La femme Clématite

Je n’aurais jamais pensé que mon petit billet sur la femme « concrète » aurait eu autant de succès, et s’il ne voulait que dépeindre avec amour et humour une de mes belles-sœurs qui a effectivement ce trait de caractère très ancré dans la vie et un sens des réalités dénué de tout reliefs jugés inutiles, j’ai beaucoup ri en lisant les commentaires des unes et des autres sur facebook, et ceux reçus en message privé me disant « j’espère que je suis une femme concrète ».

Mais le plus surprenant, c’est ma maman qui m’appelle le matin à 8h30, sur le départ d’une virée à Cognac avec papa et réjouie jusqu’aux oreilles de cette escapade en amoureux (42 ans de mariage …), et qui me demande si c’est elle la femme concrète.

Maman je t’adore, tu es toujours surprenante mais là j’ai cru que le téléphone allait me tomber des mains.

Car évidemment et heureusement, nous avons toutes en nous une part de femme « concrète » ne serait-ce que pour assumer le quotidien, et Maman tu le fais merveilleusement bien (je rends hommage au passage à ta cuisine divine).

Mais la femme « concrète » de mon billet sans trop de tergiversations intérieures, heu, comment te dire, sans vouloir être …., avec énormément de tendresse, tu me vois contrainte de t’avouer et ne m’en veux pas, que ce n’est pas tout à fait toi.

Pour rattraper le coup, j’ai donc cherché ce qui pouvait te correspondre dans un domaine que tu affectionnes : les plantes, le jardinage, la nature. Un domaine qui a dû sauter une génération car à part m’imaginer me balader nonchalamment  dans un jardin à la française et gratifier mon jardinier d’un sourire en lui tendant mon panier en osier pour qu’il le remplisse de la cueillette du jour, farfouiller la terre, comme tu le sais, ce n’est pas trop mon truc.

Et je suis tombée sur la Clématite.

Oh mais pas n’importe quelle clématite : la Clématite Flammula.

Pouvant aller jusqu’à 3 m de hauteur (tu es grande certes mais pas à ce point je l’admets), elle se couvre en août d’une nuée de petites fleurs (tes nombreux petits enfants), les pétales blancs sont bordés d’un liseré violet (une couleur jugée excentrique par papa et moi mais que tu es capable d’aimer, car me diras-tu c’est une couleur ecclésiastique), elle est parfumée (tu sens toujours bon), elle aime les sols riches, le soleil et les situations chaudes (tout toi, qui revis aux premiers rayons du soleil, qui aimes la mer, les pays chauds et les régions du sud de ton enfance).

On la laisse courir sur des arbustes (plutôt un chêne si on fait référence à papa) et elle repart du pied chaque année (les fameuses résolutions du 31 décembre notées sur un carnet). C’est une plante considérée comme très vigoureuse (ta droiture n’est plus à démontrer).

Voilà donc ma chère maman, tu es une femme « clématite flammula ».

Elles ont du mérite les femmes « clématite » car elles sont un alliage improbable entre une grande rectitude et une profonde aptitude à la fantaisie, elles sont sensibles à l’air du temps tout en ayant un grand sens du devoir, elles sont généreuses tout en sachant gérer au cordeau le budget d’une famille nombreuse, et même si elles préfèrent la douceur du soleil, elles n’hésitent pas à se replanter ailleurs pour fleurir davantage.

Elles sont indépendantes mais il faut en prendre soin.

Ayant un caractère taillé à la hache et la causticité aiguisée, je ne suis pas sûre de savoir bien prendre soin d’une maman « femme clématite » mais ça c’est la faute du gêne paternel qui nous rend abrupts comme des gaulois (ce mot est à la mode et m’amuse beaucoup) dès qu’on touche à l’intime.

Il faut donc te rendre grâce d’avoir su nous transmettre en revanche le goût et la joie des moments en famille, car il faut le reconnaître, rien ne nous fait plus plaisir que de se retrouver entre frères et sœurs.

P.S : je rappelle que je suis payée pour travailler et non pour écrire des billet sur mon blog donc, fin de la pause déjeuner oblige, je dois clore ma prose.

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2 réponses
  1. Gustave
    Gustave dit :

    Et les hommes dans tout ça? Au nom de l’égalité ( des droits) hommes femmes je réclame un billet.
    Comment nous voyez vous chère Elvire?

    Répondre

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