Je vous écris de la Terre Sainte de David Neuhaus

 

« Alors que notre pays était une fois de plus déchiré par la haine et la violence pendant l’été 2014, j’ai pris conscience que, plus que jamais, les disciples du Christ étaient aujourd’hui confrontés à de nouveaux dilemmes œcuméniques en Terre Sainte. (…) Où sont les disciples du Christ ? Dans la guerre entre Israéliens et Palestiniens, ils sont des deux côtés. (…) Dieu dans sa sagesse a semé les graines de la vérité de tous les côtés du conflit multidimensionnel qui engloutit la Terre Sainte depuis des décennies. Cependant la question de savoir où sont les disciples du Christ n’est pas seulement géographique. Il s’agit de savoir quelle position ils adoptent alors que le monde dans lequel ils vivent est plongé dans la guerre et la violence. »

J’ai lu cet ouvrage sur les vives recommandations de mon paternel, et je ne peux que l’en remercier car je le referme en ayant le sentiment de toucher du doigt une dimension spirituelle et œcuménique d’une grande intensité et dont je l’avoue je ne soupçonnais pas la richesse.

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Même les pêcheurs ont le mal de mer de Diane Peylin

« On a beau faire, les choses se répètent, se transmettent, qu’on le veuille ou non, on se fait du mal sans s’en rendre compte. Je n’ai pas voulu tout ça et pourtant… j’ai mal au ventre, moi qui n’ai jamais eu mal au ventre, je n’ai jamais eu mal nulle part, une véritable armure, ma carcasse. (…) J’aurais dû profiter de ce répit et prendre tout ce qu’il y avait à prendre, savourer cette exclusivité. J’aurais dû mais je ne l’ai pas fait, comme tant d’autres choses encore. « J’aurais dû » : ma nouvelle rengaine pour pallier les déchirures de l’existence. (…) J’aurais dû m’accrocher à ce sourire. »

« Tous les hommes ont le mal de père » aurait pu être le titre de ce roman choral.

Sur une petite île volcanique non dénommée où les hommes tirent de la pêche leur moyen de subsistance, trois hommes, grand-père, fils et petit-fils, s’affrontent dans une longue agonie intérieure où la quête de leur père les mure dans leur propre paternité.

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Les Atticistes d’Eugène Green

« Selon lui, Rome était tombée dans le vice de l’asianisme à cause du soleil et du ciel bleu qui y régnaient dans une démesure effroyable. Paris, en revanche, bénéficiait en toute saison d’une délicieuse petite pluie, d’un ciel gris, et de températures qui variaient peu entre décembre et juillet. Ce climat était un don de la Providence, qui protégeait la ville capitale de la France contre tout excès. »

Je connaissais Eugène Green réalisateur de films.

Je découvre Eugène Green écrivain.

Ce qui est extraordinaire dans la confiance donnée à autrui, c’est de pouvoir mettre ses pas dans les siens aveuglément ; non pas sans analyse ou recul, mais plutôt dans une forme d’abandon qui permet d’aiguiser et assouvir sa curiosité dans des terrains inconnus dont on sait par avance qu’ils sont balisés.

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La piste Pasolini de Pierre Adrian

« Pasolini a justement mis les mots sur mes inquiétudes. Je ne peux pas me confondre autant avec un écrivain. Il m’inspire autant parce que j’ai retrouvé chez lui cet appétit d’essentiel, l’humilité et la générosité du chrétien de chapelle. Et la répugnance pour le dogmatisme, la règle moralisante. J’aimais la profonde humanité de Pasolini, homme des actes gratuits et des relations humaines. Homme sans calcul, plus catholique que les catholiques. »

Il est étonnant ce Pierre Adrian que j’avais découvert à la lecture de son dernier livre «Des âmes simples».

Brillant et talentueux, cet ouvrage ne fait que confirmer ce qui déjà transpirait dans chaque page de son deuxième roman, mais en nous faisant marcher sur les traces de Pasolini, c’est une autre facette de sa personnalité qui nous est dévoilée.

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La passion de Thérèse d’Avila de Christiane Rancé

« Je découvrais enfin une sainte à mon goût, conquérante et aventureuse. (…). J’entendais ce pays (l’Espagne) comme l’une des plus hautes et des plus secrètes données de la vie spirituelle : les mystiques y tiennent lieu de philosophes et la poésie nourrit la théologie. (…) J’eus la certitude que ce pays avait été créé à la seule fin d’y louer la gloire de Dieu dans ce qu’elle a de plus déraisonnable et selon une idée supérieure et absolue, dont le génie catholique espagnole serait l’exaltation. »

Découvrir Thérèse d’Avila sous la plume de Christiane Rancé est un enchantement.

Christiane Rancé déploie tout son talent, son érudition et sa sensibilité pour nous immerger dans l’Espagne du XVIème siècle, alors première puissance politique de l’Europe, à la tête d’un empire grâce à l’or des Indes, l’Espagne des Hidalgos, des grands écrivains, des peintres, d’une culture qui irradie, Siècle d’or où la vie monastique est devenue un enjeu politique après la Reconquista des derniers territoires occupés par les Maures, l’Inquisition et surtout face à la montée du protestantisme de Luther.

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Tombée du nid et Petit à petit de Clotilde Noël

« Je souhaite que tout le monde puisse rencontrer ces enfants. Que chacun ait la chance d’échanger avec eux. Qu’il se laisse aimer. Qu’il arrive à percer leur mystère pour se laisser guider vers leur bonheur sans limite. Ils sont la clé qui manque à tous ceux qui réfléchissent trop pour vivre ou vivent trop pour réfléchir. Ceux qui oublient d’entendre leur cœur battre. Ceux qui ont tout matériellement, mais qui ne sont pas comblés, qui courent toujours pour attraper ce qui leur manque. (…). Le chromosome surnuméraire est comme un accent circonflexe sur le génome, (…) comme le mot âme avec son chapeau qui l’élève. »

 Chère Marie,

Une fois n’est pas coutume, je termine les deux livres de ta maman en ayant une folle envie de t’écrire à toi personnellement.

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La guerre civile qui vient est déjà là de Damien Le Guay

« La guerre civile est d’abord culturelle avant d’être sanglante. Elle s’installe dans les cerveaux avant de se servir de Kalachnikov et de bombes. Et chez nous, depuis trente ans, elle s’est développée au sein même du monde culturel. »

Voilà un livre dont je ne sais si je dois le recommander pour la qualité de son analyse ou le mettre aux oubliettes tant en le fermant je n’ai qu’une seule envie, foncer chez Castorama pour trouver une corde solide et me pendre.

La politique de l’autruche est en ce qui me concerne la meilleure des thérapies car un excès de lucidité sans filtre a une fâcheuse tendance à me conduire dans un état de dépression avancée, dont je me demande longuement comment en sortir.

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Hommage à Peter May

La sortie du dernier livre de Peter May, L’Ile au rébus, chez Rouergue, me donne l’occasion de rendre hommage à ce formidable écrivain qui fait date dans ma famille.

Il y a des auteurs comme cela qui, quoiqu’ils écrivent, quoiqu’ils publient, se lisent sans se poser de question, et Peter May, tout comme  notamment Michael D. O’Brien dont j’ai pu parler dans un précédent billet, fait partie de ceux-là.

Ses livres pris isolément ne sont pas tous des chefs-d’œuvre, mais quand on aime un écrivain, il me semble qu’il n’y a plus lieu de hiérarchiser ou de quantifier, et chaque nouvelle parution est une promesse de bonheur de lecture. J’ai donc tout naturellement dévoré son dernier livre ce week-end et me voici donc ce soir à l’essai pour tenter de lui rendre hommage.

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Un Roi Immédiatement de Marin de Viry

« La monarchie m’offre tout ce dont j’ai besoin : un honneur dans lequel je vois le courage, le don, la politesse, le respect de la parole donnée et reçue, la fidélité (…) La monarchie serait une nouvelle géométrie politique dans laquelle la grandeur et l’invisible auraient triomphé de la petitesse et de la banalité visible. (…) La grandeur c’est d’abord une histoire d’amour, une fragilité. Ce trésor ce n’est pas la position que l’on occupe dans la société ou l’idée excellente que l’on a de soi-même qui le gardera. C’est le soin que l’on apportera à ce que l’on aime. C’est le service. La grandeur, c’est servir, parce que servir c’est garder ce qu’on aime. Aussi la grandeur dans une monarchie n’est pas l’affaire des plus grands, mais de tous. »

A quelques jours du premier tour des élections présidentielles, voici une petite pépite littéraire qui rend le bulletin à glisser dans les urnes encore plus douloureux.

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La montagne morte de la vie de Michel Bernanos

« Je me sentais maintenant capable d’agir, même dans les pires situations. Bien sûr mon angoisse était loin de m’avoir quitté, mais j’avais fini par m’habituer à elle, et je pense que c’est cela le courage».

Je ne sais plus par quel mystère ce livre, dont j’avais lu de telles dithyrambes qu’il me semblait absolument indispensable de me le procurer, a été porté à ma connaissance, mais le fait est que je l’ai commandé (en librairie), que je l’ai lu et que je l’ai trouvé époustouflant.

Nous sommes loin ici des livres dont je parle habituellement sur mon blog, mais il serait dommage de ne pas rendre hommage à ce petit opuscule considéré comme « un chef d’œuvre sans équivalent dans la littérature française. »

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