Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine De Vigan

J’ai eu l’occasion de découvrir Delphine de Vigan il y a quelques années au travers de son livre « No et moi » dont j’avoue ne pas avoir conservé un souvenir impérissable au point qu’elle ne faisait pas partie de ces auteurs actuels que je peux être amenée à suivre. Et puis sur les conseils insistants d’amis qui connaissent mon appétence prononcée pour les histoires intérieures et méandres familiaux, j’ai acheté ce livre en version poche (je déteste généralement les versions poches car je trouve que ce ne sont pas des formats agréables à lire et à conserver en bibliothèque …) en raison de la magnifique photo qui figure en première de couv, dont on découvre en lisant le livre qu’il s’agit de la mère de l’auteur. Autant dire que j’ai dévoré ce livre en deux jours, le terminant ce matin à l’aube avec un café avant d’affronter la canicule parisienne. Comment ne pas rendre hommage à ce magnifique récit qui essaie de comprendre avec sincérité, authenticité, réalisme tout en marchant sur des œufs, les blessures, les souffrances, la vie de famille de sa mère … il est difficile de ne pas se sentir bouleversée par la fragilité des liens familiaux quand joie de vivre rime avec hystérie, quand solitude rime avec dépression, amour avec destruction, vie avec mort. Difficile de ne pas s’interroger sur le point de rupture qui fait basculer, vaciller, une vie, qui rend une âme en équilibre périlleux et parfois fait chuter.
L’amour suinte à chaque page avec ces moments de vie que l’auteur tente de reconstruire à travers les souvenirs, de ses grands-parents maternels, ses oncles, ses tantes, ses cousins, ses propres souvenirs et vécus également. Difficile en fermant ce livre, de ne pas s’interroger soi-même sur l’amour qu’on déverse à nos enfants, les poids et blessures familiales que l’on transmet malgré ou en dépit de soi-même. Difficile de réaliser qu’au fond les personnes qui nous sont les plus proches sont celles que l’on connait le moins.
La maturité et devenir soi-même adulte, c’est peut-être finalement accepter l’idée que nos parents, nos aïeux, ne sont pas des rocs sans faille et que les aimer en vérité, c’est les aimer tels qu’ils sont avec leurs blessures et leurs fragilités, inhérentes à l’âme humaine. Alors il faut espérer qu’à notre tour, on deviendra des adultes en vérité …

1 réponse
  1. Domdom
    Domdom dit :

    Ta note de lecture est vivante. On sent que ce livre a été consommé
    avec intérêt et surtout, ce qui est l’objet d’une lecture, avec enrichissement
    sur un sujet délicat.
    Je crois que le ton est juste et invite à lire la note en entier.

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