Les parts de tarte

Les tartes de mon enfance devaient être coupées en parts égales

J’ai vécu mon enfance au travers du prisme guerrier que la vie est une jungle et qu’il faut se battre pour obtenir ce que l’on souhaite. Seconde d’une famille de cinq enfants et entourée de trois frères, il m’a été donné de développer très rapidement un instinct de survie si je voulais trouver ma place au sein d’une famille nombreuse.

La maison était grande mais comme souvent dans les vieilles demeures, aussi charmantes et magnifiques soient-elles, elle était dotée de peu de pièces. Les chambres étaient immenses mais il n’y en avait que trois pour cinq enfants, dont deux commandées. La chambre convoitée était celle au-dessus de la cuisine, car elle était indépendante avec un petit lavabo. Autant dire, qu’avoir une chambre à soi et fermée était donc un immense privilège et que nous avions hâte de voir les uns et les autres partir de la maison pour pouvoir investir les lieux.

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Les pépins de raisin

Les raisins de mon enfance n’avaient pas de pépins

J’ai vécu mon enfance au travers du prisme merveilleux que la vie était simple douce facile, et ce grâce à ma mère qui nous traitait mon frère et moi comme des rois et érigeait l’effort comme une abomination à laquelle nous ne pouvions être soumis, jusqu’à épépiner et retirer la peau de nos grains de raisin que nous savourions devant la télé.

J’ai eu ainsi une vision de la vie totalement idyllique jusqu’à ce que le réel me rattrape brutalement et ancre en moi, au sein de mes profondeurs les plus extrêmes, le sentiment que la vie est une souffrance et d’une dureté contre laquelle on doit lutter. Ce sentiment dont je n’ai jamais réussi à me défaire m’a contraint ma vie entière à tenter d’adoucir celle des autres en souhaitant vainement les rendre heureux, en retirant à mon tour autant que possible les pépins des raisins de leur vie

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