A Paris chez Antoinette Poisson

L’art de la dominoterie

Passionnée par tout un tas de sujets qui dépassent largement la littérature, il me tient à cœur en ce moment de rendre hommage aux créateurs ou aux créations d’exception, que ce soit de grandes maisons ou des entreprises plus récentes, qui ont pour point commun de transmettre ou faire revivre un savoir-faire artisanal, témoignage exceptionnel d’un savoir-vivre et d’un savoir-être à la française.

On ne m’ôtera pas de l’idée que le café est meilleur dans un joli mug, ou que les mots couchés sur du beau papier sont plus agréables à lire. Luxe ou raffinement, superficialité ou inutilité, tous les goûts sont autorisés, mais à titre personnel, je suis particulièrement sensible à une ambiance, une atmosphère, aux objets qui nous entourent, non par goût immodéré de la possession, mais parce que ces petits riens qui forment le tout dans lequel nous évoluons, respirons, posons nos regards, vivons au quotidien, participent à l’unicité de notre être, cette sensation de se sentir chez soi et en harmonie. Ce qui est vrai en littérature ou en musique, l’est aussi dans les objets, et lorsqu’une sculpture, une gravure, un tableau, un meuble ou même un simple bibelot trouve sa place chez soi, il porte en lui ce lien indirect avec ceux ou celles qui l’ont précédemment détenu, vous l’ont offert ou qui l’ont créé dans l’intimité de leurs ateliers.

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Buly 1803, officine universelle

Installé rue Saint-Honoré à Paris en 1803, Jean-Vincent Bully, (avec deux « l ») fut l’un des premiers parfumeurs à s’ouvrir aux progrès de la science et de la cosmétique pour formuler ses inventions.

Le « Vinaigre de Bully », lotion aromatique brevetée pour la toilette et la conservation du teint, gagna une grande réputation dans toute l’Europe et conféra à l’officine une notoriété sans précédent pendant plus d’un siècle.

Restée en sommeil au XXème siècle, l’officine a repris ses lettres de noblesse récemment sous l’impulsion de Victoire de Taillac et Ramdane Touhami sous le nom Officine Universelle Buly (avec un seul « l ») et si vos pas vous portent rue Bonaparte dans le quartier saint Germain, vous ne manquerez pas de tomber sous le charme de cette merveilleuse boutique qui fleure bon la cosmétique d’autant.

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Merci pour ton agréable réponse…

Ma précieuse princesse est une petite fille de 10 ans dont le cerveau extrêmement vif et bien agencé conduit la maman que je suis à devoir adopter vis-à-vis d’elle un comportement qui n’entre pas dans l’affrontement ni dans la discussion stérile mais doit l’amener à se persuader que la décision, murie et réfléchie, vient d’elle, ou tout du moins, qu’elle en devienne évidente et donc acceptée.

Ce qui pourrait être extrêmement usant si elle était dans la provocation, est en fait pour moi une source de ravissement et de sourires intérieurs sans fin, je le reconnais, non pas uniquement parce qu’elle est ma fille, mais parce que je dois l’avouer, je ne connais pas beaucoup d’enfants voire même d’adultes, dotés d’une telle capacité à arriver à ses fins sans heurt ni caprice, ni violence verbale et dans une très juste prise de considération des caractères de chacun.

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La nuit des béguines d’Aline Kiner

« En comptable attentive des causalités et des contingences, Ysabel sait cela : quelle que soit la petitesse de chacune de nos vies, elles relèvent toutes d’un vaste ensemble, les mouvements et les troubles de l’âme dépendent de ceux du monde, la violence ne s’arrête pas à ceux qu’elle vise, elle rebondit comme un caillou sur l’eau, dure et frappe, frappe encore, les peurs collectives s’amplifient des bassesses individuelles, les grandes ambitions se conjuguent aux plus médiocres. »

 Les béguines sont apparues à Liège à la fin du XIIème siècle avant de s’étendre rapidement en Europe. Elles ont constitué une des premières formes de vie religieuse non cloitrée, vivant dans de petites maisons individuelles regroupées autour d’une chapelle, d’un réfectoire, de salles communes, voire même d’un hôpital, formant un ensemble appelé béguinage. En 1264, le roi Saint Louis installa un béguinage dans le Marais, entre les actuelles rue Charlemagne, rue du Fauconnier et rue de l’Ave-Maria et adossé à l’enceinte de Philippe-Auguste, emplacement sur lequel se trouve aujourd’hui le lycée Charlemagne.

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La voix contagieuse de François Cassingena-Trévedy

« Au vrai, prêcher sur l’Evangile est un acte redoutable. (…) Avec le temps, un irrépressible mouvement de réticence finit par prendre le dessus, et la conscience aigüe que le silence seul, alors, serait de mise, inspire l’horreur de maints bavardages dont on pourrait se rendre coupable devant les hommes et devant Dieu. (…) Nous parlerons, malgré tout, parce que nous sommes naturellement des hommes-de- parole, (…), parce que la Parole elle-même nous y invite, jusqu’à nous laisser cette recommandation en testament pascal : Prêchez à toute la création, (…) avec un seul office : celui d’éveiller à l’évènement de la Parole. (…) Il ne peut le faire, bien sûr, que s’il en est le témoin et, s’il se peut dire, le locataire. »

Homélies

Mon cher Papa,

J’ai reçu ce livre dont j’ai lu plusieurs extraits, épars et à des moments variés de la journée. J’ai l’impression d’y être hermétique, ce qui me chagrine profondément, ayant le sentiment d’avoir entre les mains un trésor et ne pas savoir comment le découvrir et l’apprécier à sa juste valeur. « C’est assez de joie, pour la voix qui l’explore et la balbutie, que de se savoir contagieuse » écrit le Père François à la fin de son prologue.

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Un prince d’Emmanuel Godo

« (…) comment définir cette place que vous avez crue, vous l’auriez juré, vacante, dans ce théâtre qu’est la vie, dans cet espace à mi-chemin de votre vie intérieure et du monde tel qu’il est, de ce qu’on nomme le réel, comme si l’autre côté ne l’était pas, cette place que des inconnus viennent occuper et qui désormais auront leur visage, quelle que soit la relation qui s’instaurera avec eux, qu’on leur parle ou non, qu’ils deviennent, de façon effective, je veux dire effective au regard des lois du monde, au regard des relations qu’on est sommé d’y entretenir pour qu’on puisse dire de celui-ci qu’on le connaît, que l’on est un de ses proches (…)  »

Cher Monsieur,

Votre livre démarre par une lettre de Jean-Pierre Lemaire dans laquelle il vous fait part de sa gratitude pour ce texte qui, bien que l’ayant surpris de prime abord par l’unique phrase qui le compose, l’a enchanté, n’hésitant pas à comparer votre Prince à celui de Dostoïevski, la fiction laissant la place à la poésie de charité, et souhaite qu’il rencontre le public qu’il mérite, j’ai trouvé le procédé délicieux, imaginant la joie que doit ressentir un écrivain à recevoir un tel courrier, et modestement je m’essaie au même exercice, car c’est ainsi que je souhaite parler de votre livre, porté à ma connaissance par un Lire la suite

La partition intérieure de Réginald Gaillard

« Pourquoi nous faut-il endurer la trivialité et l’ennui du quotidien alors que, je le sais, je le sais parce que je le sens, vous suivre ne saurait être se conformer à ce banal enchaînement d’habitudes du corps, autant que de la parole, vite usées par le temps des hommes. Faire chair avec le temps du Christ, qui n’a ni passé ni futur, qui n’est que présent ou infini, ce qui est peut-être la même chose, n’advient que le temps d’une fulgurance poétique ou mystique, brefs instants de lucidité où tout semble simple et possible. (…) Ils ne mesuraient pas la légèreté ou l’insouciance qui les plaçaient, à leur insu, dans un esprit mortifère. Peut-être est-ce cela la vraie mort : lorsque l’esprit n’est plus vigilant. »

Les critiques sur ce livre, avant même sa sortie, ont été si dithyrambiques, qu’il me semble difficile aujourd’hui de pouvoir rajouter ma pierre à l’édifice.

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L’art de perdre d’Alice Zeniter

« Si on pouvait le regarder au travers de ses paroles, on distinguerait deux silences, qui correspondent aux deux guerres qu’il a traversées. La première, celle de 39-45, il en est ressorti en héros et alors son silence n’a fait que souligner sa bravoure et l’ampleur de ce qu’il avait eu à supporter. On pouvait parler de son silence avec respect, comme d’une pudeur de guerrier. Mais la seconde, celle d’Algérie, il en est ressorti traître et du coup son silence n’a fait que souligner sa bassesse et on a eu l’impression que la honte l’avait privé de mots. »

 Ma chère Elvire,

Nos longues discussions, qu’elles soient orales ou épistolaires, ont durablement transformé ma façon de voir le monde qui m’entoure, et il n’est pas rare que ce qui m’indifférait auparavant suscite désormais mon intérêt.

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L’héritage de Benoit XVI de Christophe Dickès

« Aucun personnage public dans l’ère moderne n’a souffert d’une disjonction plus dramatique entre son image publique et la réalité de sa personnalité. (…) Tant humainement qu’intellectuellement, il avait cette double capacité à rafraichir la raison et à réchauffer le cœur de son interlocuteur. (…) Benoit XVI a joué la partition de l’intelligence de la foi, (…) en nous expliquant la foi, l’espérance et la charité dans la tradition des grands docteurs de l’Eglise. (…) Mais son premier héritage, est celui de la renonciation et surtout de la « création » au sens propre d’une nouvelle charge dans l’Eglise, celle de pape émérite. »

 Le passage presque éclair de Benoit XVI au ministère pétrinien (2005-2013) m’a laissé peu de traces car il est intervenu à une période de ma vie que je pourrais qualifier de désert spirituel, à tout le moins à une époque où certains évènements personnels m’ont rendue imperméable à toute question théologique. Je le suivais et écoutais à distance, mais ne m’en imprégnais pas, et ce que je savais de Benoit XVI relevait davantage de discussions familiales que d’une prise de possession intérieure de ses écrits.

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L’appel des oliviers de Françoise Evenou

« Non Francisco n’était pas un fou ; c’était un cœur pur, vouant sa vie à Dieu, et son âme le réfléchissait comme un miroir. Il veillait et priait sans cesse. Et l’homme qui chemine avec Dieu s’abandonne totalement et avec confiance entre les mains du Père, se sent libre, et n’a rien à craindre, n’est dominé par rien. Alvaro, qui avait mis toutes ses forces et sa confiance en lui seul, refusé toute autre loi que la sienne, découvrait que l’homme qui ose s’abandonner à un Autre que soi puise sa force à la source de la Vie. (…) Comme la bonté et la joie, la paix est contagieuse.

Françoise Evenou est venue à moi il y a environ deux semaines et m’a demandé si elle pouvait m’envoyer son livre. Trois petits clics sur internet rapides, son sourire lumineux qui s’affiche, Salvator en éditeur, et j’ai dit oui évidemment, touchée par cette marque de confiance.

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Une histoire des loups d’Emily Fridlund

« Aujourd’hui, il m’est difficile d’évaluer quelle part de ce que j’ai fait et désiré à l’époque résultait directement d’une version de cette pensée-là. Quelle est la différence entre ce qu’on veut croire et ce qu’on fait ? (…) Et quelle est la différence entre ce qu’on pense et ce qu’on finit par faire ? (…) Parfois, quand je m’assois derrière la cabane rénovée avec ma mère sur ce qui nous reste de terrain, j’essaie de me remémorer les bois de mon enfance. Je ne me laisse pas aller à la nostalgie. Les bois n’ont jamais été magiques à mes yeux ; je n’ai jamais été jeune ou possessive au point de les voir ainsi. »

 Depuis 2006, les éditions Gallmeister se consacrent à la littérature américaine, choisissant avec soin des auteurs dont la plume et le regard se veulent observateurs du monde américain, devenant ainsi l’unique éditeur français à se spécialiser uniquement en ce domaine.

La littérature américaine est en effet foisonnante et recèle d’écrivains de très grande qualité contribuant à la découverte de ce continent fascinant et complexe de par ses extrêmes et sa diversité.

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Pour la liberté de François Sureau

« Le 31 janvier, 28 mars et 30 mai 2017, j’eus à plaider devant le Conseil Constitutionnel contre trois dispositions sur des lois relatives au terrorisme et à l’état d’urgence. (…) Les trois plaidoiries que vous allez lire s’inspirent d’une idée que je crois juste (…). Le système des droits n’a pas été fait seulement pour les temps calmes, mais pour tous les temps. Rien ne justifie de suspendre de manière permanente les droits du citoyen. Cela n’apporte rien à la lutte contre le terrorisme. Cela lui procure au contraire une victoire sans combat, en montrant à quel point nos principes étaient fragiles. »

 « Pour la liberté », rassemble trois plaidoiries que François Sureau a prononcées devant le Conseil constitutionnel dans le cadre de ce qu’on appelle en droit des questions prioritaires de constitutionnalité permettant, à l’occasion d’un litige, de contester la conformité de lois en vigueur à la Constitution, et à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 à laquelle la Constitution se réfère dans son préambule.

Un véritable contrôle a posteriori, alors même que les lois sont votées, publiées et mises en application.

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Ces rêves qu’on piétine de Sébastien Spitzer

« Ma fille, je n’en peux plus de me cacher, de dire que j’ai une fille qui ne veut plus de moi. Des années sans un mot. (…) Je suis devenue pauvre de toi, de tout l’amour d’un père. (…) J’ai tenu ma place de père je crois. (…) J’espère que tu redeviendras ma fille un jour. Laisse-moi une petite place. Accorde moi l’image d’un père même à échelle réduite. (…) Tes fondations sont les heures que nous avons passées ensemble à interroger la vie, à balayer la mystique, à gratter les mots, les idées, les grands auteurs. A marcher sans rien dire pour écouter le silence. Je mérite bien d’être ton père, même à échelle réduite… »

Je le dis d’emblée : ce livre est un immense coup de cœur.

Attirée comme un aimant par le titre et la photo, puis son format et son papier, j’ai eu tout de suite envie de le prendre et de le feuilleter. Je le souligne car cela me permet de remercier au passage l’auteur et sa maison d’éditions, un livre réussi étant d’abord, à mon sens, un livre qui donne envie d’être touché, senti, exposé, un peu comme un bel objet ramené chez soi.

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Le Perlimpinpin

Tout récemment, mes enfants m’ont remis en mémoire ces mots savoureux prononcés par Emmanuel Macron lors du débat présidentiel qui l’opposait à Marine Le Pen où, docte et imperturbable, le pouce rejoignant l’index et les trois autres doigts pointés vers l’avant, ce dernier la regarda dans la yeux en lui disant : Madame le Pen, votre programme c’est de la poudre de perlimpinpin !

Cette phrase a tourné en boucle dans des clips remixés, découverts cet été par mes enfants, et comme ils sont encore à un âge où ils se lassent malheureusement difficilement de ce genre de plaisir, j’ai du perlimpinpin plein les oreilles.

A bien y réfléchir cependant, cette expression, à la sonorité rigolote et désuète, est juste incroyable surtout quand elle émane de notre président.

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Les huit montagnes de Paolo Cognetti

« Mon père avait une façon bien à lui d’aller en montagne. Peu versé dans la méditation, tout en acharnement et en bravade. Il montait sans économiser ses forces, toujours dans une course contre quelqu’un ou quelque chose, et quand le sentier tirait en longueur, il coupait par la ligne la plus verticale. Avec lui, il était interdit de s’arrêter, interdit de se plaindre de la faim, de la fatigue ou du froid, mais on pouvait chanter une belle chanson, surtout sous l’orage ou en plein brouillard. »

Dans la suite des billets consacrés aux sorties littéraires de la rentrée dans la section « livres profanes » (j’adore cette expression en vigueur à la Procure), place aujourd’hui au roman du jeune Italien Paolo Cognetti, « Les huit montagnes ».

Déjà publié pour un Carnet de montagne intitulé Le Garçon sauvage et quelques nouvelles, Paolo Cognetti est aujourd’hui encensé par la critique italienne.

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Les Jumeaux Vénitiens de Carlos Goldoni

Totalement enthousiaste est le terme qui me vient spontanément à l’esprit pour décrire mon état à la sortie de la première des Jumeaux Vénitiens, pièce écrite en 1745 par Goldoni et actuellement jouée au Théâtre Herbertot.

Des frères jumeaux, Tonino et Zanetto, séparés à la naissance, se retrouvent fortuitement dans la ville de Vérone à l’âge adulte pour y épouser leurs promises. Autant Tonino, élevé à Venise, est un jeune homme spirituel et raffiné, autant son frère Zanetto, qui a grandi dans une ferme, est un garçon rustre et naïf. De cette ressemblance physique dont tous les personnages sont dupes, vont naitre des imbroglios  et quiproquos en cascade sur fond de mariage arrangé, de bijoux volés, d’argent, de duels à l’épée.

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Vous n’êtes pas venus au monde pour rester seuls de Eivind Hofstad Evjemo

« Le deuil est comme un bateau lourd à manœuvrer. Il faut ramer et écoper en même temps. Le plus important, c’est de cultiver la solidarité. (…) Le bonheur qu’elle éprouve a un rapport avec le temps, elle le sait. Il vient d’une concordance entre autrefois et aujourd’hui, d’un sentiment d’éternité, d’immuabilité : ce qui vit englobe ce qui a disparu. C’est le sentiment qui, pour elle, se rapproche le plus d’une foi religieuse »

Dans la série des livres de la rentrée, je viens de terminer cet ouvrage du norvégien Evjemo, traduit pour la première fois en France.

Le titre à lui seul est rempli de promesses, et a justifié en grande partie son acquisition.

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Quand tu étais sous le figuier… d’Adrien Candiard

Propos intempestifs sur la vie chrétienne

« La vie chrétienne, c’est d’avoir le courage de ne pas renoncer à la joie (…) parce que le bonheur est notre vocation (…) qui n’est que l’autre nom de la vie spirituelle que Dieu veut nous proposer. (…) Discerner notre vocation, réaliser notre vocation, vivre une vie chrétienne, c’est apprendre à nous libérer du poids de nos fantaisies, de nos envies du moment, de nos tocades, pour nous concentrer sur notre désir le plus vrai, celui qui nous constitue et nous fait avancer, celui qui nous appelle vers le bien. (…) Jésus nous invite à choisir la vie éternelle maintenant, et à la vivre sans attendre. »

Bien que sorti en 2016, voici un livre qui fait joliment écho à celui de Christiane Rancé, « Lettre à un jeune chrétien », et qui vivifie par la sobriété avec laquelle Adrien Candiard nous fait entrer dans notre vie spirituelle.

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Bakhita de Véronique Olmi

« Elle ne sait pas comment elle s’appelle. Elle ne sait pas en quelle langue sont ses rêves. Elle se souvient de mots en arabe, en turc, en italien, et elle parle plusieurs dialectes. Plusieurs viennent du Soudan et un autre, de Vénétie. (…) Elle connaît trois prières en latin. (…) On lui a demandé souvent de raconter sa vie, et elle l’a racontée encore et encore, depuis le début. (…) Pour ce récit, sa mémoire est revenue. Mais son nom, elle ne l’a jamais retrouvé. (..) Mais le plus important n’est pas là. (…) Elle garde en elle, comme un hommage à l’enfance, la petite qu’elle fut. Cet enfant qui aurait dû mourir en esclavage a survécu, cette enfant était et reste ce que personne n’a jamais réussi à lui prendre. »

Parmi les sorties littéraires de la rentrée, soulignons ce magnifique livre de Véronique Olmi consacré à Bakhita, sanctifiée en 2000 par le pape Jean-Paul II sous le nom de Sainte Joséphine Bakhita, après avoir été déclarée patronne du Soudan en 1995.

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Car ils ne savent pas ce qu’ils font de Maxence Van Der Meersch

« Le beau roman, ce ne doit pas être l’histoire d’une exception. Ce doit être un morceau de la vie de tous les jours, où chacun se reconnaisse, et qui pourtant enseigne aux hommes quelque chose que tous ne voyaient pas. (…) Il n’y a rien de plus cruel, de plus mauvais, qu’un homme qui n’aime plus ou qui croit ne plus aimer. (…) Je comprends à présent que je me suis conduit comme un monstre. Vous ne vous imaginez pas la somme infinie de souffrances qu’un homme peut faire endurer à l’esprit de sacrifice de la femme qui l’aime (…) mais l’expérience d’autrui n’a jamais profité à personne.»

Relire Julien Green m’a donné envie de faire perdurer ce saut dans le passé où affalée sur mon lit, je lisais à plus soif ces romans d’une époque révolue, qui comportait certes ses vices et l’empreinte d’une certaine dureté dans les rapports sociaux, mais dont il m’était aisé de compatir en spectatrice extérieure à un âge où la vie vous est douce et sans souci, ou de m’enthousiasmer pour un art de vivre où le port d’une redingote et l’emploi d’un verbe châtié et du vouvoiement rendaient même un malotru civilisé.

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Moïra de Julien Green

« Et si Joseph pensait quelquefois à Moïra, c’était pour se dire qu’après tout elle ne ressemblait en aucune façon à la femme qu’il s’était figurée. Cela le rassurait. D’une certaine manière, on pouvait même dire que Moïra lui répugnait : il se rappela qu’elle portait une robe si étroitement ajustée que certaines parties de son corps se laissaient voir avec précision, et que la robe fût rouge aggravait cette impudeur. (…) Ces paroles qui sortaient malgré lui de sa bouche le surprenaient toujours parce qu’elles exprimaient clairement des choses qui, jusque-là, se cachaient au fond de lui-même. (…) Les pensées qu’on a dans l’obscurité ne sont pas les mêmes que celles qu’on a dans la lumière. Il savait qu’en éteignant, il redeviendrait la proie de Moïra. »

L’œuvre de Julien Green correspond tout à fait au genre de littérature que je pouvais dévorer plus jeune, entre 15 et 20 ans environ.

De mémoire, j’avais dû lire Mont-Cinère et la trilogie Dixie, mais comme je lisais beaucoup de livres de la même veine, je reconnais n’en garder que peu de souvenirs.

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Le Maître de la Terre de Robert-Hugh Benson

« Tout ce qui avait eu lieu jusqu’alors ne pouvait manquer d’amener ce qui venait d’avoir lieu, c’est-à-dire la réconciliation du monde entier sur des bases autres que celles de la vérité divine. (…) Voici que se formait une unité sans équivalent dans l’histoire (…) En fait, les vertus naturelles s’étaient soudain épanouies, tandis que les vertus surnaturelles avaient été méprisées. La philanthropie avait pris la place de la charité, le contentement celui de l’espérance, et la science s’était substituée à la foi. (…) Et Percy comprenait désormais que le chrétien ne pouvait plus que veiller et attendre, jusqu’au jour où le corps mystique sortirait décidément du tombeau. »

Sorti en 1906, ce livre est une véritable fresque de la fin des temps, œuvre pré-apocalyptique par excellence que l’auteur situe un siècle après son écriture, mais dans un cadre totalement futuriste (habitat sous terre, machines volantes, trottoirs roulants…).

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Paris sous la pluie

« Par les deux fenêtres qui sont en face de moi, les deux fenêtres qui sont à ma gauche, et les deux fenêtres qui sont à ma droite, je vois, j’entends d’une oreille et de l’autre tomber immensément la pluie. Je pense qu’il est un quart d’heure après midi : autour de moi, tout est lumière et eau. Je porte ma plume à l’encrier, et jouissant de la sécurité de mon emprisonnement, intérieur, aquatique, tel qu’un insecte dans le milieu d’une bulle d’air, j’écris ce poème. » Paul Claudel

Pour un mois d’août, le temps est particulièrement exécrable. Il pleut, le ciel est gris, et lorsque le soir tombe les températures chutent lourdement. Un temps à rester enfermée, ce qui n’est pas fait pour me déplaire à dire le vrai, mais un peu tristoune dans une période où une activité professionnelle quasiment en berne devrait permettre de flâner davantage dans les rues Paris sans parapluie.

Alors que fais-je à Paris sous la pluie quand elle s’est vidée non seulement de ses habitants mais également de quasiment presque tous mes amis ?

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Passer la soirée avec son amie Sucre d’orge

J’ai reçu il y a quelques jours au courrier une Wonderbox  de ma banque (oui oui de ma banque, je sais c’est un truc de dingue !) pour un restaurant et un cinéma de mon choix pour deux personnes.

Par mon choix, entendez parmi la liste que vous trouverez sur le site après inscription et validation du code barre, et réception d’un mail qui permettra de vous enregistrer et de sélectionner ensuite un resto et un ciné parmi les établissements adhérents à ce concept.

J’ai hésité à l’offrir après quelques agacements d’incompréhension du mode de fonctionnement, et puis quand ô miracle, je reçois le précieux sésame « vous êtes bien inscrite à notre programme », je considère finalement qu’il est bien dommage de ne pas en profiter en cette période estivale.

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Lettre à un jeune chrétien de Christiane Rancé

Et à ceux qui ignorent qu’ils le sont

« Quel que soit ton âge, c’est ton tour de vivre et d’aimer, et alors d’initier la renaissance secrète de l’âme du monde, dont chacun a la charge (…) renouer avec notre vocation à la vie, à la beauté et à l’amour ; anéantir notre complicité avec tout ce qui réduit, étouffe, catalyse notre élan à la joie et à notre espérance. (…) C’est pour cela que je t’écris aujourd’hui, pour que tu veilles à maintenir cette inquiétude alerte (…) pour ne jamais démériter de tes enthousiasmes, ni de ton héritage et ce à quoi il t’oblige. »

En rentrant de vacances, j’ai découvert dans ma boite aux lettres le dernier livre de Christiane Rancé, magnifiquement dédicacé, à la plume, signe d’un raffinement qui me ravit.

Je profite donc de ce billet pour remercier les éditions Tallandier et l’auteur pour ce geste qui me touche infiniment

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Romans de vacances

Mes pas m’ayant conduite cet été à poser mes valises auprès d’une abbaye de chanoines du sud de la France, j’avais rempli ma valise de livres spi et denses, de ceux qui se savourent et s’apprécient dans un mode proche du recueillement ou de la méditation.

Je les ai quasiment tous commencés, j’en ai racheté d’autres, un de mes frères les a tous lus, ce qui a suscité de nombreux échanges profonds le soir, mais la présence de mes enfants et d’une ravissante crique au pied de l’abbaye où ils ont passé de longues heures à se baigner et à peindre sur les galets, ont changé mes plans pour privilégier le roman, plus compatible avec ce type d’activité.

Je vous proposerai donc ultérieurement des billets sur ces livres quand ils seront achevés, mais en attendant, et pour les vacanciers du mois d’août, voici tout de même quelques ouvrages qui devraient vous ravir.

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Le resto des vacances

Chercher un havre de paix dans un coin reculé privé de toute connexion et de vie citadine était un pari osé. Je l’ai tenté, il a été brillamment relevé, mais qui dit coin reculé dit adieu petits bars et restos au bord de l’eau, adieu sorties nocturnes et adieu les plaisirs alimentaires.

Si ce n’était l’inénarrable épicerie du coin où trois tranches de jambon se battent en duel avec 4 pauvres saucisses, et encore quand elle n’a pas été dévalisée, vous en viendriez presque à regretter votre Monoprix Gourmet.

Tels les aventuriers de Koh-Lanta craignant la disette, nous avons initié un rationnement draconien de nos réserves, et nous fûmes si brillants en ce domaine que nous avons même réussi à sauver une boite de raviolis et un reste de riz. A 38 ans, j’ose l’avouer, je n’ai jamais été aussi heureuse que de retrouver le plaisir de savourer religieusement et parcimonie nos madeleines aux œufs frais Saint Michel – nos madeleines de luxe- en guise de dessert, le sachet d’un kilo ayant tenu la semaine.

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Nunc

 

« Nous ne nous interdirons pas à l’avenir d’être plus attentifs et vigilants. (…) Toujours, il convient de préparer sa mort, c’est la condition nécessaire afin de ne pas avoir à la redouter chaque jour et ainsi être contraint, réduit, limité, dans l’ampleur de son action. NUNC : agir, penser, écrire, créer : en somme composer quelques bouquets pour que la cité s’apaise et se réinvente. Vœu pieu autant que prétentieux ? Naïveté ? Nullement : vœu sage et responsable, contre le fiel de ceux qui, ne choisissant pas, font forcément et malgré eux, le choix du pire, le risque d’un bouquet délétère … » Réginald Gaillard (Responsable de publication de la revue NUNC, liminaire du n°42)

Si une année fut intense à plus d’un titre, c’est certainement celle qui vient de s’écouler tant elle fut l’occasion de rencontres aussi variées les unes que les autres, de questionnements, de quête personnelle, de recherche de point d’équilibre, d’aspirations sans cesse renouvelées, et rares furent les années où j’ai autant souhaité en ce début juillet me mettre au vert, en mode ermite.

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En vrac…

Une fois n’est pas coutume, j’ai décidé de changer quelques habitudes pour consacrer un billet unique à plusieurs sujets en même temps.

La grande question qui surgit immédiatement est : pourquoi ?

Un judicieux pourquoi mais dont la réponse risque fort de vous décevoir.

Outre le fait que j’aime beaucoup changer le ron-ron quotidien (l’intensité jaillit dans le renouveau), la raison principale est que j’ai lu ou vu de jolies choses ces dernières semaines, mais aucune qui, à mes yeux, a été de nature à susciter des billets à part entière.

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Je vous écris de la Terre Sainte de David Neuhaus

 

« Alors que notre pays était une fois de plus déchiré par la haine et la violence pendant l’été 2014, j’ai pris conscience que, plus que jamais, les disciples du Christ étaient aujourd’hui confrontés à de nouveaux dilemmes œcuméniques en Terre Sainte. (…) Où sont les disciples du Christ ? Dans la guerre entre Israéliens et Palestiniens, ils sont des deux côtés. (…) Dieu dans sa sagesse a semé les graines de la vérité de tous les côtés du conflit multidimensionnel qui engloutit la Terre Sainte depuis des décennies. Cependant la question de savoir où sont les disciples du Christ n’est pas seulement géographique. Il s’agit de savoir quelle position ils adoptent alors que le monde dans lequel ils vivent est plongé dans la guerre et la violence. »

J’ai lu cet ouvrage sur les vives recommandations de mon paternel, et je ne peux que l’en remercier car je le referme en ayant le sentiment de toucher du doigt une dimension spirituelle et œcuménique d’une grande intensité et dont je l’avoue je ne soupçonnais pas la richesse.

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Même les pêcheurs ont le mal de mer de Diane Peylin

« On a beau faire, les choses se répètent, se transmettent, qu’on le veuille ou non, on se fait du mal sans s’en rendre compte. Je n’ai pas voulu tout ça et pourtant… j’ai mal au ventre, moi qui n’ai jamais eu mal au ventre, je n’ai jamais eu mal nulle part, une véritable armure, ma carcasse. (…) J’aurais dû profiter de ce répit et prendre tout ce qu’il y avait à prendre, savourer cette exclusivité. J’aurais dû mais je ne l’ai pas fait, comme tant d’autres choses encore. « J’aurais dû » : ma nouvelle rengaine pour pallier les déchirures de l’existence. (…) J’aurais dû m’accrocher à ce sourire. »

« Tous les hommes ont le mal de père » aurait pu être le titre de ce roman choral.

Sur une petite île volcanique non dénommée où les hommes tirent de la pêche leur moyen de subsistance, trois hommes, grand-père, fils et petit-fils, s’affrontent dans une longue agonie intérieure où la quête de leur père les mure dans leur propre paternité.

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Les Atticistes d’Eugène Green

« Selon lui, Rome était tombée dans le vice de l’asianisme à cause du soleil et du ciel bleu qui y régnaient dans une démesure effroyable. Paris, en revanche, bénéficiait en toute saison d’une délicieuse petite pluie, d’un ciel gris, et de températures qui variaient peu entre décembre et juillet. Ce climat était un don de la Providence, qui protégeait la ville capitale de la France contre tout excès. »

Je connaissais Eugène Green réalisateur de films.

Je découvre Eugène Green écrivain.

Ce qui est extraordinaire dans la confiance donnée à autrui, c’est de pouvoir mettre ses pas dans les siens aveuglément ; non pas sans analyse ou recul, mais plutôt dans une forme d’abandon qui permet d’aiguiser et assouvir sa curiosité dans des terrains inconnus dont on sait par avance qu’ils sont balisés.

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La piste Pasolini de Pierre Adrian

« Pasolini a justement mis les mots sur mes inquiétudes. Je ne peux pas me confondre autant avec un écrivain. Il m’inspire autant parce que j’ai retrouvé chez lui cet appétit d’essentiel, l’humilité et la générosité du chrétien de chapelle. Et la répugnance pour le dogmatisme, la règle moralisante. J’aimais la profonde humanité de Pasolini, homme des actes gratuits et des relations humaines. Homme sans calcul, plus catholique que les catholiques. »

Il est étonnant ce Pierre Adrian que j’avais découvert à la lecture de son dernier livre «Des âmes simples».

Brillant et talentueux, cet ouvrage ne fait que confirmer ce qui déjà transpirait dans chaque page de son deuxième roman, mais en nous faisant marcher sur les traces de Pasolini, c’est une autre facette de sa personnalité qui nous est dévoilée.

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Va chemine et montre-toi

De ci, de là

Cahin-caha

Va ! chemine, va ! trottine

Va ! petit âne, va de-ci, de-là,

Cahin-caha, le picotin te récompensera.

« Vous ne vous montrez pas assez, vous êtes trop discrète. »

Toute en retenue me révèlerais-je, trop peu visible je serais.

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La passion de Thérèse d’Avila de Christiane Rancé

« Je découvrais enfin une sainte à mon goût, conquérante et aventureuse. (…). J’entendais ce pays (l’Espagne) comme l’une des plus hautes et des plus secrètes données de la vie spirituelle : les mystiques y tiennent lieu de philosophes et la poésie nourrit la théologie. (…) J’eus la certitude que ce pays avait été créé à la seule fin d’y louer la gloire de Dieu dans ce qu’elle a de plus déraisonnable et selon une idée supérieure et absolue, dont le génie catholique espagnole serait l’exaltation. »

Découvrir Thérèse d’Avila sous la plume de Christiane Rancé est un enchantement.

Christiane Rancé déploie tout son talent, son érudition et sa sensibilité pour nous immerger dans l’Espagne du XVIème siècle, alors première puissance politique de l’Europe, à la tête d’un empire grâce à l’or des Indes, l’Espagne des Hidalgos, des grands écrivains, des peintres, d’une culture qui irradie, Siècle d’or où la vie monastique est devenue un enjeu politique après la Reconquista des derniers territoires occupés par les Maures, l’Inquisition et surtout face à la montée du protestantisme de Luther.

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Tombée du nid et Petit à petit de Clotilde Noël

« Je souhaite que tout le monde puisse rencontrer ces enfants. Que chacun ait la chance d’échanger avec eux. Qu’il se laisse aimer. Qu’il arrive à percer leur mystère pour se laisser guider vers leur bonheur sans limite. Ils sont la clé qui manque à tous ceux qui réfléchissent trop pour vivre ou vivent trop pour réfléchir. Ceux qui oublient d’entendre leur cœur battre. Ceux qui ont tout matériellement, mais qui ne sont pas comblés, qui courent toujours pour attraper ce qui leur manque. (…). Le chromosome surnuméraire est comme un accent circonflexe sur le génome, (…) comme le mot âme avec son chapeau qui l’élève. »

 Chère Marie,

Une fois n’est pas coutume, je termine les deux livres de ta maman en ayant une folle envie de t’écrire à toi personnellement.

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Edmond d’Alexis Michalik

S’il y a une pièce à aller voir au théâtre en ce moment, c’est Edmond d’Alexis Michalik qui se joue actuellement au mythique théâtre du Palais-Royal.

Une pure merveille nominée sept fois aux Molières en 2017 retraçant la difficile création de Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand et sa première triomphale en décembre 1897 au théâtre de la Porte Saint Martin.

Douze comédiens se partagent les nombreux rôles, les scènes s’enchainent dans un rythme trépidant, les répliques sont superbement écrites, les personnages finement ciselés, les décors soignés, et l’humour cède le pas à l’émotion, le rire aux larmes quand se dévoilent petit à petit les vers d’une des plus belles pièces du répertoire français.

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Alcione de Marin Marais

Aller à l’Opéra un 7 mai 2017 est un moyen comme un autre de donner du sens à cette date qui crispe un peu sous les ornières.

Point donc ce jour de « suspens » en direct à la télé, de lectures avides des nombreux échanges sur les réseaux sociaux d’un sujet qui rend serein et léger, d’image qui s’affiche à 20h. Point d’élection présidentielle aujourd’hui si ce n’est la petite enveloppe glissée dans les urnes ce matin sous les yeux inquisiteurs de mes enfants.

Le 7 mai fut consacré à faire découvrir à mes trolls l’opéra, au sein du fastueux cadre de l’Opéra Comique qui ouvre à nouveau ses portes après 20 mois de travaux, et entame sa saison sur une création : Alcione de Marin Marais, sous la direction de Jordi Savall, qui s’est fait connaître du grand public pour avoir composé la musique du film Tous les matins du monde.

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Loin de toi, je dépéris

Il pleure dans mon cœur

Comme il pleut sur la ville ;

Quelle est cette langueur

Qui pénètre mon cœur ?

Ô bruit doux de la pluie

Par terre et sur les toits !

Pour un cœur qui s’ennuie

Ô le chant de la pluie !

Il pleure sans raison

Dans ce cœur qui s’écœure.

Quoi ! nulle trahison ? …

Ce deuil est sans raison.

C’est bien la pire peine

De ne savoir pourquoi

Sans amour et sans haine

Mon cœur a tant de peine !

Paul Verlaine

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La guerre civile qui vient est déjà là de Damien Le Guay

« La guerre civile est d’abord culturelle avant d’être sanglante. Elle s’installe dans les cerveaux avant de se servir de Kalachnikov et de bombes. Et chez nous, depuis trente ans, elle s’est développée au sein même du monde culturel. »

Voilà un livre dont je ne sais si je dois le recommander pour la qualité de son analyse ou le mettre aux oubliettes tant en le fermant je n’ai qu’une seule envie, foncer chez Castorama pour trouver une corde solide et me pendre.

La politique de l’autruche est en ce qui me concerne la meilleure des thérapies car un excès de lucidité sans filtre a une fâcheuse tendance à me conduire dans un état de dépression avancée, dont je me demande longuement comment en sortir.

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Hommage à Peter May

La sortie du dernier livre de Peter May, L’Ile au rébus, chez Rouergue, me donne l’occasion de rendre hommage à ce formidable écrivain qui fait date dans ma famille.

Il y a des auteurs comme cela qui, quoiqu’ils écrivent, quoiqu’ils publient, se lisent sans se poser de question, et Peter May, tout comme  notamment Michael D. O’Brien dont j’ai pu parler dans un précédent billet, fait partie de ceux-là.

Ses livres pris isolément ne sont pas tous des chefs-d’œuvre, mais quand on aime un écrivain, il me semble qu’il n’y a plus lieu de hiérarchiser ou de quantifier, et chaque nouvelle parution est une promesse de bonheur de lecture. J’ai donc tout naturellement dévoré son dernier livre ce week-end et me voici donc ce soir à l’essai pour tenter de lui rendre hommage.

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Un Roi Immédiatement de Marin de Viry

« La monarchie m’offre tout ce dont j’ai besoin : un honneur dans lequel je vois le courage, le don, la politesse, le respect de la parole donnée et reçue, la fidélité (…) La monarchie serait une nouvelle géométrie politique dans laquelle la grandeur et l’invisible auraient triomphé de la petitesse et de la banalité visible. (…) La grandeur c’est d’abord une histoire d’amour, une fragilité. Ce trésor ce n’est pas la position que l’on occupe dans la société ou l’idée excellente que l’on a de soi-même qui le gardera. C’est le soin que l’on apportera à ce que l’on aime. C’est le service. La grandeur, c’est servir, parce que servir c’est garder ce qu’on aime. Aussi la grandeur dans une monarchie n’est pas l’affaire des plus grands, mais de tous. »

A quelques jours du premier tour des élections présidentielles, voici une petite pépite littéraire qui rend le bulletin à glisser dans les urnes encore plus douloureux.

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Vis ma vie de bouilloire

Nous avons tous dans nos cuisines un ustensile indispensable, celui sans lequel nous nous sentons totalement démunis, celui que nous avons dû racheter une bonne dizaine de fois et dont il nous semble totalement improbable de vivre sans.

En ce qui me concerne, mon objet fétiche, tant aimé, utilisé chaque jour, matin et soir, et même plusieurs fois la journée durant les week-ends, c’est ma bouilloire.

Ah sacré bouilloire grâce à qui ma vie ne serait pas la même.

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La montagne morte de la vie de Michel Bernanos

« Je me sentais maintenant capable d’agir, même dans les pires situations. Bien sûr mon angoisse était loin de m’avoir quitté, mais j’avais fini par m’habituer à elle, et je pense que c’est cela le courage».

Je ne sais plus par quel mystère ce livre, dont j’avais lu de telles dithyrambes qu’il me semblait absolument indispensable de me le procurer, a été porté à ma connaissance, mais le fait est que je l’ai commandé (en librairie), que je l’ai lu et que je l’ai trouvé époustouflant.

Nous sommes loin ici des livres dont je parle habituellement sur mon blog, mais il serait dommage de ne pas rendre hommage à ce petit opuscule considéré comme « un chef d’œuvre sans équivalent dans la littérature française. »

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Marie-Antoinette – Correspondances privées

Interpréter Marie-Antoinette pendant plus d’une heure et quart seule en scène est une véritable gageure, d’autant que le sujet pourrait ne rallier qu’un public averti.

Il faut reconnaître cependant que le pari est brillamment réussi.

Tiré de la correspondance privée de Marie-Antoinette réunie dans l’ouvrage d’Evelyne Lever (édité chez Tallandier en 2005) et mis en scène par Sally Micaleff, le spectacle devient une véritable performance théâtrale grâce au talent de Fabienne Périneau.

Uniquement composé de lettres écrites par Marie-Antoinette elle-même, le récit, porté par un décor épuré qui s’efface au profit de la sublime et solaire Fabienne Périneau, nous fait entrer dans l’intimité de Marie-Antoinette à travers un texte chronologique balayant sa vie depuis son mariage (1770 – elle avait 15 ans) jusqu’à sa mort, le 16 octobre 1793.

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Trois saisons d’orage de Cécile Coulon

« Les hommes estiment pouvoir dominer la nature, discipliner ses turbulences, ils pensent la connaître. Ils s’y engouffrent pour la combler de leur présence, en oubliant, dans un terrible excès d’orgueil, qu’elle était là avant eux, qu’elle ne leur appartient pas, mais qu’ils lui appartiennent. »

Voilà un roman que l’on peut qualifier de puissant, puissance de la nature, puissance de la passion, puissance de la terre.

Une pure saga familiale portée par le rythme de la vie rurale au sein des Trois-Gueules, endroit reculé qui a pris son essor après la Libération grâce à sa roche arrachée à la falaise, attirant les « fourmis blanches » loin de la ville, monde ouvrier se mêlant aux habitants résistant tant bien que mal à la dureté du climat, du lieu, de l’éloignement et qui pourtant, pour rien au monde, ne quitteraient cette terre qui les a vus vivre et mourir.

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Quelques collectionneurs de Pierre Le-Tan

« Dans cette atmosphère feutrée, chaque objet avait une telle présence qu’il n’avait sans doute besoin de rien d’autre, et surtout de personne. (…) Il devait éprouver une satisfaction éphémère, peut-être absurde mais si grande, d’être entouré des objets qu’on a choisis et qu’on aime. »

Certains livres sont de beaux objets en tant que tels, et celui-ci en fait assurément partie.

Délicieusement émaillé de dessins de Pierre Le-Tan lui-même, avec une couverture en grain cartonnée à double rabat, il est rare en dehors des bandes dessinées ou des livres pour enfants, de pouvoir lire des récits illustrés pour adultes.

Ne serait-ce que pour le plaisir des yeux, ce livre mérite a minima d’être feuilleté pour retrouver ce coup de crayon si caractéristique qui a forgé la renommée de Pierre Le-Tan.

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Un jardin avec horizon d’Hélène Raveau

« Ma mère me sourit du haut de la table. Dans une tournoyante lenteur, notre vaisseau de terre et d’herbe continue à s’élever, abandonnant en bas ce que les hommes ont fait de lui : intact, intouchable, il s’enfuit plus haut, il nous emporte dans ses feuilles, dans ses odeurs, vacillant un peu au milieu des nuages. Je ne vois que des visages heureux. »

 Je ne dirai jamais assez combien facebook, bien utilisé, est un formidable réseau de rencontres et d’amitiés de très grande qualité.

Rien ne me touche davantage que celles et ceux qui nous font partager discrètement leurs coups de cœurs littéraires, musicaux ou cinématographiques, émaillent les jours de jolies citations, de tableaux, de photos, qui sont autant d’occasions de découvrir ou redécouvrir le génie créatif de l’être humain.

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Félix et Elisabeth Leseur de Bernadette Chovelon

« Aller de plus en plus aux âmes et les aborder avec respect et délicatesse, les toucher avec amour. Chercher toujours à comprendre toutes et tous. Fortifier son intelligence ; agrandir de plus en plus son âme. Mettre dans tous mes actes, mes paroles, mes gestes même, une mesure, une douceur qui deviennent l’affirmation constante de ma sérénité intérieure » Elisabeth Leseur

Quel émerveillement que la découverte de ce couple magnifique, brillant, mondain, cultivé, amoureux et qui pourtant ne se rejoignit jamais de leur vivant sur ce qui rendit la vie d’Elisabeth si exceptionnelle et si féconde : la Foi.

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Soumission de Michel Houellebecq

« Je me rendais bien compte pourtant, et depuis des années, que l’écart croissant, devenu abyssal, entre la population et ceux qui parlaient en son nom, politiciens et journalistes, devait nécessairement conduire à quelque chose de chaotique, de violent et d’imprévisible. (…) Jusqu’à ces derniers jours j’étais encore persuadé que les Français dans leur immense majorité restaient résignés et apathiques. (…) Je m’étais trompé ».

Certains livres vous font de l’œil depuis leur sortie, vous connaissez leur existence, vous savez de quoi ils parlent, vous ne doutez pas du talent immense de leur auteur qui confine au génie, et pourtant, vous savez pertinemment  au fond de vous que si vous les lisez, il est plus que probable que l’effet qu’il vous procurera vous ferait presque regretter de les avoir ouverts.

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Comprendre l’islam d’Adrien Candiard

Ou plutôt : pourquoi on n’y comprend rien

« Dans la situation dramatique qui est la nôtre, où les défis qui nous sont posés sont considérables, rien n’est plus urgent sans doute que de prendre le temps de comprendre en profondeur ».

Oyé, oyé, chers amis, me revoilà.

Point de désespérance ou d’âme égarée me conduisant à fuir le clavier, mais des journées sans fin où évènements personnels et professionnels se sont conjugués pour me laisser très peu de disponibilité d’esprit.

Ma baby-sitter régulière déjà qui nous a « lâchés » du jour au lendemain, m’obligeant à puiser dans les réseaux de mamans du quartier à la recherche de leurs « grands » en quête de petits boulots, et une semaine de travail particulièrement chargée ponctuée de « tu pars déjà » ou « bon après-midi » alors que j’étais en rade de nounou, m’ont légèrement crispée.

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L’aubaine d’être né en ce temps de Fabrice Hadjadj

« La foi en Dieu implique la foi en l’aubaine d’être né dans un tel siècle et au milieu d’une telle perdition. Elle commande une espérance qui dépasse toute nostalgie et toute utopie. Nous sommes là, c’est donc que le Créateur nous veut là. Nous sommes en temps de misère, c’est donc le temps béni pour la miséricorde. Il faut tenir notre poste et être certains que nous ne pouvions pas mieux tomber »

 Merveilleux Fabrice Hadjadj.

En voilà un homme qui sait parfaitement utiliser les termes qui me causent, me touchent, me redressent, m’enthousiasment.

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Tu ne m’aimes pas suffisamment …

 « Aimer beaucoup, comme c’est aimer peu ! On aime, rien de plus, rien de moins » Jean Cocteau

« Maman, tu m’aimes ? »

« Bien sûr que je t’aime mon chéri, quelle question ! »

« Tu m’aimes comment ? »

« Très fort mon cœur, je t’aime très fort ! »

Mon fils pose ses couverts, lève la tête, son sourire s’efface …

« Qu’est-ce qu’il y a ? Qu’ai-je dit ? »

« Tu ne m’aimes pas suffisamment… »

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Les cathos de Linda Caille

Enquête au cœur de la première religion de France.

Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je reçus il y a une quinzaine de jours un mail des Editions Tallandier me demandant si je serais intéressée pour lire et recenser un livre à paraître de la journaliste Linda Caille enquêtant sur les catholiques de la France d’aujourd’hui.

Il se serait agi d’un livre sur la culture des champignons en Amazonie que ma fierté n’en aurait pas été moins grande, mais fort heureusement pour moi, le choix était plus ciblé. Je réceptionnais donc il y a une dizaine de jours  ce livre dans ma boîte aux lettres, le destinataire étant « Blog – A la recherche du temps présent » avec mon nom et mon prénom en-dessous. Ce double évènement étant une grande première en soi (recevoir un livre d’un éditeur et de surcroit en ciblant mon blog), je me permets de le souligner car ce 17 février 2017 fut pour moi un jour de grande émotion marqué en gros, gras et souligné dans mon journal.

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Je voudrais des tomates…

Il est tellement usuel de se  faire interpeller pour une cigarette, une petite pièce ou un ticket restaurant que lorsqu’hier au soir, en m’apprêtant à entrer au monoprix pour acheter des cadeaux pour des anniversaires auxquels étaient conviés mes trolls ce week-end, un monsieur avec son petit chien faisant traditionnellement la manche dans mon quartier me demande si je peux lui acheter des tomates, je l’ai fait répéter trois fois.

Pensant qu’il avait faim, et la demande de tomates me semblant totalement incongrue, je lui pris un gros sandwich et un dessert disponibles près de l’entrée, mon choix étant, il faut bien l’avouer, dicté surtout par le fait qu’ils se situaient au même niveau de caisses que les quelques bricoles que j’étais venue acheter et que j’étais un peu pressée, lasse également de cette longue journée qui n’en pouvait plus de durer.

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Avec ferveur et vergogne

« Sans une solide humilité, il n’est pas possible de conserver une foi bien pure. » Louis Bourdaloue

Lors d’un débat remarquable sur le thème « Chrétien français ou Français chrétien ? » réunissant Fabrice Hadjadj, Don Paul Préaux et Natacha Polony, la question fut posée du sens que chacun donnait à leur vie, dans ce monde, à cette époque et dans ce lieu.

Avec toute la finesse et l’érudition de son esprit qui ne sont plus à démontrer, Natacha Polony a développé longuement son propos en terminant sur ces quelques mots : « bien qu’étant athée, ce qui m’anime profondément chaque jour, c’est la ferveur, en ce qu’elle recouvre l’ardeur, l’enthousiasme, la passion, et la vergogne c’est à dire la pudeur, la retenue. »

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Un air de famille

Qui se souvient du film culte Un air de famille, réalisé par Cédric Klapisch en 1996, ne pourra qu’éprouver un immense plaisir à retrouver cette pièce qui se joue actuellement au Théâtre de la Porte Saint Martin.

Pour mémoire, ce film était inspiré de la pièce de théâtre éponyme de Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui, deuxième pièce du couple d’auteurs après Cuisine et dépendances , pièces qui non seulement ont connu un immense succès populaire au début des années 90 mais ont obtenu chacune le Molière du meilleur spectacle comique (respectivement en 1992 et 1995).

Cuisine et dépendances a également fait l’objet d’un film réalisé en 1992 par Philippe Muyl.

Ces deux pièces, remises en scène par Agnès Jaoui, s’alternent en ce moment au Théâtre pour notre plus grand bonheur.

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Le bonheur et autres broutilles de Patrick Tudoret

En voilà un beau titre de Saint Valentin qui fleure bon la joie de vivre.

Le sous-titre est plus concret « Chroniques du Journal La Montagne », mais au moins il permet de savoir de quoi on parle.

Enfin… encore faut-il connaitre La Montagne. Que la peste soit de mon inculture, et Dieu sait si je m’attèle vigoureusement à remplir les trous, mais La Montagne (je donne des précisions pour les ignares de mon espère afin de vous éviter de vous jeter sur Wikipedia) est un quotidien régional sis à Clermont-Ferrand diffusé en Auvergne et dans une partie du Limousin. Il eut pour particularité (notamment) de diffuser de célèbres chroniques rédigées par des écrivains de renom (Tillinac, Vialatte, Sepulveda, Taillandier ….) dont Patrick Tudoret.

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Merci qui? Merci Daddy

« Ce qui fait que les grands-pères s’entendent aussi bien avec les petits enfants, c’est que, pour ces derniers, la vie n’est pas encore assez sérieuse et que, pour les aïeuls, elle ne l’est plus autant. Tristan Bernard »

Parler de son père quand on est sa fille est certainement un des exercices les plus difficiles, surtout quand on est doté d’un père multiforme, aux facettes diverses, au caractère affirmé et d’une richesse  et densité intellectuelles d’une si grande ampleur que le définir serait déjà le limiter.

Je me garderai bien d’en faire un portrait, même si je pense que ce serait certainement ma plus belle déclaration d’amour, étant tous deux des pudiques maladifs des sentiments, mais mon côté exalté à l’écrit le mettrait sur un piédestal et laisserait penser à tort que je n’ai pas coupé le cordon ombilical. Je sais par ailleurs d’avance que mes frères et sœurs ne verraient pas le même père.

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Le fou de New-York de Michael D. O’Brien

« Les hommes sont habitués à faire des évaluations objectives sur des situations dévastatrices tant qu’ils ne sont pas immergés dedans. Rare est celui qui garde son objectivité au milieu des afflictions personnelles »

 Je profite de la sortie du dernier livre de Michael D. O’Brien, pour vous parler et rendre hommage à cet auteur exceptionnel.

Ce blog n’existait pas encore à l’époque où j’ai commencé à lire ses romans et je n’ai donc pas eu l’occasion de vous part de l’intensité de son œuvre prodigieuse qui reste parmi mes plus belles découvertes littéraires.

Je suis donc ravie, en parlant de son dernier livre, de pouvoir vous en toucher quelques mots.

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Hommage au cinéma de Cheyenne-Marie Carron

J’ai longtemps consommé les films comme un pur loisir, sans même je l’avoue tenir compte du nom du réalisateur, ce qui, avec du recul, me semble complètement aberrant. Il en allait des films comme des musiques que nous écoutons à la radio : on les connait, on fredonne les chansons, mais au blind-test ou au Trivial Pursuit, c’est généralement la question joker, le camembert manquant, celui qui fait qu’on reste toujours perdant sauf à tomber sur la question miracle ultra facile !

En littérature, il ne me viendrait jamais à l’idée de ne pas regarder et retenir le nom des écrivains des livres que je lis et c’est bien parce que je les connais ou apprends à les connaitre, que mon choix en est d’autant plus avisé.  Mais en matière cinématographique, illustres inconnus bien souvent, ce n’est qu’assez récemment que j’ai commencé à pouvoir dresser des filmographies et à m’intéresser à la démarche artistique de leurs auteurs.

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La la Land de Damien Chazelle

La mort du petit Gaspard m’avait profondément affectée depuis mercredi et j’ai eu le cœur bien lourd les jours qui ont suivi.

J’ai eu toutefois le privilège de pouvoir assister à la messe d’enterrement ce matin, deux heures de cérémonie où les larmes ont inondé les visages, mais une force et une Foi à soulever les montagnes. La messe était magnifique, les chants, les textes somptueux, et ce moment restera longtemps gravé dans mon cœur, faisant partie de ces trop rares occasions de communauté et d’unité spirituelle intense.

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Demain dès l’aube, à l’heure où les âmes s’envolent …

Comme beaucoup aujourd’hui, nos cœurs se sont déchirés en lisant au réveil cette phrase : « Chers amis, nous avons l’immense tristesse de vous annoncer la mort de notre petit Gaspard. Son âme de chevalier est montée au Ciel mercredi 1er février en début de soirée. La peine qui nous habite est immense. Nous vous confions à vos prières et vos pensées, plus que jamais. Nous avons vraiment besoin de vous. Gaspard, mon fils, maintenant, c’est à toi de jouer. Va, cours, vole et console tous ceux qui pleurent. »

Nous sommes nombreux, rassemblés par milliers, à avoir suivi Gaspard, entre Ciel et Terre, atteint d’une maladie dégénérative dont les jours comptés ont été d’une incroyable fécondité, les proches, la famille mais également la foule des inconnus émus et touchés profondément par cette famille si digne, témoignant à travers leur Foi, de cette épreuve si dure.

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Les nouveaux enfants du siècle d’Alexandre Devecchio

Les livres ou les films qui nous ont le plus marqués sont bien souvent ceux de notre enfance. Telle la fameuse madeleine, ils ont la saveur de la nouveauté et de la rareté aussi, de la découverte, des premières grandes émotions, et force est de constater que si nos goûts évoluent, murissent, s’approfondissent, il n’en demeure pas moins que même adultes nous vibrons encore pour les mêmes sujets.

Je passe sur les romans de ma prime jeunesse dont je pourrais certes parler pendant des heures, mais qui dans ce billet auraient peu d’intérêt, pour aller directement à la période de mes 18-20 ans qui marque le début de ma construction intellectuelle.

L’auteur qui fut pour moi une vraie rencontre, un éblouissement et a transformé profondément et durablement ma pensée, est Jean Daujat.

Je me souviens à l’époque m’être ouverte à mon paternel de l’inconfort intellectuel et de l’instabilité que je ressentais face au relativisme de la pensée des cours de philosophie en particulier et des débats d’idées en général, et il me sortit de sa bibliothèque : « Y a-t-il une vérité ? »

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Le musée Nissim de Camondo

Comprenant assez rapidement que je rêverais de travailler sur une table Louis XVI avec une jolie lampe de bibliothèque plutôt que sur cet affreux mobilier dont on nous gratifie dans les entreprises, mon patron bien-aimé m’a chaudement recommandé  à plusieurs reprises d’aller visiter le musée Nissim de Camondo qui se trouve être à deux pas de nos bureaux.

Je connaissais déjà le magnifique musée Jacquemart-André qui est également dans mon quartier professionnel et dont j’ai eu l’occasion de parler dans un précédent billet, mais, me disait-il, le musée Nissim de Camondo devrait vous plaire davantage.

Profitant d’une accalmie professionnelle, je me suis donc offerte aujourd’hui une escapade méritée entre midi et deux pour aller dans ce lieu tant vanté, en compagnie d’un de mes amis et néanmoins collègue de travail (le fameux homme mythique).

Et ô combien il a eu raison !

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Des âmes simples de Pierre Adrian

« La Foi est une épreuve de la réalité. Il faut éprouver pour aimer. L’intelligence du cœur, voilà le réalisme ».

Déplacement professionnel oblige, j’ai passé pas moins de 7h dans le TGV aujourd’hui ce qui, outre le fait de pouvoir roupiller entre mes appels et mails quotidiens, m’a permis de finir non seulement mon livre en cours mais également d’en écrire un billet dans la foulée.

La preuve vivante qu’à tout évènement pouvant sembler pénible de prime abord, il en ressort toujours quelque chose de positif dès lors qu’on ne focalise pas exagérément sur ses aspects négatifs.

Hasard ou continuité de mes lectures précédentes (à croire que les livres s’appellent entre eux), je suis tombée sur Des âmes simples de Pierre Adrian dont le titre, faisant doucement écho à celui du dernier livre de François Cheng, m’a séduite.

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De l’âme de François Cheng

« Savoir qu’on a une âme, c’est porter une attention éveillée aux trésors qui peuvent s’offrir dans la grisaille des jours, laquelle s’exerce à tout ensevelir. L’itinéraire de notre âme est notre vraie vie »

Comment parler d’un tel livre sans être tentée malgré soi de le paraphraser constamment.

François Cheng, c’est un troubadour des âmes, un chantre des pensées élevées, un poète de la vie, un orfèvre des sentiments, un luthier qui fait vibrer l’Essentiel.

Au-dessus du monde, touchant du doigt l’Eternel, frémissant au souffle de l’Invisible, palpitant à l’ombre de la Divinité qui vient transcender notre humanité, il n’est pas surprenant qu’il s’émerveille devant la grande mystique  Hildegarde de Bingen (« Le corps est le chantier de l’âme où l’esprit vient jouer ses gammes »), le livre magnifique de Christiane Rancé « En pleine lumière » dont j’ai pu parler dans un précédent billet ou Simone Weil dont la vie toute entière fut un cheminement vers l’âme.

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Le temps des chefs est venu de François Bert

« A la France, pays qui m’a vu naître, me nourrissant de ses siècles d’Histoire héroïque, de ses saints, de sa poésie, de ses splendeurs cachées au coin des paysages et de sa joie de vivre en dépit des épreuves. »

J’avoue tout de go qu’il fallait que je connaisse son auteur, et que je sois sensible aussi bien à son parcours personnel et professionnel, qu’à sa si belle plume de laquelle jaillissent régulièrement quelques vers ou tirades livrés sur facebook, pour que je me lance dans la lecture de ce livre.

Non point que je sois dénuée de convictions politiques ou totalement désintéressée de la chose publique, mais comme François Bert le rappelle si justement, « il y a en France une vraie désespérance politique et sa forme première est l’abandon progressif d’une confiance possible dans les hommes politiques. »

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Et la lumière fut de Jacques Lusseyran

« La joie ne vient pas du dehors. Elle est en nous quoiqu’il nous arrive.

La lumière ne vient pas du dehors. Elle est en nous, même sans les yeux. »

 Pour commencer cette nouvelle année, je vous adresse comme vœu cette petite pépite reçue en cadeau de Noël, qui boucle une merveilleuse année passée en partie avec vous lecteurs et qui a démarré en septembre 2016.

Ce profond désir de partager une quête de la joie et de la liberté intérieure ancrées dans le temps présent m’a permis de sauter le pas de ce petit blog et conduite à coucher des mots qui me trottaient dans la tête depuis longtemps.

Ils ont réussi à émerger pour finir par vivre de façon autonome, me dépasser et occasionner des rencontres inédites, discrètes ou plus intenses, toujours riches et toujours émouvantes, ne serait ce que parce que je ne connais pas la majorité d’entre vous ni la plupart des auteurs que j’ai pu lire, visionner ou aller voir cette année.

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Sans même un adieu de Robert Goddard

En cette période de fin d’année propice à la rêverie et à la lecture, je sors des livres spirituels et des portraits pour vous parler aujourd’hui de cette jolie maison d’édition que j’affectionne particulièrement : Sonatine éditions.

Les romans sont souvent dénigrés par les grands lecteurs ou les intellectuels, considérés à tort comme un art mineur et tristement relégués au rang de pur divertissement.

Comme cela est fort dommage !

Si nous considérons que le roman, bien au contraire, est l’art de décrypter la nature humaine dans toute sa complexité, à travers une époque et des circonstances bien déterminées, il devient un art majeur, comparable à nul autre pareil pour appréhender ses semblables.

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Bonté divine ! du Père Zanotti-Sorkine

« Il ne suffit pas de dénoncer, il faut vivre autrement». Georges Haldas.

Il n’est plus besoin de présenter ce prêtre éblouissant à la foi irradiante, au parcours atypique, tour à tour poète, écrivain, chanteur, apôtre infaillible du Christ, à la plume enlevée et au verbe lumineux.

Si le Ciel nous envoie des pêcheurs d’hommes pour remuer les consciences au moment où nous en avons le plus besoin, nul ne peut douter que le Père Zanotti-Sorkine, tout comme le Pape François, fait partie de ces êtres hors norme et hors cadre, pétris du feu de Dieu, dotés de cette capacité à toucher les âmes, remuer les cœurs, bouger les lignes, nous tirer vers le haut, en rendant  Dieu, Jésus, la Vierge Marie et tous les Saints, vivants, accessibles, présents dans notre quotidien.

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L’homme Sapience

Stat Crux dum volvitur orbis (La Croix demeure tandis que le monde tourne)

J’ai longuement hésité à dresser le portrait de l’homme Sapience, car étrangement, il est plus difficile de parler d’êtres très proches en raison de l’impudeur dévoilée qui peut jaillir des grandes intimités.

Mais l’homme Sapience a 30 ans aujourd’hui.

Tout juste 30 ans avec cependant la maturité d’un homme qui aurait déjà eu dix vies.

L’homme Sapience, il se balade aussi sur mon arbre généalogique, pas loin de l’homme Baloo avec qui il forme une paire hors pair et pas uniquement en raison de la stature, mais il ne faut pas se fier à la place que les règles en la matière lui octroieraient en raison d’une simple année de naissance. Il est hors cadre, hors règles générales, hors postulat de base, insaisissable et cependant si accessible.

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L’homme Baloo

Il en faut peu pour être heureux, vraiment très peu pour être heureux, se satisfaire du nécessaire.

L’homme Baloo, tout comme la femme Concrète, est un spécimen unique en son genre. A tout le moins, pour être précis, un exemplaire non égalé dans mon entourage.

Sa devise pourrait être une citation de Paul Valéry :  « L’homme heureux est celui qui se retrouve avec plaisir au réveil » ou de Horace « Aucun poème écrit par un buveur d’eau ne peut connaitre un succès durable. »

L’homme Baloo a le physique de l’homme mythique, mais version » gaulois » : blond, barbu, des mains de charpentier, une force herculéenne, un physique imposant.

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Whiplash de Damien Chazelle

Je voudrais parler aujourd’hui d’un film sorti en 2014, revu tout récemment : Whiplash,  film dramatique américain, écrit et réalisé par Damien Chazelle.

Un film magnifique,  mais qui semble injustement trop méconnu en dépit de ses 14 prix et 16 nominations.

Nous pouvons lire sur l’affiche « duel inoubliable », « jouissif », « une révélation », et pour une fois, ces termes sont loin d’être galvaudés.

Nous suivons Andrew (Miles Teller), 19 ans, qui ambitionne de devenir l’un des meilleurs batteurs de jazz de sa génération. Au sein du prestigieux conservatoire de Manhattan où il s’entraine avec acharnement, il est rapidement repéré par Terence Fletcher (J. K Simmons), professeur impitoyable et intraitable, en charge du fleuron des orchestres de jazz de cette école.

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La liberté intérieure de Jacques Philippe

« Tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu »

Ce soir, je voudrais vous parler d’une petite pépite.

Un livre qui vous fait aimer davantage celui ou celle qui vous en a parlé, qui vous dilate le cœur, vous magnifie, vous transcende (j’adore ce mot, on pourrait écrire des tartines sur le verbe transcender, il est magnifique et tellement évocateur).

Un livre de 162 pages à 8,10 €, qu’il serait donc fort dommage de ne pas s’offrir surtout quand on en lit le titre, le clame, y aspire profondément : la liberté intérieure.

Un vaste programme d’une simplicité évangélique au fond, mais les choses les plus simples sont curieusement les plus difficiles à mettre en œuvre.

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L’homme mythique

Après quatre portraits de femmes, je décide ce soir de m’essayer aux portraits d’homme.

Avec du recul, c’est amusant que mes amies féminines m’aient inspirée plus spontanément que mon entourage masculin, alors que, je dois l’avouer, je me sens généralement plus d’accointance avec la gente masculine. Je dois peut-être, et fort certainement, mettre cela sur le compte de la personnalité de mes amies si différente de la mienne, qui, par certains côtés, me fascine et leur confère un aspect tout à fait extraordinaire.

Les hommes sont souvent de bonnes amies sans en avoir les défauts, ce qui permet à mon sens des relations tout à fait hors normes, hors cadre, de franche camaraderie, sans jalousie ni comparaison, et mes meilleures soirées de rigolade sont le plus souvent celles que j’ai passées avec mon entourage masculin.

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Elvire au pays de l’Ennéagramme

« De la faille, jaillit la lumière »

Il était une fois, au royaume de l’Ennéagramme, un Roi et une Reine qui décidèrent de réunir les sujets de leurs neuf territoires, pour qu’ils expérimentent ensemble le bonheur de la richesse et de la diversité de la nature humaine.

Officiellement, le carton d’invitation indiquait « apprendre à mieux se connaître pour oser changer ». Mais le Roi et la Reine savaient dans leur for intérieur qu’apprendre à mieux se connaître est l’antichambre du chemin de l’acceptation de soi, non pas en tant que résignation ou révolte, mais comme source de  conquête de sa liberté intérieure.

Cependant, le Roi et la Reine ne brusquent jamais, ils proposent sans forcer, et offrent les outils pour que de nos blessures et de nos faiblesses jaillissent les talents qui nous animent, dans une douce évidence.

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Je suis en panne

Certains me réclament des billets mais je suis désolée, c’est affreux, je n’ai plus rien à dire, plus d’inspiration, que dalle. J’en ai commencé plusieurs mais je n’arrive pas à les finir.

Je cherche le carburant mais il faut croire qu’il faille me remettre en chemin pour trouver ce qui va alimenter la source qui s’est tarie.

Pour des besoins professionnels, j’ai passé ma journée en voiture, et un mot est revenu dans nos conversations en ce jour post Primaires, c’est celui de « clivant » : la politique est clivante, la religion est clivante, nos convictions sont clivantes, les débats sur facebook sont clivants, certaines relations sont clivantes, le poids du passé est clivant, les valises que nous trainons sont clivantes et il est facile de se perdre dans ces méandres qui finissent par obscurcir voire cacher le Cap.

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A la place du mort de Paul Baldenberger

Un premier roman, un livre coup de poing, un livre magistral, un livre éreintant.

Alors qu’il attendait dans la rue celle qui était l’objet de ses premiers émois amoureux, un garçon de douze ans est enlevé sous la menace puis violé à l’arrière d’une voiture dans un parking souterrain. L’auteur ne nous épargne aucun détail dans ce récit où s’entremêlent dans un même souffle ces trois heures qui feront tout basculer et les années de son enfance et celles qui suivront.

Au-delà de l’évènement épouvantable autour duquel s’articule tout le récit et qui pourrait en lui-seul rebuter les âmes trop sensibles, nous assistons à un véritable voyage intérieur de cet enfant devenu adulte.

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La femme incandescente

Ah la femme « incandescente », quelle femme ! Elle est éblouissante, fascinante, une amie précieuse, une amie de vie.

La femme « incandescente » brille d’elle-même, comme un phare dans la nuit qui ramène les navires perdus au port, et devient d’autant plus lumineuse que sa vie intérieure est riche.

La femme « incandescente » est une femme qui de prime abord impressionne. Elle est volontaire, décidée, porte haut, et ne semble affectée par rien. Vous la repérez immédiatement dans une foule et vous vous sentez attirée par elle comme un aimant, tout en n’osant pas l’approcher car vous vous dites qu’est-ce qu’elle pourrait bien me trouver.

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La femme sucre d’orge

Ce que je ne soupçonnais pas en écrivant mes petits billets à travers ce blog, c’est la réaction de mes amis les plus proches qui, étonnamment, m’ont découverte à travers ce que je pouvais écrire. C’est dire si une trop grande pudeur nuit par certains aspects à la profondeur des relations, à moins d’être doté visiblement d’une grande connaissance de la nature humaine qui supplante les non-dits.

Certains s’enthousiasment davantage sur les recommandations littéraires ou les sorties, d’autres pour les billets que j’appelle « air du temps » au sein desquels je parle de tout, de rien, de ma vie.

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Les grandes figures catholiques de la France de François Huguenin

Ce livre a bénéficié de si belles et si nombreuses critiques que ma pierre à l’édifice va sembler superfétatoire à tous ceux qui l’ont déjà lu, dévoré, apprécié et offert.

Malgré tout, ayant une affection toute particulière pour son auteur dont les centres d’intérêts et les qualités humaines sont si variés, riches et partagés sans réserve à tous, et que j’en ai bénéficié à plus d’un titre, il m’était impossible de ne pas faire figurer ce livre parmi les billets de mon blog.

J’étais aux premières loges lors de sa sortie officielle, mais j’ai pris mon temps pour le lire, car je tenais à savourer les quinze portraits qui sont dressés, balayant quinze siècles d’histoire, de Clovis à Charles de Gaulle, en passant par Richelieu, Pascal ou Saint Vincent de Paul. Des rois, un président, un cardinal,  un moine, un savant ou des saints,  des personnages très divers mais qui ont en commun un vrai amour de la France et une foi catholique incontestable.

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Monsieur le Curé fait sa crise de Jean Mercier

« Rien ne va plus dans la paroisse de Sainte-Marie-aux-Fleurs, à Saint-Germain-La-Villeneuve : les membres de l’équipe florale se crêpent le chignon, une pétition de fidèles circule contre le curé, l’évêque est mécontent, la chapelle Sainte-Gudule est menacée de démolition, on a vandalisé le confessionnal et la vieille Marguerite entend parler les morts… Sans compter que Monsieur le curé a disparu ce matin. »

Telle est la quatrième de couverture de ce livre truculent, empli d’humanité et de réalisme sur le quotidien d’un curé de paroisse qui, sous le joug des tâches administratives, de la gestion des conflits de ses paroissiaux, de la solitude vis-à-vis de sa hiérarchie et d’un sentiment d’échec à ramener les brebis au bercail hostiles à tout changement, décide de s’enfuir.

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La vocation de la maternité

En route vers l’accomplissement de son être profond

Il est un domaine qui me touche intensément et dont je parle régulièrement car il m’est particulièrement cher, c’est celui des enfants, et par voie de conséquence, celui plus large de la maternité.

Ce grand mystère de la vie n’a de cesse de m’émerveiller, de me bousculer, de me surprendre, de m’émouvoir, de m’interpeller, au point de me pousser toujours plus avant à scruter et découvrir l’âme humaine.

La vie qui est la mienne aujourd’hui me conduit à devoir me détacher régulièrement de mes chérubins et cette éviscération périodique a eu pour seule vertu, et non la moindre, de devoir m’interroger de façon récurrente sur le sens de la maternité.

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En pleine lumière – Carnets spirituels de Christiane Rancé

Si un seul livre devait résumer l’état d’esprit de mon blog, cette recherche permanente d’apprendre à savourer le temps présent tel qu’il nous est offert dans sa beauté et ses épreuves, je choisirais sans hésiter ce livre de Christiane Rancé.

Romancière et essayiste, Christiane Rancé n’en est pas à son premier ouvrage et a été plusieurs fois primée, notamment pour son livre La Passion de Sainte Thérèse d’Avila, prix de l’essai de l’Académie française en 2015.

Je ne l’ai cependant découverte pour ma part que tout récemment grâce à un ami, et son passage dans l’Esprit des Lettres lors de l’émission de septembre 2016, m’a transportée. Dès le lendemain, je courais en librairie acheter son dernier livre que je referme avec émerveillement.

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I Want it Darker de Leonard Cohen

Pour passer le week-end sous le signe de la grâce, je ne peux pas ne pas vous parler du dernier album de Léonard Cohen qui est une pure merveille.

Quatorzième album studio, le chanteur de 82 ans nous signe là une œuvre absolument éblouissante qui prépare son trépas, certains ont même écrit son « kaddish ».

Le titre éponyme de l’album où il murmure de sa voix inoubliable, rauque, de plus en plus grave et qui émerge des profondeurs, « I’m ready my Lord » est de toute beauté.

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Acting de Xavier Durringer

Ceux qui suivent mes petites critiques artistiques depuis un moment, savent que je suis une grande amoureuse du théâtre.

Il y a pour moi dans le théâtre l’expression d’une quintessence du génie humain, qui transcende les comédiens eux-mêmes, et porte spectateurs et acteurs, le temps d’une pièce, dans une forme de communion qui tire vers le haut.

C’est le propre des grands comédiens que de créer cette magie lors de leur entrée sur scène, où à peine les lumières éteintes, le public est comme suspendu aux mots déclamés. Le théâtre ne permet ni triche, ni masque, l’instant existe dans sa vérité crue et un lien unique se crée chaque soir entre les artistes et la salle.

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La femme Clématite

Je n’aurais jamais pensé que mon petit billet sur la femme « concrète » aurait eu autant de succès, et s’il ne voulait que dépeindre avec amour et humour une de mes belles-sœurs qui a effectivement ce trait de caractère très ancré dans la vie et un sens des réalités dénué de tout reliefs jugés inutiles, j’ai beaucoup ri en lisant les commentaires des unes et des autres sur facebook, et ceux reçus en message privé me disant « j’espère que je suis une femme concrète ».

Mais le plus surprenant, c’est ma maman qui m’appelle le matin à 8h30, sur le départ d’une virée à Cognac avec papa et réjouie jusqu’aux oreilles de cette escapade en amoureux (42 ans de mariage …), et qui me demande si c’est elle la femme concrète.

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Les Pépites de Xavier de Lauzanne

Comment ne pas saluer unanimement ce film-documentaire actuellement à l’affiche au cinéma qui rend hommage à Marie-France et Christian des Pallières, ce couple français  incroyable qui, partis au Cambodge il y a plus de 20 ans, fonde une association pour venir en aide aux enfants de Phnom Penh.

Dans ce pays ravagé par les guerres civiles et la présence des Khmers rouges,  ils découvrent dans les années 90, la misère insoutenable et la violence que subissent les enfants condamnés à tirer leur subsistance des détritus d’une décharge ouverte.

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La femme concrète

Je suis tombée aujourd’hui sur un article qui vantait le retour en force des concrètes de parfum. Pour ceux qui seraient néophytes en la matière, la concrète est un produit solide ou semi solide obtenu après extraction des principes odorants de certaines matières premières végétales telles que le jasmin, ou la rose, une sorte de parfum solide sans alcool.

Brevetée par la maison Molinard au début du XXe siècle, celle que l’on appelait alors « Concréta » s’est largement démocratisée grâce aux progrès techniques car cette forme de parfum, appelé également parfum cireux, présente de nombreux atouts dont celui d’être facilement transportable et de se fondre délicatement sur la peau en laissant s’échapper ses fragrances.

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Un billet pas prévu

J’attendais de finir au moins un de mes livres en cours pour mettre un nouveau billet sur mon blog, (le dernier datant d’il y a deux jours je me disais qu’il n’y avait pas urgence et on peut vite frôler l’indigestion), quand je reçois ce soir un appel de mon papa qui me demande si c’est normal de ne pas avoir reçu de billet dans sa boite mail aujourd’hui.

Sous-entendu n°1 : ai-je un problème informatique et il me faudra attendre que ta sœur rentre à la maison pour le résoudre ?

Sous-entendu n°2 : je suis devenu accroc et j’attends tes billets avec impatience.

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Apprendre à aimer en vérité

Cor Unum et Anima Una

J’ai hésité longtemps à mettre cette magnifique devise des Spiritains en incipit de mon blog, tant elle m’avait foudroyée par sa beauté à sa simple lecture : un seul cœur et une seule âme.

Quelle perspective absolument extraordinaire que de tendre de tout son être vers cette union parfaite où cœur et âme vibrent à l’unisson.

Quand cette unité entre en résonance avec un être cher, un ami, un frère, un enfant, on se sent transporté vers des sphères qui nous dépassent.

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Mère Teresa de Calcutta

« Nous sentons bien nous-mêmes que ce que nous faisons n’est rien de plus qu’une goutte d’eau dans l’océan. Mais si cette goutte d’eau n’était pas dans l’océan, elle manquerait » Mère Teresa

Sanctifiée le 4 septembre dernier, Mère Teresa, est une religieuse dont la vie entièrement donnée aux plus pauvres, aux démunis, aux malades, aux orphelins, ne peut se comprendre qu’au travers de la Foi immense qu’il l’animait.

Du haut de son 1,52 m, son amour de Dieu était si grand, que crayon entre Ses mains comme elle aimait à le rappeler, elle le laissait écrire ce qui devait devenir une des plus belles congrégations du XXème siècle.

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Vernissage éphémère sur la Péniche du Cercle de la Mer

Il y a des personnes qui ont cette qualité remarquable de savoir rassembler de gens de tout horizon afin de mettre à l’honneur ceux qui leur sont chers, et c’est le cas de ma flamboyante amie Valérie qui, le temps d’une soirée, a organisé un vernissage éphémère sur la péniche du Cercle de la mer, afin de nous présenter un peintre de la région de ses vacances : Christian Fanelli.

Christian Fanelli, c’est un peintre bien connu des habitants et des touristes du Sud-Ouest, et en particulier du Médoc où on peut découvrir ses œuvres, aquarelles et acrylique, dans son atelier-galerie de Lesparre.

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Une journée traditionnelle sur la lune

On peut craindre bien souvent la monotonie et le coté soporifique de nos métiers, mais c’est généralement dû à notre côté gaulois qui nous pousse spontanément à ronchonner, alors que si on prend un peu de distance, il est rare que les journées ne soient pas truffées de moments absolument lunaires qui créent des fous rires assumés ou intérieurs.

Cette journée en particulier a commencé par l’appel d’un journaliste spécialisé dans l’immobilier qui demandait notamment (enfin j’espère que c’était une question pour la rigolade et pas le cœur du sujet, ou sinon on est réellement dans un monde de dingues) si les dernières péripéties de Kim Kardashian avaient des répercussions sur le mode de protection des hôtels. Et là, mon boss débarque dans notre « open-space » en demandant : c’est qui Kim Kardashian ?

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O temps ! suspends ton vol …

Les heures avancées de la nuit, sur fond de musique ce soir de Bruckner, la 7ème symphonie pour ne pas la nommer, sont celles que je préfère.

Funambule de la vie je me fais souvent figure, tant l’impétuosité du temps qui passe nous bouscule en vain tout au long des heures qui s’écoulent en journée. Je m’attache farouchement à déceler dans chaque instant la lumière qui peut se dégager de toute situation, de toute rencontre, et s’il est vrai que j’en retire une forme de joie intérieure, je me sens le plus souvent vidée physiquement par un excès de sollicitations qui me grignotent lentement mais sûrement.

Est- ce le propre des personnalités de base 6 (cf. ennéagramme dans l’onglet rencontre) que de batailler sans cesse contre soi-même ? Le sentiment étrange de vivre bien souvent à côté de son propre corps, comme si le cerveau fonctionnait sur les tâches à accomplir et son esprit divaguait dans des sphères parallèles.

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Savoir raison garder et humilité retrouver

 » La pratique de la lectio divina, si elle est promue de façon efficace, apportera à l’Eglise, j’en suis convaincu, un nouveau printemps spirituel. «  Benoît XVI, le 16 septembre 2005

Je veux bien croire que les Papes, de par leur fonction en tant que chef du Vatican, ont une dimension politique que peu de représentants des autres religions ont.

Je veux bien croire que de par la dimension universelle du catholicisme, les Papes interpellent toutes et tous quand ils parlent.

Je veux bien croire qu’en raison de leur personnalité et de leur statut, les Papes intriguent et sont plus ou moins populaires.

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Miss Pérégrine et les enfants particuliers de Tim Burton

Tiré du livre éponyme de Ransom Riggs, Tim Burton nous revient avec ce film en grande forme.

Annoncé au public à partir de 9 ans, j’y suis allée avec mes jumeaux qui bavaient d’envie devant les pubs qui s’étalent un peu partout dans le métro et Paris.

Pendant les 15 premières minutes, j’ai cru que j’allais les perdre sous les fauteuils de la salle de cinéma tant ils étaient effrayés par les images, et je me suis vue devoir partir de la séance. Mais biberonnés aux Harry Potter, mutants et autres héros pourvus de superpouvoirs, ils ont fini par bien accrocher pour ne pas dire adorer.

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Le Cirque d’hiver Bouglione

Situé en plein cœur du 11ème arrondissement, le Cirque d’hiver Bouglione voit le jour en 1852 sous la férule de l’architecte Jacques Hirtoff (à qui l’on doit notamment la gare du Nord), grâce au Duc de Morny, demi-frère de Napoléon III.

Autrefois appelé cirque Napoléon, il devient Cirque d’hiver en 1873 puis Cirque d’hiver Bouglione depuis son rachat par la famille Bouglione en 1934.

Inscrit aux Monuments Historiques depuis 1975, c’est le plus vieux cirque du monde qui se démarque de tous les cirques dits « en dur » de par sa forme polygonale de 20 côtés, ses 42 m de diamètre et ses 40 fenêtres.

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Birdman de Alejandro Inarritu

Dans la catégorie des films qui sont encensés par les prix (4 oscars, 2 Golden Globes), en voici encore un vu récemment où j’ai dû passer à côté, car je n’ai absolument pas accroché.

Le synopsis : « À l’époque où il incarnait un célèbre super-héros, Riggan Thomson était mondialement connu. Mais de cette célébrité il ne reste plus grand-chose, et il tente aujourd’hui de monter une pièce de théâtre à Broadway dans l’espoir de renouer avec sa gloire perdue. Durant les quelques jours qui précèdent la première, il va devoir tout affronter : sa famille et ses proches, son passé, ses rêves et son ego… »

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Ida de Pawel Pawlikowski

A quoi voit-on qu’on vieillit ? aux ridules ? aux premiers cheveux  blancs ? à nos défauts auparavant charmants qui s’accentuent ?

Très certainement, mais il y a un signe qui ne trompe pas : c’est se mettre à aimer des choses qu’on aurait détesté plus jeune. Petite, j’imaginais qu’être adulte c’était boire du café et écouter de la musique classique ; j’ai longtemps cru aussi que c’était dépasser ses parents en taille mais comme cela n’est jamais arrivé, le déclic a été long à opérer.

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Prendre du plaisir avec ses enfants

De la joie des moments partagés

Quand je suis devenue maman, il m’est apparu assez rapidement que le meilleur moyen de passer de bons moments avec ses enfants, quel que soit leur âge, c’est de vivre ensemble des instants que j’appelle dans mon jargon des moments de qualité (jargon qui est en fait issu des « Langages de l’amour » de Gary Chapman).

La culpabilité étant un sentiment que nous, les femmes en particulier, avons tendance à transformer en notre meilleure amie (ou ennemie d’ailleurs) tant la pression d’être bonne épouse, bonne mère, bonne amie est forte, sentiment généralement décuplé quand on travaille en plus et à plein temps, il devient vite une question de survie de s’en débarrasser rapidement. Ou à défaut de s’en extraire totalement, de limiter son impact sur nos actions quotidiennes.

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Les Concerts de la Sainte Chapelle

La Sainte Chapelle, c’est un joyau du gothique rayonnant, réalisée sous le règne de Saint Louis en sept ans pour abriter les plus précieuses reliques de la chrétienté, dont la Couronne d’épines du Christ.

Unique vestige, avec la Conciergerie (devenu tribunal révolutionnaire et prison de Marie-Antoinette), du Palais de la Cité, et sis dans l’enceinte de l’actuel Palais de Justice, on ne peut que s’émerveiller devant ses vitraux exceptionnels de 15m de hauteur, représentant 1 113 scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament.

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Mes cadeaux du Ciel

S’il y a bien une chose qui reste pour moi une source d’émerveillement permanent, ce sont mes enfants.

Étant habituée à vivre entourée de familles aux nombreux enfants, et ayant eu moi-même quatre frères et sœurs, les enfants m’ont toujours semblé quelque chose de très naturel et plus jeune, je ne m’imaginais pas autrement qu’entourée de bambins.

Peut-être que si leur venue au monde n’avait pas été aussi spectaculaire, mon rapport à mes enfants aurait été très différent. Mais outre le fait qu’au final il ne nous a pas été si facile que ça d’avoir des enfants, il est fort probable qu’à une autre époque ils n’auraient jamais vu le jour. Enceinte, j’ai manqué de les perdre plusieurs fois, entre hôpital et maison, il a vite fallu que je reste alitée.

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Juste la fin du monde de Xavier Dolan

Je sors du cinéma de Vincennes et de la projection du dernier film de Xavier Dolan « Juste la fin du monde ».

Qu’en dire ? Franchement je n’en sais rien. Les amis avec qui j’étais sont également sortis perplexes et pourtant, nous aimons tous le cinéma de Dolan.

Le casting est cette fois-ci 100% français : Léa Seydoux, Marion Cotillard, Vincent Cassel, Gaspard Ulliel, Nathalie Baye. On peut regretter cependant le charme de l’accent canadien de ses précédents films qui leur conférait une originalité toute particulière, mais c’est un détail.

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Teatro d’Amore de Monteverdi

C’est en regardant le Pont des Arts d’Eugène Green, sur fond de musique baroque, et en particulier le Lamento Amor, que j’ai eu envie de me replonger dans l’œuvre de Monteverdi.

Au hasard d’une recherche sur deezer, je suis tombée sur cette remarquable et originale interprétation du Teatro d’Amore par Christina Pluhar et son ensemble l’Arpeggiata, dont je suis tombée follement amoureuse.

J’ai écouté par comparaison celle de Marcon que j’apprécie énormément dans sa direction des œuvres de Vivaldi avec son divin violoniste Carmignola, mais même si l’interprétation est également magnifique quoique plus traditionnelle, le dynamisme et la vivacité de l’interprétation de Christina Pluhar font de cet enregistrement une musique tout à fait remarquable.

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Un pedigree de P. Modiano

Si vous aimez l’œuvre littéraire de Patrick Modiano et l’acteur Edouard Baer, alors cette représentation est pour vous.

On y découvre le talentueux Edouard Baer, seul en scène, dans un rôle inhabituel, grave et empli d’émotions, où sa voix si chaude et particulière se met au service du récit autobiographique de P. Modiano, « Un Pedigree ».

Le public est acquis pendant cette petite heure de monologue tout en finesse et pudeur, où l’acteur sait brillamment s’effacer au profit de ce court texte extrêmement touchant.

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Les RTT de 18h

Nous les femmes,

Nous avons beau arriver plus tôt au travail, déjeuner devant nos ordis avec un sandwich, réduire les pauses cafés, être ultra efficaces et organisées, travailler de chez soi le soir et le week-end si nécessaire, il y a toujours un moment, en fin de journée, où à l’heure de plier bagage pour retrouver votre marmaille certes adorée mais énergivore, vous êtes l’heureuse bénéficiaire de la phrase choc d’un petit malin qui vous dira : tu as posé un RTT, j’espère.

Et là en général, vous vous sentez muter en une harpie de base : vous avez des envies de meurtre, vous vous retenez de lui cracher au visage, de lui lancer le premier bibelot qui vous passe sous la main, de l’injurier. Mais comme vous êtes civilisée, et qu’on vous a tellement rabâché que les femmes n’ont pas d’humour, que certes il est vrai que vous n’en avez pas surtout sur ces sujets mais vous refusez de le reconnaitre, vous affichez un sourire crispé, qui se veut décontracté et détaché, vous nouez dignement votre foulard autour du cou, vous mettez vite vos affaires dans votre sac à mains et vous bégayez un « heu …. A demain », en vous dirigeant à pas mesurés vers la sortie.

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De la mélancolie de Romano Guardini

J’adore les romans mais j’aime la littérature de façon générale et il est intéressant d’alterner les genres.

Un peu de spiritualité de temps à autre me semble de bon ton, surtout quand les ouvrages y afférents sont recommandés par des amis de confiance. Je remercie au passage ce merveilleux outil qu’est facebook pour l’occasion qui est offerte de pouvoir rencontrer des gens extraordinaires que je n’aurais probablement jamais croisés dans des circonstances classiques. D’aucuns qui détestent les réseaux sociaux comprennent difficilement que l’on puisse parler de rencontres ou d’amitiés via un réseau social mais pourtant je maintiens qu’au même titre que les personnes sont infiniment complexes, les relations peuvent prendre des aspects très variés. Et les rencontres d’âme ou d’esprit qui peuvent se nouer via les réseaux et par extension via les écrits, peuvent être d’une grande intensité. Quand l’occasion est donnée de pouvoir se rencontrer physiquement, la rencontre n’en est que plus belle et émouvante.

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Il y a un temps pour tout

« Toutes les choses que Dieu a faites sont bonnes en leur temps. Dieu a mis toute la durée du temps dans l’esprit de l’homme, et pourtant celui-ci est incapable d’embrasser l’œuvre que Dieu a faite, du début jusqu’à la fin. » (Qôhélet 3,11)

A côté de mes bureaux, il y a une paroisse qui s’appelle Saint Philippe du Roule. J’y ai mis timidement les pieds l’année dernière juste après avoir démarré mes nouvelles activités professionnelles dans le quartier, jusqu’à devenir totalement saisie par la spiritualité des lieux et la Foi rayonnante de son curé. Et j’ai été doublement impressionnée par l’assiduité des fidèles, notamment à la messe du vendredi midi qui est consacrée et animée par les professionnels du quartier, où la ferveur est grande et le nombre de participants toujours important, compte-tenu d’une messe en semaine et d’un quartier plus bureau que résidentiel.

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Breaking the Waves de Lars Von Trier

Parler d’un film de Lars Von Trier est un exercice délicat, surtout quand son réalisateur est un monstre du cinéma et que le film a de surcroit reçu deux prix lors de sa sortie.

Je ne ferai donc part que mon humble avis, avis qui dans ce cas précis passe nécessairement, mais pas obligatoirement, par l’effet qu’il m’a procuré et les sensations que j’ai éprouvées. L’histoire sur le fond aurait tout dans l’absolu pour me toucher : une rencontre passionnée entre deux êtres assez dissemblables, un homme d’âge mûr travaillant sur une plate-forme pétrolière, Ian, épousant une jeune fille, Bess, issue d’une communauté religieuse plutôt austère, de la côte nord-ouest écossaise dans les années 70. Suite à un grave accident qui va paralyser Ian, la passion va pousser Bess, en équilibre psychologique précaire,  aux abimes de la folie.

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Glace à la menthe ou glace à la menthe ?

Je partage avec ma fille une passion commune depuis toujours, une passion qui a dû passer dans ses gênes quand elle était dans mon bidon, une passion quasi exclusive, une passion rafraichissante, une passion de vacances, une passion d’été comme d’hiver,  une passion culinaire : la glace à la menthe.

Certains ont leur madeleine, nous c’est la glace à la menthe. Mais ce qui est assez hilarant, c’est que si je puis me permettre, o sacrilège, quelques infidélités mises sur le compte de la fantaisie, pour ma fille qui, je le rappelle n’a que 9 ans, c’est absolument inconcevable. Vis-à-vis de la glace à la menthe, elle est d’une loyauté à toute épreuve, d’une fidélité qui frise la vertu, d’une intransigeance rare.

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Petit Pays de Gaël Faye

Il est d’usage de dire que le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt mais je rajouterai que l’imaginaire nait chez ceux qui se couchent tard.

Je n’ai donc jamais fait mienne cette première partie de l’axiome car pour ma part le moment préféré de ma journée démarre vers 17h jusqu’à des heures généralement assez avancées de la nuit. Ce qui permet donc d’avoir une seconde vie assez intense après le boulot, voire une troisième quand le début de la soirée n’est pas consacré à des sorties ou réceptions, ce qui est assez / trop fréquent.

J’ai donc hier au soir démarré ma troisième partie de journée vers 23h30, munie de cet ouvrage pas trop épais, premier roman, déjà prix du roman FNAC 2016, dont j’avais entendu le plus grand bien dans une émission littéraire (La Grande libraire pour ne pas la nommer), et coup de cœur de la librairie qui se situe quasiment en face de mon bureau. L’auteur, par ailleurs, auteur-chanteur-compositeur était de surcroit fort sympathique.

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En 2001

Un jeu entre amis de facebook m’a attribué l’année 2001 pour raconter mes souvenirs…

En 2001, j’avais 22 ans.

J’ai obtenu cette année-là ma maitrise de droit à Assas et je suis partie ensuite une année à la faculté de Bordeaux pour un DEA de droit la propriété intellectuelle et artistique car je rêvais depuis longtemps de travailler dans le milieu de la culture en tant que juriste. Ce qui malheureusement ne fut jamais le cas, car le secteur me fut fermé, et le statut précaire d’intermittent du spectacle ne me satisfaisant pas, je décidais alors de refaire au bout d’un an, un autre DESS, de droit immobilier cette fois-ci, à ASSAS encore.

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Tropique de la violence de Natacha Appanah

Voilà le genre de livre qui vous tord le bide et vous tient éveillée une bonne partie de la nuit.

Nous sommes sur l’Ile de Mayotte, dans l’archipel des Comorres au large de Madagascar, où des centaines de kwassas kwassas échouent chaque année sur ses côtes déposant des milliers de migrants.

Nous sommes en France, dans son 101ème département, et on estime que près de la moitié de la population est constituée de clandestins. Territoire délaissé par les autorités,  cet afflux massif de réfugiés entraine un basculement social de cette ile, surnommée pourtant Ile aux parfums ou Ile au Lagon, mais où plus de 3000 mineurs vivent dans les rues et dans des bidonvilles.

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Luchini et moi

Quand Olivier Sauton imite Fabrice Luchini en professeur de théâtre dont il est l’élève totalement inculte mais rêvant de devenir comédien, vous avez un one man show absolument truculent drôle où vous retrouvez toute la verve et le phrasé du comédien. Un moment délicieux plein de finesse où le talent du comédien sert merveilleusement la langue française et ses grands auteurs
« Il vaut mieux un fantasme réussi qu’une réalité décevante  »
C’est à l’Archipel en ce moment

Les visages pâles de Solange Bied-Charreton

Si comme moi vos souvenirs d’enfance de films spaghettis vous font résonner immédiatement « Visages pâles » avec « blancs », c’est que soit vous êtes trop empreints d’images de cow-boys et d’indiens, soit, comme me l’a écrit l’auteur, il faut être légèrement obsédé par ces thèmes et être dans les milieux « natio » pour que le titre sonne « blanc ».

Je dois donc être légèrement voire énormément obsédée par ce sujet pour y avoir fait un lien direct, surtout quand j’ai pu lire par ailleurs dans des interviews que l’auteur parle dans son roman de Manif pour tous, de mort de l’occident, de famille bourgeoise décadente ; et il a bon dos le « Visage Pâle » surtout en ce moment. Autant de thèmes donc qui ne m’auraient pas spontanément orientée vers le choix de ce livre, s’il ne m’avait pas été recommandé par un ami libraire.

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L’intimité de Rembrandt au musée Jacquemart-André

Il y a des endroits où l’on se sent d’emblée merveilleusement bien, surtout quand architecture, décors, histoires, vieilles pierres viennent délicieusement réveiller votre imagination et vous transporter en un rien de temps vers d’autres sphères. Les théâtres en particulier me font cet effet là, mais il y a lieu que j’aime tout particulièrement à Paris qui est le Musée Jacquemart-André.
Hôtel particulier du XIXeme, en retrait du boulevard Haussmann, ce musée fut autrefois la demeure des époux André-Jacquemart, inlassables collectionneurs, et fut légué à la mort de Nelly Jacquemart à l’Institut de France avec pour mission de ne rien y toucher.

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Les réunions de parents d’élèves

Les réunions de parents d’élèves : microcosmes de vie en société

Hommage à mon amie Cécile

Assister à une réunion de parents d’élèves/professeurs, même en classe de CM1, c’est maitriser l’art de ne pas devenir dingue ou de trépigner sur sa chaise en toute discrétion.

Je ne parle pas des maitresses qui, prenant les réformes, les contraintes, les classes surchargées, les plans vigipirates de plein fouet, sont le plus souvent dévouées et dignes d’admiration.

Non, non, je parle des parents dont je n’ose douter que s’il y avait une caméra cachée, ils seraient les premiers à rire d’eux-mêmes et à s’écrier, « au secours, dites-moi que je ne suis pas comme ça ! ».

Et ben si, car pendant cette heure de réunion, c’est de l’avenir de nos enfants dont on parle, nos enfants si fragiles, si sensibles, si peu prompts à l’effort, si géniaux, si fatigués, si occupés et ne supportant aucune contrainte.

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Quand le bonheur se résume à 1,3 sur 20 ans

Je travaille dans un secteur où les qualités humaines ne sont pas les plus recherchées. Non pas que bienveillance, courtoisie, chaleur, rigolades ne sont pas au rendez-vous, mais on vous valorise davantage sur vos performances et votre chiffre d’affaires que sur la qualité de votre âme ou la densité de votre vie spirituelle, et l’épaisseur de votre compte en banque est le meilleur baromètre pour mesurer votre réussite dans la vie.

Sur ce critère, ma vie je l’avoue est totalement foutue, si l’on en juge par la rapidité avec laquelle les chiffres qui apparaissent en fin de mois sur mon compte internet diminuent à la vitesse de l’éclair, et ce aussi rapidement que le compteur du téléthon augmente au fil des heures.

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Finir sa journée avec le concert de The Divine Comedy

Il y a des matins où on se lève et où on pressent que la journée sera compliquée. Plus de café, votre fille qui vous fait une tête de trois mètres de long sans savoir pourquoi, le métro où votre petite place bien planquée pour bouquiner vous est raquettée par un hurlement « qui me laisse sa place ?», vos chaussures qui sont certes très jolies mais quand il fait 30° vous font mal aux pieds, et l’arrivée au bureau où vous sentez que votre boss a cogité tout le week-end et que la réunion du lundi matin sera tendue.

Et là généralement, le pressentiment devient réalité. Ça se hume, ça se sent, et tel l’orage, on sait que ça tonner mais on ne sait pas trop où la foudre va tomber. On essaie de rester visser sur son fauteuil en restant tranquille en espérant que personne ne vous remarque mais à quatre dans un bureau en étant la seule femme, et deux autres hommes dans les bureaux voisins, et ben c’est comme à la maison, on a toujours besoin de vous parler et vous êtes iiiiiiindispensable. Lire la suite

Dans les yeux de son père

Il m’est apparu pendant longtemps que je ne serais jamais à la hauteur des attentes intellectuelles de mon père quand pendant des années il m’a semblé entendre dans nos échanges « ma fillote, ce que tu dis n’est pas dénué d’intérêt mais la question est mal posée » ou « ma fillote ce que tu dis est intéressant si ce n’est que le postulat de base est erroné ».

Je m’en suis posée des questions et cherché des postulats de base qui donneraient du fondement à mes propos. Je m’en suis farcie des bouquins qui me permettraient de comprendre la quintessence du raisonnement thomiste, le génie d’un Thibon, la beauté de la langue latine, la « vraie » vie de Louis XVI… j’avoue que par découragement j’ai lâché prise sur l’importance de la symbolique, les encycliques et que sais-je encore, tout autre sujet dont je ne nie pas ni l’attrait ni l’intérêt mais ne deviennent passionnants que lorsqu’ils sont accessibles ou partagés.

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Fils de Jean ou Fils de Joseph?

J’aurais pu parler de ces deux films séparément car ils méritent largement qu’on s’y attarde pour des qualités qui leur sont propres mais le hasard m’ayant conduite à les regarder à des intervalles très proches, il m’a semblé évident, pour les raisons énumérées ci-après, d’en faire un unique billet plus court et laisser à chacun le soin de s’en faire sa propre appréciation.

Ils ont en commun d’être sortis au cinéma cette année, d’avoir des titres qui s’interpellent simultanément, une trame de fond identique autour du fils (adulte dans l’un, encore adolescent dans l’autre) qui, élevé seul par sa mère, va chercher le père qui n’a pas voulu le reconnaitre, et des acteurs remarquables.

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De l’indigence de Charité

Je ne sais pas si on doit voir des signes dans chaque mots, rencontres, ou évènements qui surviennent dans nos vies, (j’aurais pour ma part tendance à dire oui en utilisant le terme qui me semble plus approprié de Providence),  mais il s’avère qu’en un laps de temps relativement court deux personnes ont été amenées à parler devant moi du sens du mot Charité, l’une en employant un terme que j’ai trouvé criant de vérité « l’indigence de Charité » et l’autre en nous rappelant l’impérative nécessité de pratiquer « le tact de charité » en famille, au nom de la vertu de Vérité.

Le contexte de ces échanges me fait dire qu’en l’espèce je n’étais pas personnellement visée (ouf) mais il serait fort prétentieux de croire que dans l’absolu je n’avais pas à réfléchir à ce qui avait été dit et exprimé en ces occasions particulières.

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Éducation et jardinerie

En pensant aux enfants qui nous sont confiés, et aux miens en particulier, j’ai toujours eu à l’esprit l’image d’un jardinier qui serait face à un jardin potager et qui devrait faire pousser ses légumes.

J’entends déjà les cris d’orfraie que certains vont pousser, « mais quoi comparer des enfants à des légumes, c’est inadmissible, et leurs âmes, ils ont des sentiments et Dolto … »

Que personne ne se méprenne et se rassure. Loin de moi l’idée de comparer ces petits êtres à des légumes, l’allégorie, si je puis oser parler ainsi, ne fait sens qu’à travers le regard que l’on peut porter sur l’essence même du mot éducation.

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Chanson douce de Leila Slimani

Sur les conseils de nos amis de la Procure qui nous comblent avec leurs petites vidéos journalières nous présentant leurs coups de cœur en 1 minute, je me suis précipitée en librairie acheter ce livre il y a quelques jours en raison du thème abordée : une famille, une nounou, un drame.

La 4ème de couv est alléchante : « à travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c’est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l’amour et de l’éducation, des rapports de domination et d’argent, des préjugés de classe ou de culture. »

Moi qui vis avec des nounous depuis que mes jumeaux d’aujourd’hui 9 ans, grands prématurés, n’ont pu aller à la crèche une fois sortis de l’hôpital, autant dire de suite que j’ai lu ce livre d’une traite.

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Catholiques, engageons-nous de l’Abbé Grosjean.

Je voulais parler ce soir d’un peu de spiritualité et en particulier d’un livre que j’ai lu cet été sur la plage et qui m’a profondément marquée, à tout le moins a suscité chez moi de nombreuses réflexions et volontés de m’engager davantage.

« Catholiques, engageons-nous » de l’Abbé Grosjean.

Un livre concis, efficace, clair, concret, débordant de Foi et d’Espérance. Point n’est besoin de présenter l’Abbé Grosjean dont la faconde virile sur les plateaux télés et la plume alerte sur son blog Padreblog sont bien connues de la cathosphère.

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Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine De Vigan

J’ai eu l’occasion de découvrir Delphine de Vigan il y a quelques années au travers de son livre « No et moi » dont j’avoue ne pas avoir conservé un souvenir impérissable au point qu’elle ne faisait pas partie de ces auteurs actuels que je peux être amenée à suivre. Et puis sur les conseils insistants d’amis qui connaissent mon appétence prononcée pour les histoires intérieures et méandres familiaux, j’ai acheté ce livre en version poche (je déteste généralement les versions poches car je trouve que ce ne sont pas des formats agréables à lire et à conserver en bibliothèque …) en raison de la magnifique photo qui figure en première de couv, dont on découvre en lisant le livre qu’il s’agit de la mère de l’auteur. Autant dire que j’ai dévoré ce livre en deux jours, le terminant ce matin à l’aube avec un café avant d’affronter la canicule parisienne. Comment ne pas rendre hommage à ce magnifique récit qui essaie de comprendre avec sincérité, authenticité, réalisme tout en marchant sur des œufs, les blessures, les souffrances, la vie de famille de sa mère … Lire la suite

Concevoir l’humain

Quand on regarde ces deux films-documentaires simultanément, on passe de la nausée à l’espoir.

L’un est un documentaire canadien réalisé en 2014 par Harold Crooks qui nous décrit comment fonctionne l’évasion fiscale et ce qu’elle implique en termes de retombées économiques sur les pays avec des multinationales toujours plus riches et des citoyens en face de plus en plus en plus pauvres.

La phrase choc : l’évasion fiscale n’est pas forcément illégale mais elle est toujours immorale.

Et puis, dans ce document de 2015 réalisé par Mélanie Laurent et Cyril Dion,, il y a ces alternatives en face, où des modes de vie ont été repensés et mis en œuvre à l’échelle d’une communauté, d’une ville, où l’humain et son environnement reprennent leur place, où l’équilibre et le bon sens reprennent leurs droits.

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Illégitime d’Adrian Sitaru

Ca parle d’avortement, d’inceste, de dissensions familiales, de blessures, des non-dits, des incompréhensions, des écarts de génération, de la paternité, du lien parents-enfants, c’est un film roumain-polonais, il est tourné avec peu de moyens, cela pourrait être presque du théâtre, on ne rigole pas. On voudrait partir en courant …
Et pourtant, Situra signe là un petit bijou, poignant de justesse, où l’amour transperce les mots qui fusent, les gestes violents, où le temps qui se fige redémarre sur un autre tempo, où la grâce succède à la tension. C’est diffusé en ce moment, dans une seule salle à Paris, l’Entrepôt, et c’est bien dommage car rares sont les films aujourd’hui qui font vibrer aussi fortement corps, coeur, esprit.

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Le Dit de Tianyi de François Cheng

Qui n’a pas lu François Cheng passe à côté d’un immense auteur. Je m’en veux moi-même d’avoir conservé si longtemps dans ma pile de livres à lire une telle merveille et le découvrir si tardivement. Mais enfin, c’est chose faite et je referme éblouie ce petit-chef d’oeuvre. Quête spirituelle? livre d’histoire sur la Chine communiste et ses camps? pont entre l’Orient et l’Occident? poésie? amitié? amour? art? histoire d’une vie? il n’est pas nécessaire de choisir, c’est tout à la fois et plus encore.

« il nous invite à entrer dans son silence où l’on communie indéfiniment, avec une émotion sans partage » (…) « représenter son visage et son corps de façon si dépouillée, si laconique, juste l’essentiel mais essentiellement juste, qu’ils restent vivants en leur devenir, laissant affleurer tout ce qui a été vécu et rêvé, s’ouvrant aux souffles qui les portent. »

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Les délices de Tokyo de Durian Sukegawa

ll y a dans la littérature japonaise un rapport au temps à l’esthétique à la profondeur des choses au sens des événements et des personnes qui touche au divin.
Un petit bijou de littérature, simple mais qui donne une respiration profonde sur fond de cuisine, de rencontres, de destins.

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L’homme qui fuyait le Nobel de Patrick Tudoret

Voici mon livre coup de cœur du jour, ou plutôt mon livre coup de coeur de cette nuit, car il est de ces ouvrages qui se savourent la nuit tombée, sous une lumière tamisée avec un mug de café et des cigarettes.

Un de ces livres qui vous remue l’âme, l’esprit, les sens. L’histoire d’un homme amoureux des mots, des livres, et de sa femme, son Yseult, partie trop tôt emportée par la maladie. Et par un long cheminement intérieur qui naitra sur les chemins de Compostelle, cet amour qui laissera en lui un vide immense se transformera en amour du Divin, de celui qui, en dépit des peines, de la perte d’un être cher, de la dureté de la vie, fait voir la vie plus belle, plus intense, nourrit l’Espérance.

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