En vrac…

Une fois n’est pas coutume, j’ai décidé de changer quelques habitudes pour consacrer un billet unique à plusieurs sujets en même temps.

La grande question qui surgit immédiatement est : pourquoi ?

Un judicieux pourquoi mais dont la réponse risque fort de vous décevoir.

Outre le fait que j’aime beaucoup changer le ron-ron quotidien (l’intensité jaillit dans le renouveau), la raison principale est que j’ai lu ou vu de jolies choses ces dernières semaines, mais aucune qui, à mes yeux, a été de nature à susciter des billets à part entière.

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Je vous écris de la Terre Sainte de David Neuhaus

 

« Alors que notre pays était une fois de plus déchiré par la haine et la violence pendant l’été 2014, j’ai pris conscience que, plus que jamais, les disciples du Christ étaient aujourd’hui confrontés à de nouveaux dilemmes œcuméniques en Terre Sainte. (…) Où sont les disciples du Christ ? Dans la guerre entre Israéliens et Palestiniens, ils sont des deux côtés. (…) Dieu dans sa sagesse a semé les graines de la vérité de tous les côtés du conflit multidimensionnel qui engloutit la Terre Sainte depuis des décennies. Cependant la question de savoir où sont les disciples du Christ n’est pas seulement géographique. Il s’agit de savoir quelle position ils adoptent alors que le monde dans lequel ils vivent est plongé dans la guerre et la violence. »

J’ai lu cet ouvrage sur les vives recommandations de mon paternel, et je ne peux que l’en remercier car je le referme en ayant le sentiment de toucher du doigt une dimension spirituelle et œcuménique d’une grande intensité et dont je l’avoue je ne soupçonnais pas la richesse.

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Même les pêcheurs ont le mal de mer de Diane Peylin

« On a beau faire, les choses se répètent, se transmettent, qu’on le veuille ou non, on se fait du mal sans s’en rendre compte. Je n’ai pas voulu tout ça et pourtant… j’ai mal au ventre, moi qui n’ai jamais eu mal au ventre, je n’ai jamais eu mal nulle part, une véritable armure, ma carcasse. (…) J’aurais dû profiter de ce répit et prendre tout ce qu’il y avait à prendre, savourer cette exclusivité. J’aurais dû mais je ne l’ai pas fait, comme tant d’autres choses encore. « J’aurais dû » : ma nouvelle rengaine pour pallier les déchirures de l’existence. (…) J’aurais dû m’accrocher à ce sourire. »

« Tous les hommes ont le mal de père » aurait pu être le titre de ce roman choral.

Sur une petite île volcanique non dénommée où les hommes tirent de la pêche leur moyen de subsistance, trois hommes, grand-père, fils et petit-fils, s’affrontent dans une longue agonie intérieure où la quête de leur père les mure dans leur propre paternité.

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Les Atticistes d’Eugène Green

« Selon lui, Rome était tombée dans le vice de l’asianisme à cause du soleil et du ciel bleu qui y régnaient dans une démesure effroyable. Paris, en revanche, bénéficiait en toute saison d’une délicieuse petite pluie, d’un ciel gris, et de températures qui variaient peu entre décembre et juillet. Ce climat était un don de la Providence, qui protégeait la ville capitale de la France contre tout excès. »

Je connaissais Eugène Green réalisateur de films.

Je découvre Eugène Green écrivain.

Ce qui est extraordinaire dans la confiance donnée à autrui, c’est de pouvoir mettre ses pas dans les siens aveuglément ; non pas sans analyse ou recul, mais plutôt dans une forme d’abandon qui permet d’aiguiser et assouvir sa curiosité dans des terrains inconnus dont on sait par avance qu’ils sont balisés.

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La piste Pasolini de Pierre Adrian

« Pasolini a justement mis les mots sur mes inquiétudes. Je ne peux pas me confondre autant avec un écrivain. Il m’inspire autant parce que j’ai retrouvé chez lui cet appétit d’essentiel, l’humilité et la générosité du chrétien de chapelle. Et la répugnance pour le dogmatisme, la règle moralisante. J’aimais la profonde humanité de Pasolini, homme des actes gratuits et des relations humaines. Homme sans calcul, plus catholique que les catholiques. »

Il est étonnant ce Pierre Adrian que j’avais découvert à la lecture de son dernier livre «Des âmes simples».

Brillant et talentueux, cet ouvrage ne fait que confirmer ce qui déjà transpirait dans chaque page de son deuxième roman, mais en nous faisant marcher sur les traces de Pasolini, c’est une autre facette de sa personnalité qui nous est dévoilée.

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Va chemine et montre-toi

De ci, de là

Cahin-caha

Va ! chemine, va ! trottine

Va ! petit âne, va de-ci, de-là,

Cahin-caha, le picotin te récompensera.

« Vous ne vous montrez pas assez, vous êtes trop discrète. »

Toute en retenue me révèlerais-je, trop peu visible je serais.

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La passion de Thérèse d’Avila de Christiane Rancé

« Je découvrais enfin une sainte à mon goût, conquérante et aventureuse. (…). J’entendais ce pays (l’Espagne) comme l’une des plus hautes et des plus secrètes données de la vie spirituelle : les mystiques y tiennent lieu de philosophes et la poésie nourrit la théologie. (…) J’eus la certitude que ce pays avait été créé à la seule fin d’y louer la gloire de Dieu dans ce qu’elle a de plus déraisonnable et selon une idée supérieure et absolue, dont le génie catholique espagnole serait l’exaltation. »

Découvrir Thérèse d’Avila sous la plume de Christiane Rancé est un enchantement.

Christiane Rancé déploie tout son talent, son érudition et sa sensibilité pour nous immerger dans l’Espagne du XVIème siècle, alors première puissance politique de l’Europe, à la tête d’un empire grâce à l’or des Indes, l’Espagne des Hidalgos, des grands écrivains, des peintres, d’une culture qui irradie, Siècle d’or où la vie monastique est devenue un enjeu politique après la Reconquista des derniers territoires occupés par les Maures, l’Inquisition et surtout face à la montée du protestantisme de Luther.

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Tombée du nid et Petit à petit de Clotilde Noël

« Je souhaite que tout le monde puisse rencontrer ces enfants. Que chacun ait la chance d’échanger avec eux. Qu’il se laisse aimer. Qu’il arrive à percer leur mystère pour se laisser guider vers leur bonheur sans limite. Ils sont la clé qui manque à tous ceux qui réfléchissent trop pour vivre ou vivent trop pour réfléchir. Ceux qui oublient d’entendre leur cœur battre. Ceux qui ont tout matériellement, mais qui ne sont pas comblés, qui courent toujours pour attraper ce qui leur manque. (…). Le chromosome surnuméraire est comme un accent circonflexe sur le génome, (…) comme le mot âme avec son chapeau qui l’élève. »

 Chère Marie,

Une fois n’est pas coutume, je termine les deux livres de ta maman en ayant une folle envie de t’écrire à toi personnellement.

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L’Hôtel « Les Roses »

Si ce n’était éventuellement un hommage aux roses de la petite Thérèse, nous pourrions aussi appeler ce lieu « Le Cottage des belles âmes ».

Situé au cœur de l’Ardenne, l’Hôtel « Les Roses » est un lieu hors du temps, adossé à une église, dans un petit village du nom de Libin, qui surgit modestement aux détours de routes jalonnées de maisons aux toits en ardoises qui sillonnent des contrées semblant si calmes que seules les petites écoles en bord de route attestent de la présence des nombreuses familles.

Il suffit de franchir le seuil de la porte de l’hôtel pour basculer en quelques minutes dans une dimension qui vous invite au lâcher-prise, à la découverte sensorielle, à la relation vraie.

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Edmond d’Alexis Michalik

S’il y a une pièce à aller voir au théâtre en ce moment, c’est Edmond d’Alexis Michalik qui se joue actuellement au mythique théâtre du Palais-Royal.

Une pure merveille nominée sept fois aux Molières en 2017 retraçant la difficile création de Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand et sa première triomphale en décembre 1897 au théâtre de la Porte Saint Martin.

Douze comédiens se partagent les nombreux rôles, les scènes s’enchainent dans un rythme trépidant, les répliques sont superbement écrites, les personnages finement ciselés, les décors soignés, et l’humour cède le pas à l’émotion, le rire aux larmes quand se dévoilent petit à petit les vers d’une des plus belles pièces du répertoire français.

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