Prendre du plaisir avec ses enfants

De la joie des moments partagés

Quand je suis devenue maman, il m’est apparu assez rapidement que le meilleur moyen de passer de bons moments avec ses enfants, quel que soit leur âge, c’est de vivre ensemble des instants que j’appelle dans mon jargon des moments de qualité (jargon qui est en fait issu des « Langages de l’amour » de Gary Chapman).

La culpabilité étant un sentiment que nous, les femmes en particulier, avons tendance à transformer en notre meilleure amie (ou ennemie d’ailleurs) tant la pression d’être bonne épouse, bonne mère, bonne amie est forte, sentiment généralement décuplé quand on travaille en plus et à plein temps, il devient vite une question de survie de s’en débarrasser rapidement. Ou à défaut de s’en extraire totalement, de limiter son impact sur nos actions quotidiennes.

Quand on réalise très tôt que jouer aux légos, à la barbie, à la dinette, faire des coloriages ou passer des heures au square vire très vite à la torture morale, et qu’on se sent minable  d’y trouver un plaisir somme toute très relatif surtout quand on ne peut profiter réellement de nos enfants que le week-end ou le soir en rentrant du travail, il  faut donc trouver d’autres moyens de passer du temps avec eux dans la joie. Car quiconque peut attester que n’effectuer que des choses qui nous coûtent et dans la fatigue le plus souvent, n’est généralement pas propice à créer un climat de sérénité, de paix et d’allégresse, et on a vite fait de trouver sa vie merdique en pensant que l’herbe est plus verte ailleurs, à regretter la période « sans enfant », et à attendre désespérément qu’ils grandissent en espérant reprendre une vie d’adulte « normale ».

Tout ceci étant totalement incompatible avec mon mode de fonctionnement intérieur, ou pour être plus exact, rédhibitoire avec une volonté farouche de vivre sa vie pleinement avec ses enfants comme étant quelque chose de naturel et non une contrainte, la question a davantage été comment inclure mes enfants dans une vie qui me convient et que j’aimerais partager avec eux, plutôt que, que dois-je faire pour être une bonne mère selon les règles n°1, 2 et 3 de je ne sais quel magazine pseudo-pédo-intello et qui va me rendre malade car je n’y arriverai jamais.

En partant du postulat que d’une part la joie de vivre est rayonnante et qu’elle se propage aussi rapidement que la tension, la tristesse, la culpabilité et autres réjouissances, que d’autre part il y a nécessairement des impondérables que l’on ne peut évacuer, il faut donc trouver des moyens de conserver l’état de joie en accomplissant les tâches quotidiennes indispensables, tout en passant de bons moments ensemble.

On se rend vite compte que se mettre à l’écoute de ses enfants est la clé de la découverte de ces moments de qualité. Mon fils par exemple depuis tout petit a montré un goût très prononcé pour la cuisine. Il est vrai qu’en rentrant du boulot le soir, faire à diner avec un enfant de 3/4 ans n’est pas spontanément des plus efficace, ni parfois des plus agréable. Et pourtant, à défaut de jouer au playmobil, faire la cuisine ensemble le soir est devenu notre moment de qualité à tous les deux et ce maintenant depuis plusieurs années, à tel point que chaque année, il me demande des ustensiles de cuisine (pour ses 9 ans, nous étions sur l’Ile de Jersey, et il m’a fait ramener un rouleau à pâtisserie et un presse-citron manuel en bois …) et qu’aujourd’hui il adore faire les marchés, acheter des épices, il choisit ses légumes, les poissons, ce qui est absolument réjouissant. Je pourrais même rajouter qu’il a toujours eu un certain attrait pour les machines, et que mettre en marche un lave-vaisselle ou faire tourner une lessive est aujourd’hui totalement dans ses cordes.

Ma fille étant en revanche totalement détachée des choses du quotidien, a vite montré que pour elle, vivre des moments de qualité, c’est partager et nourrir sa vie intérieure. Le défi pourrait sembler insurmontable s’il ne s’avérait que je me retrouve assez facilement dans son mode de fonctionnement. La mise en place d’un cahier dit « communautaire » a été l’une de mes plus belles trouvailles dans notre rapport mère-fille ; il consiste en la mise à disposition d’un cahier qui circule d’oreillers à oreillers dans lequel elle peut noter tout ce que sa pudeur l’empêche de me dire spontanément à l’oral. Ce qui donne lieu à des écrits absolument délicieux, des poèmes, des questions du genre « penses-tu, mais si tu dis non, je le comprendrais, que je puisse inviter mon amie …. Réponse : ……….. »

Personnellement, j’adore sortir en fin d’après-midi, aller au théâtre, prendre un café en terrasse, déambuler à pieds et rien ne me fait plus plaisir que de partager ces moments avec mes enfants. Quand on les habitue depuis tout petits à aller dans des musées, des salles de théâtre, des expos, des bars, ils deviennent vite passe-partout et c’est réellement un plaisir, même si ça gigote parfois, de partager ces moments avec eux. Quand on rentre à la maison, le bonheur de cette intimité partagée est palpable et chacun peut vivre une vie plus personnelle sereinement, sans culpabilité de ma part, ni demande d’attention excessive de la leur.

On ne dit jamais assez à ses enfants qu’on les aime et que leur présence nous rend heureux.

Quand l’amour circule simplement en lâchant la bride des contraintes extérieures qu’on s’impose et qui sont souvent contre-productives, on retrouve des joies simples en famille qui construisent des bonheurs durables.

 

 

 

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