Dans la maison de mon Père de Joseph O’Connor

« J’ai parfois lu que le mouvement national-socialiste était une fraternité. En réalité, c’était une meute haineuse menée par des psychopathes et autres mauvaises gens, montrant autant de loyauté que ces grenouilles venimeuses qui se nourrissent de leurs propres fratries après avoir dévoré tout le reste. Le plus glaçant, c’est le nombre de personnes qui se sont laissé entraîner dans cette voie de leur plein grès. « Se sont laissé entraîner », en réalité, n’est pas une expression suffisamment active. Ont accepté avec un certain enthousiasme de suivre cette voie. J’en suis venu à considérer que la neutralité est le pire des extrémismes ; sans elle, nulle tyrannie ne peut s’épanouir.».

Pour qui a été chamboulé par ce magnifique film La Pourpre et le Noir de Jerry London sorti en 1983, avec Grégory Peck incarnant la figure du père Hugh O’Flaherty, vous ne pourrez qu’adorer retrouver cet incroyable personnage sous la plume de Joseph O’Connor.

Car le père Hugh O’Flaherty a réellement existé : prêtre irlandais, attaché au Vatican de 1925 à 1960, il contribua par son action et sous couvert de la neutralité du Vatican, à sauver des milliers de résistants, de soldats alliés et de juifs.

Il constitue ainsi tout un réseau lui permettant de les exfiltrer de Rome, provoquant la fureur du SS- Obersturmbannführer Herbet Kappler qui tenta de l’arrêter et de l’assassiner à plusieurs reprises. Après la guerre, il reçut de nombreuses distinctions mais fait particulièrement admirable, il visita tous les mois Herbert Kappler en prison où il fut condamné à vie, à la demande de ce dernier, dont l’histoire dit qu’il se serait converti en 1959.

La plume saisissante de Joseph O’Connor décrit à merveille ce pan de l’histoire, dressant un portrait captivant de ce prêtre entouré par un « chœur » de personnages haut en couleur formant le noyau dur de son organisation. Ce jeu du chat et de la souris entre le père O’Flaherty et le SS Kappler confère au roman les critères d’un thriller qui nous étreint d’autant que les faits, bien que romancés, sont réels.

Une pépite assurément, un véritable monument disent certains, qui dépeint avec le talent de romancier qu’on lui connait, le cœur et la folie des hommes qui viennent se frotter à l’Histoire et se révèlent dans une loterie de la vie incompréhensible courageux ou lâches, solides ou faibles, spectateurs ou acteurs.

1 réponse

Laisser un commentaire

Rejoindre la discussion?
N’hésitez pas à contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *