La vocation de la maternité

En route vers l’accomplissement de son être profond

Il est un domaine qui me touche intensément et dont je parle régulièrement car il m’est particulièrement cher, c’est celui des enfants, et par voie de conséquence, celui plus large de la maternité.

Ce grand mystère de la vie n’a de cesse de m’émerveiller, de me bousculer, de me surprendre, de m’émouvoir, de m’interpeller, au point de me pousser toujours plus avant à scruter et découvrir l’âme humaine.

La vie qui est la mienne aujourd’hui me conduit à devoir me détacher régulièrement de mes chérubins et cette éviscération périodique a eu pour seule vertu, et non la moindre, de devoir m’interroger de façon récurrente sur le sens de la maternité.

Il m’est apparu ainsi très vite que nos enfants ne nous appartiennent pas et que la quête de leur stabilité et de leur épanouissement devenait un but essentiel au-delà des règles de vie que nous pouvions imaginer mettre en œuvre.

A force de tâtonnements, de balbutiements, d’écoute, et en se dépouillant de tous les réflexes et conseils qui viennent vous asséner des contre-vérités improductives, on se lève un matin en réalisant avec une évidente acuité que nos enfants ne nous sont confiés que pour les accompagner dans la mise au monde de leur être profond.

Il est au fond illusoire de chercher à les modeler surtout quand ils sont confrontés très jeunes à vivre plusieurs vies, à les subir bien souvent contre leur gré, et il nous faut dès lors accepter humblement et prendre conscience presque malgré soi, que nous ne pouvons simplement que leur transmettre un vécu, des valeurs, à travers le témoignage de notre propre rayonnement.

Les enfants nous regardent sans sourciller, ils nous scrutent avec sincérité et spontanéité, nous renvoient régulièrement à nos fragilités, nos blessures, nos faiblesses et il devient vital de passer le cap de la maturité, humaine et affective, et d’atteindre un équilibre personnel pour arriver à faire face à soi-même sans défaillir.

La recherche de cet équilibre est donc presque un devoir quand nous aspirons à répondre de toute son âme à l’engagement qui est le nôtre, chacun selon sa propre spécificité, afin d’être présents au « rendez-vous de notre propre histoire et de la rencontre singulière avec Dieu », pour reprendre la définition d’un ami. Car nous sommes tous uniques, tous différents, et il nous faut être là, dans notre unicité, pour que dans l’accomplissement de notre propre vocation nous puissions à notre tour amener nos enfants dans l’accomplissement d’eux-mêmes.

La maternité devient ainsi féconde, quand elle ne se limite pas à mettre au monde nos enfants, à les nourrir et les vêtir et à satisfaire leurs plaisirs immédiats, mais à délivrer par doses homéopathiques les outils qui leur permettront d’opérer des choix justes, éclairés et assumés, en vérité et selon leur propre vocation.

S’opère alors un effet incroyable de vases communicants entre parents et enfants lorsque dans l’accomplissement d’eux-mêmes,  nos enfants nous poussent à devoir nous accomplir nous-mêmes.

Quand nous orientons leurs âmes et la nôtre vers les hauteurs, et que le langage de l’amour se situe au niveau du cœur, tout le reste devient naturel sans grand discours.

Ma fille m’a laissé en secret un mot merveilleux sous mon oreiller hier au soir en partant, dans lequel elle me disait en substance « je n’ai pas besoin de tout te dire car tu me comprends, et je t’aime ». (mon fils, plus pragmatique, m’aurait simplement dit : « tu es plus que parfaite parce que tu es ma maman »). Elle a tout compris.

Je me sens humble et souvent émue devant mes enfants, car ils m’ont offert de découvrir cette dimension extraordinaire de la maternité, cette vocation magnifique qui nous conduit à marcher ensemble sur ce chemin de l’accomplissement de notre être profond.

Un chemin exigeant, un chemin de tous les instants, un chemin de joie.

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4 réponses
  1. Etienne MULLER
    Etienne MULLER dit :

    Chère Elvire,
    Sans votre permission préalable mais, j’en suis sûr, avec votre assentiment a posteriori, j’ai fait l’exercice de remplacer dans votre billet le mot de « maternité » par celui de « paternité ».
    Vous devinez déjà ce que je vais dire : à votre si belle et juste manière de décrire votre vocation de maman, peut largement faire écho celle d’un papa (la vocation, pas la description, restons modeste !) qui, confronté régulièrement aux mêmes arrachements comme je l’ai été pendant de nombreuses années, s’est pourtant aussi attaché à accompagner ses enfants avec le même désir que le vôtre d’en faire des hommes debouts, libres de leurs choix, capables d’autonomie, pendant qu’eux-mêmes m’ont poussé à resurgir, à grandir, et à rechercher ce point d’équilibre et d’harmonie intérieure indispensable à tout accomplissement humain, affectif, spirituel.
    Quels que soient les tourments à surmonter, les obstacles à franchir, voire les chagrins à consoler et guérir, puisse votre joie à poursuivre ce chemin d’amour avec vos trésors gagner chaque jour en profondeur et intensité, pour votre bonheur et pour le leur !
    Bien fidèlement à vous.
    Etienne

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    • Hugues
      Hugues dit :

      Je connais… Je n’ai pas cette prétention ma chère Elvire. Tu es multiple, et insaisissable. Ce qui fait ta richesse, ton attrait. On croit te connaître sans jamais vraiment en être sur…

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