Humilitas de Nicolas Diat
La naissance des hommes seuls
« La véritable et humble espérance est dans le désert. Les moines coptes, héritiers d’Antoine, le savent mieux que quiconque.
« L’amour de la vérité est toujours accompagné d’humilité. Le génie réel n’est pas autre chose que la vertu surnaturelle d’humilité dans le domaine de la pensée », selon Simone Weil.
Telle est ma certitude. Il y a une humilité copte. Un génie chrétien en terre d’Egypte. L’ascèse des moines ne s’éteindra pas. »
Dans un récit très proche du carnet du voyage, l’auteur d’un livre de référence sur Benoit XVI (L’homme qui ne voulait pas être pape) et d’entretiens non moins exceptionnels avec le Cardinal Sarah (Dieu ou rien, La force du silence), nous entraine avec Humilitas sur les traces des moines coptes, héritiers des premiers ermites et fondateurs du monachisme.
Les monastères, qui sont comme un ciel terrestre écrivait Jean Climaque au VIIè siècle, sont nés dans les déserts égyptiens, lieux des plus grandes expériences spirituelles, et témoignages de ce désir de devenir étrangers au monde dans l’attente de la rencontre définitive avec Dieu.
De ces ascètes dont les noms sont restés dans nos mémoires et sont vénérés par l’Eglise, Nicolas Diat cite et consacre plusieurs pages à Antoine le Grand dont la vie fut écrite par l’évêque d’Alexandrie, Athanase, son contemporain. Le succès de cet ouvrage permit de conférer à cette vie recluse un statut, une vitalité morale et spirituelle et de dater ainsi les débuts de la vie monachique au IVème siècle.
Si Antoine fut le fondateur des anachorètes, c’est à Pacôme que l’on attribue les débuts de la vie cénobite et à Macaire l’origine de la vie semi-anachorétique.
Ces citoyens du ciel, comme les décrit Athanase, ne cessent de nous interpeller par leur radicalité, leur désir d’union à Dieu qui les pousse vers une vie contemplative dépourvue de toute attache terrestre, dans un unique présent en vue de la perfection de l’âme.
Il n’est pas surprenant que Nicolas Diat ait souhaité porter ses pas au sein des monastères coptes, humer l’héritage de ces pères fondateurs qui se matérialise aujourd’hui dans l’Eglise orthodoxe.
De Deir Mar Antoniosà Deir Abu Makar, de Deir El-Baramous à Deir El-Suryani, partout, écrit-il, « les mots des moines furent des baumes », « une anticipation du Ciel », « une proximité avec la sainteté ».
Ce livre est un petit bijou pour celles et ceux qui veulent toucher du doigt la recherche d’un amour définitif à travers ces vies héroïques et solitaires.





L’humilité, la vertu dont notre monde manque le plus.
DA
Grande joie de vous lire Elvire, toujours aussi fine et délicate dans vos billets