Le fou de New-York de Michael D. O’Brien

« Les hommes sont habitués à faire des évaluations objectives sur des situations dévastatrices tant qu’ils ne sont pas immergés dedans. Rare est celui qui garde son objectivité au milieu des afflictions personnelles »

 Je profite de la sortie du dernier livre de Michael D. O’Brien, pour vous parler et rendre hommage à cet auteur exceptionnel.

Ce blog n’existait pas encore à l’époque où j’ai commencé à lire ses romans et je n’ai donc pas eu l’occasion de vous part de l’intensité de son œuvre prodigieuse qui reste parmi mes plus belles découvertes littéraires.

Je suis donc ravie, en parlant de son dernier livre, de pouvoir vous en toucher quelques mots.

Michael D. O’Brien, né en 1948, vit à Ontario au Canada, il est marié et père de six enfants. Converti à l’âge de 21 ans, totalement autodidacte, peintre également, il est doté de cette douceur, cette gravité, cette lucidité et cette culture qui le placent parmi les écrivains visionnaires, résistant pacifique au totalitarisme insidieux du monde occidental, alliant brillamment Foi et Raison, ce qui lui permet d’embrasser l’Homme dans toute sa condition.

Je ne dirais pas que Michael D. O’Brien est mon auteur préféré, car il existe tout un tas d’écrivains fabuleux dans des styles très différents, mais il figure parmi ceux que je suis avidement et dont je sais par avance que j’en serais comblée.

Il a le talent que je juge remarquable, d’allier à la fois le roman (thriller psychologique, épopée, …), tout en faisant vivre à ses personnages un véritable cheminement intérieur, généralement quête spirituelle et accomplissement de soi, et en posant sur nos sociétés et la nature humaine un regard d’une acuité exceptionnelle et d’une grande justesse.

Autant dire qu’à moins d’être totalement insensible à ces sujets et imperméable à toutes émotions intérieures et vibration de l’âme avec le sens de notre humanité, il est difficile de ne pas être profondément remué à la lecture de ses livres et les refermer est difficile. La tâche des auteurs suivants en est d’autant plus ardue et la lecture de leurs livres peut sembler vite fade.

Vous l’aurez compris, vous ne pourrez que vous plonger avec délectation, si ce n’est déjà fait,   dans la série des Père Elijah, l’Odyssée du Père ou une Ile au cœur du monde, pour ne citer que les plus marquants.

Son dernier livre, Le fou de New-York, n’échappe pas à ce thème récurrent de la rédemption à travers la souffrance, à l’épreuve comme source de l’émergence de son être profond. Nous retrouvons en filigrane cette réprobation de l’anesthésie de nos êtres au sein d’une société qui, en dehors de ses artistes ou de ses fous en marge du monde qui ne vivent plus que de sa quintessence, tend à annihiler le sens véritable des relations humaines, à travers un excès d’égocentrisme et de soumission aux contingences matérielles.

Autour de l’évènement tragique du 11 septembre 2001, à New-York, un homme, de très grande taille et un peu marginal, se prend de compassion pour un jeune amnésique complètement perdu et l’aide à revenir à la vie.

Destins croisés qui mêlent art, amour, amitié, guérison intérieure, hymne à la vie.

« Un traumatisme peut vous retenir à l’âge où cela vous est arrivé. Vous pouvez enterrer le souvenir et penser qu’il est réglé, parti et disparu. Il ne l’est jamais mais il doit être transformé en quelque chose qui nous donne la vie. (…). Nous devons choisir d’entreprendre ce dur labeur, si nous voulons devenir plus vieux et plus sages, et devenir celui que nous sommes. »

Ce dernier livre de Michael D. O’Brien n’est pas celui qui, parmi toute son œuvre, m’aura le plus touchée, tant j’ai pu être transportée par ceux cités précédemment, mais il mérite toutefois d’être notablement distingué parmi les nouveautés qui ornent les rayons des libraires, Michael D. O’Brien restant un immense écrivain, à la plume et à la pensée remarquable.

De surcroit, moins dense que ses autres livres, il plaira à tous ceux qui voudraient découvrir cet auteur mais seraient découragés par l’ampleur de ses autres romans.

Un auteur à savourer sans modération.

 

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3 réponses
  1. Sandrine
    Sandrine dit :

    Je découvre cet auteur grâce à ce billet si enthousiaste. Il donne envie, vraiment. Je me méfie un peu aussi, s’il est vraiment beaucoup question dans ses romans d’une foi que je ne partage plus…

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    • Elvire Debord
      Elvire Debord dit :

      La foi n’est pas présente dans ce roman en particulier mais elle peut l’être davantage dans la série du Père Elijah, mais elle transcende le propos ce qui à mes yeux en donne toute la force et la puissance. Elle n’est pas du tout prosélyte et je pense que cet auteur peut être lu et apprécié par un non croyant.

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