Les habits neufs du terrorisme intellectuel par Jean Sévilla

« La vérité que certains ne voient pas ou refusent de voir est que la France, politiquement partagée, comme toute démocratie, entre des courants d’opinion différents, souffre d’une hémiplégie idéologique puisque ses élites culturelles, celles qui influencent et façonnent la société dans ses profondeurs, ne reflètent pas la répartition du champ politique. Là plus qu’ailleurs, même si le phénomène n’est pas spécifiquement français, les cercles intellectuels, le milieu médiatique, le monde de l’édition, l’Université, l’enseignement, l’univers de la recherche scientifique, le monde associatif penchent très majoritairement à gauche. Une tendance aussi massive a pour conséquence de creuser un fossé entre les représentations sociales et l’imaginaire des élites et la réalité vécue par les citoyens ordinaires. »

Ce formidable succès de librairie que fut en 2000 Le terrorisme intellectuel de Jean Sévilla aurait pu, pour le plus grand bonheur de nos lecteurs, n’évoquer que des années de pensées de totalitarisme intellectuel dont nous aimerions sourire aujourd’hui en se gaussant d’avoir pu réussir à percer le mur de sophismes, d’amalgames ou d’intimidations qui ont fait les beaux jours de la scène intellectuelle.

Or, s’il est toujours très agréable de découvrir et lire un nouvel ouvrage de Jean Sévilla, la joie en est quelque peu altérée à constater, si besoin était, que depuis 50 ans, non seulement le terrorisme intellectuel est toujours bien présent, mais qu’il a, en outre, revêtu de nouveaux atours. La police de la pensée, détenue par un petit milieu qui se targue de détenir les clés de la vérité et s’empresse, avec la fougue des esprits repus de leur bien-pensance, de décider ce qui doit être légitimement dit, défendu et mis en avant, le bien en somme, ne cesse de sévir et s’est même radicalisée.

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