Petit Pays de Gaël Faye

Il est d’usage de dire que le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt mais je rajouterai que l’imaginaire nait chez ceux qui se couchent tard.

Je n’ai donc jamais fait mienne cette première partie de l’axiome car pour ma part le moment préféré de ma journée démarre vers 17h jusqu’à des heures généralement assez avancées de la nuit. Ce qui permet donc d’avoir une seconde vie assez intense après le boulot, voire une troisième quand le début de la soirée n’est pas consacré à des sorties ou réceptions, ce qui est assez / trop fréquent.

J’ai donc hier au soir démarré ma troisième partie de journée vers 23h30, munie de cet ouvrage pas trop épais, premier roman, déjà prix du roman FNAC 2016, dont j’avais entendu le plus grand bien dans une émission littéraire (La Grande libraire pour ne pas la nommer), et coup de cœur de la librairie qui se situe quasiment en face de mon bureau. L’auteur, par ailleurs, auteur-chanteur-compositeur était de surcroit fort sympathique.

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Tropique de la violence de Natacha Appanah

Voilà le genre de livre qui vous tord le bide et vous tient éveillée une bonne partie de la nuit.

Nous sommes sur l’Ile de Mayotte, dans l’archipel des Comorres au large de Madagascar, où des centaines de kwassas kwassas échouent chaque année sur ses côtes déposant des milliers de migrants.

Nous sommes en France, dans son 101ème département, et on estime que près de la moitié de la population est constituée de clandestins. Territoire délaissé par les autorités,  cet afflux massif de réfugiés entraine un basculement social de cette ile, surnommée pourtant Ile aux parfums ou Ile au Lagon, mais où plus de 3000 mineurs vivent dans les rues et dans des bidonvilles.

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Les visages pâles de Solange Bied-Charreton

Si comme moi vos souvenirs d’enfance de films spaghettis vous font résonner immédiatement « Visages pâles » avec « blancs », c’est que soit vous êtes trop empreints d’images de cow-boys et d’indiens, soit, comme me l’a écrit l’auteur, il faut être légèrement obsédé par ces thèmes et être dans les milieux « natio » pour que le titre sonne « blanc ».

Je dois donc être légèrement voire énormément obsédée par ce sujet pour y avoir fait un lien direct, surtout quand j’ai pu lire par ailleurs dans des interviews que l’auteur parle dans son roman de Manif pour tous, de mort de l’occident, de famille bourgeoise décadente ; et il a bon dos le « Visage Pâle » surtout en ce moment. Autant de thèmes donc qui ne m’auraient pas spontanément orientée vers le choix de ce livre, s’il ne m’avait pas été recommandé par un ami libraire.

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Chanson douce de Leila Slimani

Sur les conseils de nos amis de la Procure qui nous comblent avec leurs petites vidéos journalières nous présentant leurs coups de cœur en 1 minute, je me suis précipitée en librairie acheter ce livre il y a quelques jours en raison du thème abordée : une famille, une nounou, un drame.

La 4ème de couv est alléchante : « à travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c’est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l’amour et de l’éducation, des rapports de domination et d’argent, des préjugés de classe ou de culture. »

Moi qui vis avec des nounous depuis que mes jumeaux d’aujourd’hui 9 ans, grands prématurés, n’ont pu aller à la crèche une fois sortis de l’hôpital, autant dire de suite que j’ai lu ce livre d’une traite.

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Catholiques, engageons-nous de l’Abbé Grosjean.

Je voulais parler ce soir d’un peu de spiritualité et en particulier d’un livre que j’ai lu cet été sur la plage et qui m’a profondément marquée, à tout le moins a suscité chez moi de nombreuses réflexions et volontés de m’engager davantage.

« Catholiques, engageons-nous » de l’Abbé Grosjean.

Un livre concis, efficace, clair, concret, débordant de Foi et d’Espérance. Point n’est besoin de présenter l’Abbé Grosjean dont la faconde virile sur les plateaux télés et la plume alerte sur son blog Padreblog sont bien connues de la cathosphère.

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Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine De Vigan

J’ai eu l’occasion de découvrir Delphine de Vigan il y a quelques années au travers de son livre « No et moi » dont j’avoue ne pas avoir conservé un souvenir impérissable au point qu’elle ne faisait pas partie de ces auteurs actuels que je peux être amenée à suivre. Et puis sur les conseils insistants d’amis qui connaissent mon appétence prononcée pour les histoires intérieures et méandres familiaux, j’ai acheté ce livre en version poche (je déteste généralement les versions poches car je trouve que ce ne sont pas des formats agréables à lire et à conserver en bibliothèque …) en raison de la magnifique photo qui figure en première de couv, dont on découvre en lisant le livre qu’il s’agit de la mère de l’auteur. Autant dire que j’ai dévoré ce livre en deux jours, le terminant ce matin à l’aube avec un café avant d’affronter la canicule parisienne. Comment ne pas rendre hommage à ce magnifique récit qui essaie de comprendre avec sincérité, authenticité, réalisme tout en marchant sur des œufs, les blessures, les souffrances, la vie de famille de sa mère … Lire la suite

Le Dit de Tianyi de François Cheng

Qui n’a pas lu François Cheng passe à côté d’un immense auteur. Je m’en veux moi-même d’avoir conservé si longtemps dans ma pile de livres à lire une telle merveille et le découvrir si tardivement. Mais enfin, c’est chose faite et je referme éblouie ce petit-chef d’oeuvre. Quête spirituelle? livre d’histoire sur la Chine communiste et ses camps? pont entre l’Orient et l’Occident? poésie? amitié? amour? art? histoire d’une vie? il n’est pas nécessaire de choisir, c’est tout à la fois et plus encore.

« il nous invite à entrer dans son silence où l’on communie indéfiniment, avec une émotion sans partage » (…) « représenter son visage et son corps de façon si dépouillée, si laconique, juste l’essentiel mais essentiellement juste, qu’ils restent vivants en leur devenir, laissant affleurer tout ce qui a été vécu et rêvé, s’ouvrant aux souffles qui les portent. »

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Les délices de Tokyo de Durian Sukegawa

ll y a dans la littérature japonaise un rapport au temps à l’esthétique à la profondeur des choses au sens des événements et des personnes qui touche au divin.
Un petit bijou de littérature, simple mais qui donne une respiration profonde sur fond de cuisine, de rencontres, de destins.

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L’homme qui fuyait le Nobel de Patrick Tudoret

« Où que l’on porte son regard dans ce monde qu’y voit-on? La bassesse, la cruauté, la connerie dogmatique, la lâcheté, le meurtre, la guerre, des fleuves de sang que rien ne peut endiguer. De quoi perdre toute espérance. Alors, oui, je comprends que l’on puisse embrasser une foi qui sauve. Je ne parle pas de cette fausse foi qui n’est que prétexte à châtier ceux qui ne la partagent pas, mais d’une foi subversive, insolente, profonde, celle qui sonde les cœurs et les reins, nous laissant pantelants de honte tant est grande notre vacuité. »

Voici mon livre coup de cœur du jour, ou plutôt mon livre coup de coeur de cette nuit, car il est de ces ouvrages qui se savourent la nuit tombée, sous une lumière tamisée avec un mug de café et des cigarettes.

Un de ces livres qui vous remue l’âme, l’esprit, les sens. L’histoire d’un homme amoureux des mots, des livres, et de sa femme, son Yseult, partie trop tôt emportée par la maladie. Et par un long cheminement intérieur qui naitra sur les chemins de Compostelle, cet amour qui laissera en lui un vide immense se transformera en amour du Divin, de celui qui, en dépit des peines, de la perte d’un être cher, de la dureté de la vie, fait voir la vie plus belle, plus intense, nourrit l’Espérance.

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