Né d’aucune femme de Franck Bouysse
« Inspirer la pitié, c’est faire naître une souffrance pas vécue dans un cœur pas préparé à la recevoir, mais qui voudrait pourtant bien en prendre une part, sans en être vraiment capable. La pitié, c’est le pire des sentiments qu’on peut inspirer aux autres. La pitié c’est la défaite du cœur (Rose).
Les souffrances placées sur notre chemin sont faites pour être endurées, une manière d’éprouver les âmes éraflées. J’en ai toujours été conscient. Les âmes. Les Pères m’ont enseigné qu’elles ne se vernissent pas, qu’elles se traitent en profondeur, qu’il est bien plus charitable de pardonner l’homme balloté par le malheur que de courtiser celui qui par naissance et fortune en est préservé. La vertu sans mérite n’est rien d’autre qu’un déguisement de carnaval. (Père Gabriel) »
Derrière la maison de mes parents, il y avait un grand terrain, un parc disaient-ils, qui descendait en pente douce jusqu’à rejoindre des haies qui délimitaient le champ du voisin pour partie et la forêt pour une autre, dans laquelle on s’enfonçait par un chemin qui démarrait de bien plus-haut, juste après la maison d’un autre de nos voisins, et qui desservait dans un renfoncement une source, un ancien lavoir je crois. Je précise « je crois », car je n’ai jamais été une fille de la forêt, n’y trouvant que peu d’intérêt, mais bien davantage une fille des livres, que nous avions d’ailleurs en grande profusion et sans qu’aucune règle d’aucune sorte ne nous soit imposée quant à leur choix, ni ordre de lecture. Lire la suite









