aimer, et alors d’initier la renaissance secrète de l’âme du monde, dont chacun a la charge (…) renouer avec notre vocation à la vie, à la beauté et à l’amour ; anéantir notre complicité avec tout ce qui réduit, étouffe, catalyse notre élan à la joie et à notre espérance. (…) C’est pour cela que je t’écris aujourd’hui, pour que tu veilles à maintenir cette inquiétude alerte (…) pour ne jamais démériter de tes enthousiasmes, ni de ton héritage et ce à quoi il t’oblige. »

En rentrant de vacances, j’ai découvert dans ma boite aux lettres le dernier livre de Christiane Rancé, magnifiquement dédicacé, à la plume, signe d’un raffinement qui me ravit.

Je profite donc de ce billet pour remercier les éditions Tallandier et l’auteur pour ce geste qui me touche infiniment

Je ne vous cache pas ma joie car j’aime énormément l’écriture de Christiane Rancé dont j’ai eu déjà l’occasion de parler pour son livre intitulé En pleine lumière, et celui consacré à Sainte Thérèse d’Avila.

Il serait follement prétentieux de ma part de dire que Christiane Rancé écrit exactement ce que je ressens. Pour autant, il est vrai qu’elle transforme en évidence et couche avec des mots ce qui chez moi relèverait plutôt de l’ordre de l’intuition. Vous savez, ces choses que l’on perçoit dans ses entrailles, mais que nous ne disons pas ouvertement par manque de confiance et peur de n’intéresser personne.

J’aime cette façon simple (mais non simpliste) qu’elle a de rendre réel l’Impalpable à travers les écrivains, l’art, les monuments, les saints, les grandes figures de notre époque et celle qui nous a précédés.

J’aime cette façon qu’elle a de nous faire partager la conscience aigüe des Mystères de la Foi dans son être profond à l’occasion d’un voyage, d’une découverte, d’un tableau, d’une musique.

Point de grand discours, ni de morale, point de grands traits jetés sur le papier que l’on ne perçoit médités à l’ombre d’un auteur qui l’a marquée ou d’une expérience personnelle, point de religion sirupeuse ou béate, point de Dieu désincarné.

Quand elle s’adresse à nous, Christiane Rancé nous parle d’elle, ou plus exactement elle est l’humble passeur de ce qu’elle a reçu et qu’elle nous confie comme un cadeau.

La religion chrétienne est un chemin de sainteté, un chemin personnel, exigeant, libre, mais qui ne prend sens que dans l’amour porté à son prochain, de tous, sans exclusion, dans lequel le chrétien accepte de porter sa croix avec joie, qui se sait appelé à une joie éternelle dans l’Au-Delà. Dans le monde actuel, c’est donc la religion des perdants, qui ne sert à rien, à contre-courant. Et pourtant …

Elle est là la force des chrétiens qui surpasse toute doctrine ou parti politique : « Le reste est l’affaire des politiques et des séculiers, et si les catholiques veulent s’y engager, ce ne peut être qu’en leur nom propre, en leur état de citoyen, ce à quoi personne n’a rien à redire ».

Elle est là l’essence du christianisme en dépit des erreurs et des horreurs commises par les hommes et pour la remettre en lumière, nous bénéficions des « trésors des Pères et Docteurs de l’Eglise, des saints, des théologiens, des philosophes et écrivains de sensibilité chrétienne. »

 Je me fais figure en la lisant d’un bourgeon dans les pétales se déploient à chaque page et qui, en refermant l’ouvrage, se répand en action de grâces sur les merveilles qui l’entourent et aspire à prendre pleinement sa place dans la Création.

Ne soyons pas des êtres résignés, mais des êtres de courage, de confiance, afin de préparer et laisser sa place, « unique et inestimable à son prochain quand viendra son tour » !

Voilà ce à quoi notre âme aspire, ce qui est gravé dans notre cœur, dès lors qu’on ne la laisse pas s’assoupir.

 

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