Je suis en panne

Certains me réclament des billets mais je suis désolée, c’est affreux, je n’ai plus rien à dire, plus d’inspiration, que dalle. J’en ai commencé plusieurs mais je n’arrive pas à les finir.

Je cherche le carburant mais il faut croire qu’il faille me remettre en chemin pour trouver ce qui va alimenter la source qui s’est tarie.

Pour des besoins professionnels, j’ai passé ma journée en voiture, et un mot est revenu dans nos conversations en ce jour post Primaires, c’est celui de « clivant » : la politique est clivante, la religion est clivante, nos convictions sont clivantes, les débats sur facebook sont clivants, certaines relations sont clivantes, le poids du passé est clivant, les valises que nous trainons sont clivantes et il est facile de se perdre dans ces méandres qui finissent par obscurcir voire cacher le Cap.

J’aurais une tendance naturelle à me dédoubler avec une facilité déconcertante, en laissant mon esprit s’envoler dans des sphères inaccessibles et mon corps évoluer dans le réel comme en apnée.

Mais pour avoir longtemps pratiqué ce mode de survie qui tient presque de la schizophrénie, je sais que c’est loin d’être une solution durable, et en terme de sérénité et de plénitude, je confirme il y a mieux.

Il est temps je crois de virer à nouveau de bord, de poser des petits galets simples et visibles qui délimitent un chemin accessible, en cessant de me fixer des buts inatteignables, d’une exigence qui frise l’intransigeance, où en m’épuisant moi-même je perds mon entourage en route par incompréhension.

Le premier baromètre, c’est généralement mon petit garçon qui agite sa main devant mon visage et qui me dit « ouh ouh tu es partie où ? », nulle part mon chéri, je suis ici… ce soir c’était surtout m’assurer comment faire garder mes deux trolls jeudi soir, alors qu’ils auraient dû être chez leur papa qui me dit qu’il ne peut plus et me demande de trouver une solution, alors que je pars deux jours et que ce n’était vraiment pas le moment …

Bref, je papillonne, j’ouvre dix livres en même temps sans qu’aucun ne retienne suffisamment mon attention pour me canaliser, je cherche des films les plus durs émotionnellement pour sentir mon cœur vibrer, je passe des heures au téléphone pour rire des joies de mes amis, et pleurer (non pas pleurer, m’émouvoir … soyons précis…) de leur peine, et je retarde le coucher de mes enfants car j’adore les sentir à proximité virevolter dans leur vie.

Je n’ai donc, j’en suis bien désolée, pas grand-chose à partager de jouissif et de rigolo : le « bonum est hic esse » est momentanément en berne !

Je me mets en mode discernement (et pas au couvent pour ceux qui me posent la question, j’ai deux enfants, ce n’est pas possible ….), je solidifie les bases vacillantes et reviens très vite….

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